ARTICLE XI
Elle dit et avoue encore qu'à l'égard de ces voix et des esprits, qu'elle appelle Michel, Gabriel, Catherine et Marguerite, elle les a vénérés plusieurs fois en se découvrant la tête {capxit discoperiendo), en lléchissanl les genoux, en baisant la teri||sur laquelle ils marchaient, et en leur vouant sa virginité; qu'en les embrassant et en baisant les deux saintes, elle les a touchées corporellemen-t et sensiblement; qu'elle les a plusieurs fois appelées à elle pour leur demander conseil et secours, ffuoique souvent elles viennent la visiter sans être appelées; qu'elle acquiesce et obéit à leurs conseils, et qu'elle y a acquiescé dès le com-
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luencement, sans prendre conseil de qui ([iie ce soit, comme de son père et de sa mère, de son curé, de quelque prélat, ou de tout auti-e ecclésiastique. Et néanmoins elle croit qvie les voix des saints et saintes de cette nature lui viennent de Dieu et par ses ordres, aussi fermement qu'elle croit à la religion chrétienne, et que notre Seigneur Jésus-Christ a souffert la mort pour nous délivrer ; que si un mauvais esprit lui apparaissait en feignant d'être saint Michel, elle saurait bien discerner s'il serait saint Michel, ou non.
Cette même femme dit encore que, de son propre gré, sans qu'on l'y ait portée ou induite, elle a juré à ces deux saintes de ne point révéler le signe de la couronne qui devait être donnée au prince à qui on l'envoyait; et enfin elle Ait qu'elle ne pourrait le révéler qu'autant qu'elle en aurait la permission.