XXVI INTRODUCTION
ont étéréels, nous n’hésitons pas à les admettre, sauf à en chercher l'interprétation. Ainsi, à l'égard des trembleurs des Cévennes, les faits n’ont jamais été simulés par ces malheureux, mais ils ont été étrangement exagérés, amplifiés.
Nous voyons d’abordqu’on mentionne des convulsions, ou du moins des tremblements nerveux chez la plupart des individus, puis de véritables Lallucinations sur l’état futur de l'Eglise persécutée; mais aussitôt arrivent des faits évidemment controuvés : ainsi ce sont des enfants de l’âge de trois ou quatre ans, dont l'intelligence aurait été développée à ce point (Thédire sacré des Cévennes) qu'ils s’exprimaient avec une pureté remarquable en français, eux qui pouvaient à peine s'exprimer en patois |
Ces trembleurs auraient eu aussi le don des langues étrangères ; Bertrand ne met pas ce fait en doute, 1l le rapporte, il le trouve identique avec le don des langues étrangères tel qu’on l’observait, dit-il, chez les possédés (359); et il a raison: c'était même chose dans un cas comme dans l’autre, c’est-à-dire même imposture.
Où sont en effet les preuves d’une faculté aussi merveilleuse? Ici, comme partout, les preuves positives manquent; que si on en cite, elles sont de la nature de celles-ci : « J'ai vu, dit l’un des témoins (Théâtre sac. des Cév.), plusieurs personnes de l’un et de l’autre sexe qui prononcaient certaines paroles que des assistants jugeaient être une langue étrangère ! » Et c’est d'après des assertions semblables qu’on n'hésite pas à admettre la prétendue intelligence des langues ! |
La vue à de grandes distances a encore été signalée chez les trembleurs des Cévennes: ils auraient eu la faculté d’apercevoir à plusieurs lieues de distance les soldats envoyés pour les disperser , en sorte que quelques-uns se dévouaient à faire ainsi sentinelle ez esprit.