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DES ADHÉRENCES IMMÉDIATES, SUITES D'INFLAMMATIONS

i534« H suffit de mettre en contact deux surfaces enflammées , pour qu'elles contractent des adhérences. C'est sur ce fait qu'est fondé le précepte de réunir immédiatement autant que possible les parties divisées, mais comme il ne s'agit ici que de réunions accidentelles et morbides, et que d'ailleurs le mécanisme des réunions immédiates des plaies a été déjà examiné, nous n'avons à parler que du rapprochement et de l'adhésion inflammatoire de parties naturellement séparées; c'est dire que cet accident ne peut arriver que sur des surfaces, et par conséquent que sur des membranes , et qu'il exige une condition

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indispensable, le rapprochement et le contact pendant l'inflammation.

i535. Tout ce que nous avons dit sur la cicatrisation des plaies réunies par première intention, s'applique rigoureusement à la formation des adhérences. Dans un cas comme dans l'autre , il y a sécrétion sur les surfaces enflammées d'une couche plastique de matière coagulable, et organisation consécutive de cette matière, qui est le moyen d'agglutination des parties enflammées et mises en contact.

i536. Les surfaces sur lesquelles on peut le mieux étudier la formation des adhérences, sont celles qui sont revêtues d'une membrane séreuse; c'est aussi celles qui en fournissent le plus souvent l'occasion. Or, si l'on suit la surface de deux portions de séreuses qui sont réunies l'une à l'autre en commençant à une certaine distance de l'adhérence, on voit la matière coagulable épanchée entre les deux surfaces, devenir plus mince à mesure que l'on s'approche du point de contact.

Si la phlegmasie est très récente, en séparant les surfaces qui vont adhérer, on voit la petite couche intermédiaire filer, et se briser en restant adhérente en petits filaments lanugineux, sur les surfaces enflammées.

Lorsque l'inflammation est plus avancée, et que les pseudo-membranes sont devenues plus denses et vont s'organiser, on remarque déjà que la couche plastique très mince qui réunit les surfaces est plus résistante que les lames, et la couche plus ou moins épaisse de cette même matière qui se remarque sur les points où. la réunion n'est pas immédiate* enfin , plus tard il y a déjà de petits filets vasculaires dans l'adhérence , qu'il s'en trouve à peine des rudi-

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ments dans les pseudo-membranes voisines. On peut même reconnaître que ces filets sont d'autant plus évidents que l'adhérence est plus immédiate; on s'en assure aisément en coupant transversalement deux portions du tube digestif, devenues adhérentes dans une certaine étendue par leur tunique externe. L'adhérence est déjà très solide dans les points où le contact paraît si immédiat , que l'on a peine à distinguer la matière interposée. Des capillaires rouges très déliés rampent dans cette matière, tandis qu'à quelques lignes plus loin , et souvent même au centre de cette adhérence déjà organisée , le contact ayant été moins immédiat, une couche plastique d'une ligne, deux lignes et même plus d'épaisseur, se remarque réunissant les surfaces, mais ne présentant encore ni la solidité, ni l'organisation de la couche voisine excessivement mince.

i537. L'élude de la formation des adhérences sur les circonvolutions du tube digestif enflammées et en contact, donne la facilité d'étudier le mécanisme de l'organisation de la substance qui sert d'intermédiaire à l'adhérence. Il est facile, en effet, de détacher les lambeaux adhérents de la séreuse, ne fût-ce que dans une très petite étendue. En amincissant le plus possible avec un rasoir chaque lambeau placé sur l'ongle, on lui donne une assez grande diaphanéité pour qu'il soit possible de distinguer au travers, avec une forte loupe, les rudiments des petits vaisseaux de l'adhérence. On voit alors se former des points rouges qui surviennent toujours sur le trajet des capillaires très déliés qui sont sous la séreuse; ces petits points traversent cette membrane; ils s'allongent en stries, et sont pénétrés à leur centre par du sang. Arrivés à la surface de la séreuse , ils entrent obliquement dans

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le sens de Ja circulation, dans la petite couche plastique où ils rencontrent d'autres capillaires frangés et irréguliers comme eux, qui viennent de même de l'autre surface. Les communications vasculaires finissent ainsi par s'opérer à angle aigu, dont l'ouverture est tournée du côté des troncs, ou par des branches qui se forment en divergeant de troncs qui cheminent quelquefois dans l'adhérence, parallèlement les uns aux autres; on ne peut donc pas dire qu'il y ait dans les adhérences, non plus que dans les cicatrices, inosculation immédiate des capillaires sanguins.

i538. Si l'on rapproche la surface de deux parties de la peau après l'avoir enflammée, l'adhérence s'opère également par une couche pseudo-membraneuse. Nous avons constaté qu'il en était de même pour les tuniques muqueuses, en déterminant la phlegmasie des deux grandes lèvres réunies par des points de suture sur des chiennes.

i539. Lorsqu'une adhérence est achevée depuis un certain temps sans être cependant fort ancienne , on la détruit en faisant macérer pendant quelque temps la partie ; cette destruction s'opère plus vite si l'eau est alcaline. On reconnaît sur les surfaces qui étaient adhérentes quand on les a séparées, un tissu d'un blanc grisâtre, assez friable, peu serré, qui se continue avec la trame de la membrane.; cette dernière est, au point où existait l'adhérence, très rugueuse et comme déchirée.

i54o. Quand on fait une section transversale sur deux membranes muqueuses ou cutanées, adhérentes depuis long-temps, on reconnaît une couche cellulaire serrée, commune aux deux surfaces, et adhérant très fortement aux deux membranes rapprochées , qui conservent leur structure quoiqu'elles

paraissent un peu amincies ; tel était l'état de la peau du crâne et du pavillon de l'oreille sur le cadavre d'un homme qui portait une adhérence de la partie postérieure de la conque avec le cuir chevelu ; nous parvînmes, après un mois et demi de macération des parties adhérentes , à briser leur union par une traction modérée. L'adhésion était formée par un tissu cellulaire très serré, qui adhérait fortement au^ cuir chevelu, sur lequel se trouvait une petite cicatrice large de deux à trois lignes, et qui paraissait être la marque d'une ancienne pustule variolique. Le tissu lamineux de l'adhérence, qui se distinguait aisément lorsque nous examinâmes la partie avant la macération de la couche réticulaire, et surtout du derme proprement dit, se continuait avec le tissu lamineux de cette petite cicatrice; il semblait, dans le point où existait cette dernière, que le derme, dans toute son épaisseur, fût converti en un tissu cellulo-lamineux serré.

i54i« Lorsque les adhérences sont un peu anciennes entre deux séreuses , ces dernières ont complètement disparu; ainsi l'on ne trouve plus entre les deux tuniques musculaires des replis intestinaux adhérents, qu'une couche de tissu cellulaire assez peu dense. La séreuse se continue en se repliant d'une anse sur l'autre; elle peut même être décollée dans cette continuité par petits lambeaux. D'où l'on voit que l'adhésion de deux surfaces séreuses a pour effet de faire sortir de la cavité de la séreuse les endroits des viscères adjacents aux adhérences, puisque la membrane séreuse se détruit dans ces points, ou plutôt se convertit en tissu cellulaire , qui peut être dilaté par l'insufflation, quoiqu'il soit assez dense et peu extensible.

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