‹ Histoire acadeḿique du magnétisme animal, accompagneé de notes et de remarques critiques. Sur toutes les observations et expeŕiences faites jusqu'a ce jourChapitre 6 sur 123 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

tenu sans les ouvrir, sans en briser le cachet. Les artifices dont ils usaient pour cela ont été complétement dévoilés : ou bien ils trouvaient moyen, par des affidés, de connaître la substance des demandes qui leur étaient faites ; ou bien ils décachetaient les billets, en usant de certains procédés qui ont été indiqués par Lucien.

Mais en voici assez sur ce sujet; il serait trop long d’entrer dans les détails des prodiges annoncés si souventdans l’antiquité, et plus encore de chercherà pénétrer ceux qu'on a signalés pendant tout le cours du moyen âge; c’est aux historiens qu'il appartient de dire comment le fanatisme des uns et l’ignorance des autres ont donné créance à tant d'erreurs, au milieu de ces épaisses ténébres , de cette nuit profonde qui avait succédé aux lumières de l'antiquité.

Toutefois Van Dale a fait remarquer que le fameux curé de Meudon, Rabelais, n’a pas peu contribué à faire tomber toutes ceserreurs ; les plaisanteries de Rabelais, dit-il, ont eu plus d'effet que les discours les plus sérieux des autres. Non-seulement Rabelais, comme le remarque Van Dale, s’est moqué fort savamment des sorts komériques et virgilianes, mais il s’est élevé au ton sérieux de l’indignation quand il a voulu combattre les doctrines prêchées par les moines de son temps : « Je mesbahyz, dit-il (liv. 1, chap. xiv), que le roy les laisse prescher par son royaulme telz scandales. La peste ne tue que le cors, mais telz imposteurs empoisonnent les àmes. »

Mais les faits que nous nous proposons surtout de rappeler ont eu lieu à des époques bien plus rapprochées de nous, nous les trouverons précisément dans les trois siécles qu'on est convenu d’appeler des siècles de lumiéres, c’est-à-dire dans les xvir, xvim° et xix° siècles.

Et d’abord ce sont les fameuses possessions de Loudun, qui n'auraient été que ridicules et grotesques si elles ne s'étaient terminées d’une manière tragique.

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