‹ Histoire académique du magnétisme animalChapitre 80 sur 107 · RESULTATS DFS OBSERVATIONS FUTES SUR DFS MALADES · texte numérisé non relu

RESULTATS DFS OBSERVATIONS FUTES SUR DFS MALADES

1° Les malades dont les maux étaient évidents et avaient une cause connue ;

2° Ceux dont les maux légers consistaient en des affections vagues, sans cause déterminée;

3° Les mélancoliques.

Nous n'avons vu aucun des malades de la première classe guéris ou notablement soulagés, quoique nous les ayons suivis pendant quatre mois, et que, d'après ce qui nous a été dît, quelques-uns fussent traités depuis plus d'une année. Mais, quand bien même il y aurait eu, comme on l'assure, quelques malades de celte classe guéris avant l'établissement de la commission qui nous a été confiée, on ne devrait en tirer aucune induction, parce que les exemples que l'on pourrait citer seraient peu nombreux, et que, sur une multitude de malades rassemblés au hasard, la nature en guérit quelques-uns, et dans un espace de temps souvent moins considérable que cri ni que l'on emploie pour le traitement par le magnétisme animal (1).

Quant aux malades de la seconde classe, nous en avons vu plusieurs qui nous ont assuré qu'ils se trouvaient mieux, qu'ils avaient plus d'appétit, qu'ils faisaient de meilleures digestions, etc. On doit observer que ces malades ne sont pas du nombre de ceux qui éprouvent des convulsions, soit qu'on ne cherche pas à leur en donner, soit que parleur constitution ou l'état de leur santé ils n'y soient pas disposés. Que l'on nous permette de répéter ici que les personnes dont il s'agit ne ressentaient que des affections légères et sans cause déterminée.

Plusieurs circonstances concourent au bien-être que ces personnes on! dû éprouver (2) :

(1) Ceci du moins est positif, ceux qui étaient réellement malades et qui ont été bien observés par les commissaires n'ont éprouvé aucun soulagement , et cela après plusieurs mois ou même après une année du prétendu traitement.

(2) Toujours même faute de la part des commissaires : des individus qui se disaient légèrement malades, ou plutôt qui nelétaient pas, prétendent que sous

4° N'ayant ni convulsions ni évacuations extraordinaires, les procédés du magnétisme animal ne les ont pas exposées au danger de ce qu'on appelle des crises ;

2° L'espérance qu'elles ont conçue, l'exercice auquel elles se sont livrées tous les jours, la cessation des remèdes dont elles pouvaient user antérieurement et dont la quantité est si souvent nuisible en pareil cas, sont des causes multipliées et suffisantes des résultats que l'on dit avoir observés dans de semblables circonstances.

Il est probable que les effets de l'irritation produite par les procédés du magnétisme animal, c'est-à-dire par la pression ou le frottement des régions sensibles, se réduisent bientôt à peu de chose sur les personnes qui n'en sont que légèrement affectées; les organes doivent s'y accoutumer, et cesser à la longue d'être susceptibles d'une réaction trop souvent répétée et trop faible pour être durable.

Pour ce qui concerne les mélancoliques, qui composent la troisième classe, on sait combien il est facile de les affliger, de les consoler, de suspendre pour quelque temps leurs douleurs, de les occuper, de les distraire, et enfin combien il faut peu compter sur leurs témoignages, sur leur guérison, et sur les succès que l'on obtient dans le traitement de leurs maladies.

conclusions (1).

Il suit de la première partie de notre rapport :

1" Que le prétendu magnétisme animal, tel qu'on l'a annoncé

rinlluence du magnétisme ils ont éprouvé un bien-être; mais est-ce que sans magnétisme il ne pouvait pas y avoir pour eux de bien-être? et dès lors était-il nécessaire, pour prouver que ce bien-être n'était pas le fait du magnétisme, était-il nécessaire delui chercher d'autres causes plausibles? En aucune manière. Donc les commissaires se sont de nouveau et fort inutilement mis à la torture pour expliquer le mieux être; il fallait se borner à dire que, chez des gens qui se portent bien , un mieux être ne révèle pas , n'est nullement propre à révéler l'existence d'un agent jusque-là inconnu.

(1) Bien que ces conclusions tendent toutes à établir un fait incontestable, savoir que le magnétisme pratiqué par Mesmer, Deslon ei Lafisse n'avait rien de réel; que cette prétendue doctrine n'avait aucune espèce de fondement , aussi bien dans ses suppositions théoriques que dans ses indications pratiques;

de nos jours, est un système ancien, vanté dans le siècle précédent, et tombé dans l'oubli (1).

2° Que les partisans du magnétisme animal, soit ceux qui ont proposé ce système, soit ceux qui l'ont renouvelé parmi nous, n'ont pu autrefois et ne peuvent encore aujourd'hui fournir aucune preuve de l'existence de l'agent inconnu ou du fluide auquel ils ont attribué des propriétés et des effets, et que par conséquent l'existence de cet agent est gratuitement supposée (2).

3° Que ce que l'on a nommé le magnétisme animal, réduit à sa valeur d'après l'examen et l'analyse des faits, est l'an de faire tomber en convulsions, par l'attouchement des régions du corps les plus irritables et par les frictions que l'on exécute sur ces parties, les personnes très-sensibles, après les avoir disposées à cet effet par des causes multipliées et concomitantes que l'on peut varier à volonté, et dont plusieurs sont seules capables de provoquer les convulsions les plus fortes dans certains cas et dans certains sujets (3).

bien que ces conclusions, disons-nous, tendent à démontrer cela, elles ne sont rien moins que rigoureuses pour la plupart; donc nous ne saurions les laisser passer sans critique.

(1) Mauvaise guerre faite aux systèmes ; nous l'avons déjà dit, il faut distinguer les bons et les mauvais systèmes : les bons systèmes sont l'œuvre des hommes de génie , les mauvais sont des erreurs de l'esprit humain.

(2) Cette conclusion aurait pu dispenser de toutes les autres. Une fois ceci bien prouvé, que l'agent magnétique n'existe pas, qu'est-il besoin de nouvelles conclusions pour prouver que c'est à tort qu'on a attribué à cet agent des propriétés merveilleuses , que c'est à tort que la production de phénomènes nombreux lui a été rapportée, ainsi que la guérison de certaines maladies?

Quoi qu'il en soit, au fond, ces premières conclusions sont vraies.

(5) Cette conclusion est erronée.

C'eût été trop accorder au magnétisme de l'époque que de le définir l'art de faire tomber les sujets en convulsions ; de même qu'aujourd'hui ce serait faire trop d'honneur que de définir le magnétisme l'art de faire tomber les sujets en somnambulisme.

Et d'abord on n'a pas distingué suffisamment dans ce rapport les convulsions simulées desconvulsions réelles;ceci aurait dû être fait, car quel est le médecin qui n'a eu occasion d'observer de prétendues convulsions chez des femmes qui, pour se rendre intéressantes, simulaient des attaques d'hystérie?

Nous avons en outre fait pressentir que les causes énumérées par les commis-

4° Nous avons commencé la seconde partie de notre rapport en remarquant que, si le prétendu magnétisme animal, célébré dans le dernier siècle, avait été réellement utile, l'usage s'en serait établi et perpétué (-1).

5° Nous avons fait voir que c'est par erreur dans l'emploi des termes que l'on a nommé coction et crises les effets que produisent les procédés du magnétisme animal; qu'entre la coction et les crises, qui sont des moyens que la nature emploie pour guérir, et les effets du prétendu magnétisme, il n'y a de rapport que dans la consonnance des mots, tandis que toutes les conditions essentielles et constituantes sont diamétralement opposées (2).

6° Nous avons détaillé les dangers multipliés et graves auxquels expose l'usage du prétendu magnétisme animal; nous avons insisté sur les maux que l'on doit redouter des convulsions qu'il excite et des évacuations qu'il occasionne (3).

Nous pensons en conséquence :

saires, comme propres à provoquer des convulsions réelles, sont toutes gratuites ; et d'ailleurs , avons-nous ajouté, les commissaires allaient au delà de ce qu'on devait attendre d'eux; ils auraient dû se borner à mettre le magnétisme hors de cause, et ne pas s'occuper àchercher des explications inadmissibles.

Aussi laconchision présente est-elle complètement inutile; celle qui précède disait que le magnétisme n'existe pas, qu'est-il besoin par celle-ci d'en faire un art?

(1) Ceci n'est pas une conclusion.

(2) Ceci est une conclusion en rapport avec les connaissances médicales de l'époque, conclusion complètement inutile, oiseuse, puisque par une précédente on est arrivé à dire que le magnétisme n'existe pas. Pourquoi dès lors s'attacher à prouver que les crises provoquées par les magnétiseurs ne ressemblent pas aux crises qu'on disait observer dans le cours des maladies. On aurait pu se borner à dire que les magnétiseurs ont donné aux scènes arrangées par eux le nom de crises, afin de faire croirequ'eux aussi pouvaient provoquer une action médicatrice ; pure annonce qui n'exigeait pas une dissertation nouvelle sur la doctrine des crises.

(3) Nous avons vu de notre côté que ces longs détails de dangers multipliés et graves ressemblent trop aux menaces des médecins contre les malades récalcitrants-, nous avons dit que le danger était non du côté des fonctions organiques, comme le croyaient les commissaires, mais bien du côté desmœurs; que c'est en cela qu'il fallait redouter les attouchements et les frictions, au lieu de se mettre à décrire les effets des convulsions et des évacuations.

1" Que la théorie du magnétisme animal esl un système absolument dénué de preuves (1).

2° Que ee prétendu moyen de guérir, réduit à l'irritation des régions sensibles, à l'imitation el aux effets de l'imagination, esl au moins inutile pour ceux dans lesquels il ne s'ensuit ni évacuations ni convulsions, et qu'il peut souvent devenir dangereux en provoquant et en portant à un trop haut degré la tension des fibres dans ceux dont les nerfs sont très-sensibles (w2).

3" Qu'il esl très-nuisible à ceux en qui il produit les effets que l'on a improprement appelés des crises; qu'il est d'autant plus dangereux, que les prétendues crises sont plus fortes, ou les convulsions plus violentes et les évacuations plus abondantes; et qu'il y a un grand nombre de dispositions dans lesquelles ses suites peuvent être funestes (3).

4° Que les traitements faits en public par les procédés du magnétisme animal joignent à tous les inconvénients indiqués ci-dessus celui d'exposer un grand nombre de personnes bien constituées d'ailleurs à contracter une habitude spasmodiqueet convulsive, qui peut devenir la source des plus grands maux (4).

5° Que ces conclusions doivent s'étendre à tout ce que l'on présente dans ce moment au public sous la dénomination du magnétisme animal, puisque, l'appareil et les effets en étant partout les mêmes , les inconvénients et les dangers auxquels il expose méritent partout la même attention (5). A Paris, ce 16 août 1784.

Signé Poissonnier, Caille, Mauduyt, Andry.

(1) Encore une conclusion qui aurait pu dispenser de toutes les autres.

(2) Ces explications ont déjà été données: elles n'ont pas plus de force ici; tout reste à prouver : Tir ri talion des parties sensibles, la tension des fibres, etc., etc.

(5) Il n'était nullement besoin de raisonnements suivis de conclusions pour prouver que des mouvements convulsifs réels ou supposés ne peuvent faire aucun bien à ceux qui se livrent à ces mêmes mouvements. Quant aux évacuations, nous n'avons pas eu assez de détails pour nous expliquer à ce sujet.

(4) Il semble que la question de moralité a été laissée tout entière aux commissaires de l'académie des sciences ; tant les auteurs de ce rapport sont préoccupés des maux physiques qui, suivant eux, doivent nécessairement résulter des scènes magnétiques.

(5) Cettcconclusion dernière est juste j nous avons trouvé dans la note qui

termine ie rapport de Bailly une conclusion semblable ; il semble que tous les commissaires aient prévu une objection que ne manquent jamais de faire les magnétiseurs après toute épreuve qui leur est défavorable, savoir qu'on a eu à juger des cas particuliers et non le magnétisme en général ; c'est une objection qui a été faite à l'un de nous pour un rapport récent : cette objection est de nulle valeur. Pour l'ancien magnétisme, les commissaires étaient fondés à dire que, l'appareil et les effets étant partout les mêmes, leur conclusion était applicable au magnétisme animal , considéré comme doctrine générale.

De même pour le magnétisme renouvelé , nous aurions pu répondre que, les procédés mis en usage et les phénomènes étant les mêmes aussi , notre conclusion était également applicable à toute espècede magnétisme animal ; mais nous aurons plus tard occasion de revenir sur cette contestation.

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