XXI INTRODUCTION
R. Le jeune Lacédémonien qui se laissa déchirer le ventre par un renard, sans proférer une seule plainte; ceux qui devant l'autel de Diane se laissaient battre de verges jusqu’à la mort, et cela sans sourciller; Mutius Scævola qui se laissa brüler la main sur un brasier ardent, nous apprennent jusqu'où peuvent aller le courage et l’impassibilité apparente chez l'homme.
D. L’immobilité du corps, lorsque l’exorciste le commande, au milieu des plus fortes agitations, peut-elle caractériser la possession ? |
R. Non, une personne qui jouit de l'intégrité de ses fonctions peut à volonté se mouvoir ou ne se mouvoir pas; cette suspension de mouvement n’a donc rien de diabolique. Il faut porter le même jugement de la fixité du regard.
D. Le jappement ou cri semblable à celui d’un chien, ou de tout autre animal, qui se fait entendre dans la poitrine, peut-il faire admettre la possession ?
R. L'industrie humaine peut produire des effets semblables, et les individus remuent à peine les lèvres; al peut même se faire que la voix paraisse produite en dehors du corps. On nomme ces gens engastronimes ou engastriloques. Pasquier, dans ses Recherches, cap. 38, cite un bouffon qui avait cette faculté.
D. Le vomissement de substances telles qu'on les à, avalées est-il un signe de possession ?
R. Ceci est très-naturel et peut arriver à ceux dont l'estomac est faible ; il y a plus, dans la lienterie, les aliments sont rendus par le bas tels qu’ils ont été ingérés, etc., etc.
Mais rien ne pouvait désormais sauver Urbain Grandier, ni les rapports des premiers médecins, n1le rapport du médecin de l'archevêque de Bordeaux, ni la courageuse intervention de Duncan; la perte de ce malheureux était jurée.
Alors quelques religieuses, effrayées des conséquen-