VIT INTRODUCTION
Puissions-nous, dans cet ouvrage, suivre, bien que de fort loin, les pas de ces hommes illustres, en dévoilant à notre tour quelques-uns des artifices du prétendu somnambulisme magnétique !
Cette mission, du reste, que les médecins se sont presque toujours imposée, rentrait nécessairement dans leurs attributions. Pour pénétrer dans les masses, pour faire des prosélytes, pour abuser et étonner les esprits, il faut en appeler au merveilleux ; il faut que les lois ordinaires dela nature paraissent interverties ; et comme c'est alors dans l’ordre des faits physiologiques que les sycophantes viennent faire leurs opérations, ilen résulte que c’estaux médecins qu'il appartient de s'expliquer ou sur la réalité ou sur l'interprétation de ces faits.
Helvétius fait remarquer que trois choses ont dü préoccuper au plus haut degré l'esprit humain, dès qu'il a été dégagé des premiers et instants besoms de conservation personnelle ; ces trois choses sont : la nature, la religion et legouvernement; mais les erreurs les plus grossières et les plus monstrueuses ont presque toujours porté sur des faits à la fois naturels et religieux, et cela aussi bien dans l’antiquité que dans les temps modernes. C’est pour cela sans doute que les médecins ont vu si souvent leur autorité invoquée dans ces sortes de circonstances.
Ce sont en effet tout d’abord des médecins ou ceux des anciens philosophes qui cultivaient de préférence les sciences naturelles, qui se mirent en opposition avec les prêtres du paganisme. Ainsi on avait déclaré que les épicuriens étaient incapables d’être initiés aux mystères, et la raison qu’on en donnait c’est que ces philosophes cherchaient continuellement à les tourner en ridicule, et qu'ils en faisaient un sujet continuel de plaisanteries.
La coutume d’exclure les épicuriens de tous les mystères , dit le traducteur de Van Dale (Hist. des orac., 309), était si générale et si nécessaire pour Ja sûreté des