‹ Histoire acadeḿique du magnétisme animal, accompagneé de notes et de remarques critiques. Sur toutes les observations et expeŕiences faites jusqu'a ce jourChapitre 68 sur 123 · DU LIEU OU L’ON MAGNÉTISE · texte numérisé non relu

DU LIEU OU L’ON MAGNÉTISE

4° Un vaisseau de bois fermé en dessus, fort grand, de forme ovale , d'environ vingt-quatre pouces de haut, auquel on a donné le nom de baquet, occupe le milieu de la pièce où l’on magnétise.

Le couvercle qui ferme le baquet est percé sur ses bords et dans toute sa circonférence de trous d’où s'élèvent des tringles de fer poli, de la grosseur du doigt, terminées en pointe mousse et arrondie, recourbées et alternativement les unes plus courtes, les autres plus longues. On plonge à volonté l’extrémité des tringles dans le baquet, et on les retire , on les Ôte de même quand on le veut.

À la base des tringles sont attachées de longues cordes, à peu près de la même grosseur que les tringles.

2° Les malades se placent autour du baquet : ils sont assis Sur des chaises chacun séparément, et forment , suivant leur nombre , un, deux ou trois rangs. Ils dirigent, chacun vers la partie qui est regardée comme le siége de leur mal, l'extrémité d’une des tringles de fer, et ils Fy appliquent. Is font en même temps plusieurs circonvolutions de la corde attachée à la tringle, autour des parties dans lesquelles ils ont coutume d'éprouver des douleurs, ou qu’ils croient affectées dela maladie.

Le baquet est regardé par les personnes qui emploient le

magnétisme animal comme propre à rassembler, à concentrer le fluide ou agent dont elles supposent l’existence, et, suivant ces mêmes personnes , il en est le réservoir. Les tringles et les cordes sont considérées comme des conducteurs. Il est important de dire que nous n’avons reconnu, et qu'il ne nous à été fourni aucune preuve de ces assertions; aussi le baquet n'est-il pas réputé nécessaire, et n’est-il regardé que comme un accessoire dont on peut se passer (1).

3° On tient fermées les portes et les fenêtres du lieu où l’on magnétise; des rideaux n’y laissent pénétrer qu'une lumière douce et faible ; on observe le silence dans la pièce, ou lon n’y parle qu’à demi-voix; on recommande d’y éviter le tumulte.

Ilrésulte des précautions que l’on observe : 4° que l’atmosphère s’y échauffe , qu'on y respire un air pesant et altéré, tel que celui de tous les lieux fermés où l’on rassemble un grand nombre de personnes ; 2° que l'aspect de la pièce dispose à la réflexion et à la méditation; le spectacle qu’on y a sous les yeux est, en général, celui de personnes qui souffrent dont l’extérieur est triste; on n’est distrait de ce tableau que par les manipulations qu'exécutent ceux qui magnétisent, ou par l'agitation et les mouvéments des magnétisés qui tombent en convulsions : le calme qui règne n’est interrompu que par des bâillements, des soupirs, des sanglots, des plaintes, quel-

(4) IL est important de noter ce fait; car, lorsque de nos jours on à voulu se débarrasser de ces deux rapports accablants pour le magnétisme animal, celui fait à l'académie des sciences et celui fait à la société royale, on a dit quele magnétisme sur lequel ces rapports avaient été faits n’était pas le magnétisme dont on s’occupe aujourd’hui, puisque alors il était besoin du baquet pour produire des effets {voyez le premier rapport de M. Husson) ; nous avons yu que cette objection est nulle puisque Jumelin, qui opérait devant les commissaires de l'académie des sciences , ne se servail pas de baquets, et qu’il se contentait d'exercer des passes à distance ou immédiatement. Ici la déclaration est explicite : le baquet n’est qu’un accessoire, un objet de luxe; on peut s’en passer, les effets n’en ont pas moins lieu. |

Mas resle loujours la grande différence des crises et du somnambulisme ; différence énorme , inexplicable si les phénomènes compris sous ces deux dénominations étaient réels, mais, différence nulle, si ces deux sortes de phénomènes sont simulées ou suggérées par les magnétiseurs ; or c’est là ce que nous aurons à examiner.

DU MAGNÉTISME ANIMAL. 143 quelois des cris, enfin par les différentes expressions de l'ennui ou de la douleur (1).

I y à dans quelques pièces un forte-piano sur lequel on exécute un petit nombre d'airs » Surtout vers la fin des séances.

4° Des domestiques apportent pour boisson aux malades à Suivant qu’ils le demandent, de l’eau dans laquelle on fait dis- Soudre de la crème de tartre (a).

Page 1