‹ Histoire abrégée de la philosophieChapitre 72 sur 100 · Atticus, sous Marc-Aurèle, s'efforça de montrer la · texte numérisé non relu

Atticus, sous Marc-Aurèle, s'efforça de montrer la

différence qui existe entre Platon et Aristote. Pour cela , il lit des ouvrages bien écrits , dont Eusèbe a conservé quelques fragments. De son temps il jouissait d'une haute estime parmi les philosophes platoniciens.

8.° On doit mettre au nombre des plus illustres platoniciens de ce temps-là Numénius , d'Apamée , appelé par Origène le prince de la secte., et Maxime de Tyr, trèsrenommé pour son éloquence.

9.° Plutarque , né à Chéronée , en Béotie , sous Trajan , ou un peu auparavant , fut admirateur de Platon et partisan de sa doctrine. Les traités de morale qu'il a faits et plus encore ses vies des hommes illustres qu'il compare philosophiquement les uns aux autres , l'ont rendu célèbre. Néanmoins il est plutôt regardé comme historien de la philosophie que comme philosophe.

40.° Le fameux médecin Galien , né à Pergame, vers l'an 150 de J.-C. , peut encore être rangé parmi les platoniciens de cette époque. Ayant étudié toutes les sectes , il prenait des unes et des autres , surtout de Platon et d' Aristote, ce qui lui convenait , sans se laisser asservir par aucune autorité. Malgré l'estime qu'il faisait de Platon , il le réfute sérieusement sur la distinction des trois parties de l'âme et sur les différentes demeures qui étaient assignées à chacune de ces parties dans le corps : il soutient que le principe pensant est unique , et que les organes lui servent seulement d'instruments dans ses fonctions. Admettant pour base de toute connaissance certaine les sens et l'évidence , il veut qu'on suive la méthode analytique ou la méthode synthéti-

que , selon les circonstances. Ces deux méthodes , d'après lui , sont également bonnes et conduisent à la vérité. Toutefois il recommande de ne point juger précipitamment sur des similitudes imparfaites , parce que cette précipitation est la source de presque toutes les erreurs.

Un médecin , Adèle à cette méthode , doit , selon Galien , être amené par la considération des merveilleux arrangements du corps humain, à reconnaître l'auteur de toutes choses et sa providence universelle.

L'objet spécial des études auxquelles se livra ce philosophe fut l'art de guérir. Par son application , par ses observations et son expérience , il rendit à la médecine des services éminents. Après s'être formé à Alexandrie , principal séjour de la science , il exerça à Rome , et fut médecin de Marc-Aurèle. Ses succès furent si grands qu'on l'accusa d'user de sortilège pour guérir les malades.

Il écrivit en grec et composa un grand nombre d'ouvrages dont une partie est perdue : le reste a été recueilli et traduit en latin. Parmi les nombreuses éditions qu'on a faites, en différents formats , il y en a une en grec et en latin , contenant aussi les œuvres d'Hippocrate, en 15 vol. in-fol.

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