INTRODUCTION. XXI
de médire des exorcistes et des religieuses, sous peine de dix mille livres d'amende.
Disons, avant d'aller plus loin, que la faculté de Montpellier, consultée à ce sujet, a Hoément confirmé les observations de Duncan.
Les réponses de la faculté de Montpellier sont telles qu'on devait les attendre d’un corps aussi éclairé. On
va en Juger ; nous les mettrons en regard des demandes.
D. Les mouvements de flexion portés au point de mettre la tête en contact avec la plante des pieds, sontils un vrai signe de possession ?
R. Les bateleurs et les saltimbanques se livrent à des mouvements qui ne sont pas moins étranges ; ilnya pas de position ni de posture que ne puissent prendre les hommes et les femmes par suite d’études et d’exercices longtemps prolongés; tout cela peut s’acquérir par l’expérience et par l'habitude; d'où il suit que toutes ces opérations ne sortent pas des limites de la nature.
D. La rapidité des mouvements de la tête d’arrière en avant, et d'avant en arrière, de telle sorte qu’elle penche tantôt vers le dos et tantôt vers la poitrine, estelle une marque infaillible de possession ?
R. La réponse précédente s'applique à cette demande.
D. Le gonflement subit de la langue, de la gorge et du visage, et le changement de couleur de ces parties sont-ils des marques certaines de possession ?
R. Le soulèvement et l’ampliation de la poitrine sont les effets ordinaires de l'inspiration : ce gonflement et cette coloration peuvent provenir de ce que l'air a été longtemps et fortement retenu dans la poitrine.
D. L'insensibilité portée au plus haut degré, à ce point où les déchirures, les piqüres n’aménent aucune plainte, aucun mouvement, ni altération de couleur, peut-elle être considérée comme un signe de possession ?