‹ Histoire anatomique des inflammationsChapitre 37 sur 41 · COMPARES AUX TISSUS ENFLAMMES · texte numérisé non relu

COMPARES AUX TISSUS ENFLAMMES

miliaires en nombre modéré, présente tous les caractères de l'état sain , pour la couleur et pour l'état de ses vaisseaux ; il est seulement un peu plus volumineux, plus dense, et d'une pesanteur spécifique plus considérable que le parenchyme sain, en raison du tissu morbide qui s'est formé dans son épaisseur. Il est fort rare que l'on trouve le poumon tuberculeux à un degré aussi peu avancé; mais comme dans les cas même où. la maladie a déjà dépassé cet état, on trouve souvent qu'elle a fait plus de progrès au sommet qu'à la base des poumons, et qu'il y a des points où les granulations miliaires sont encore crues et disséminées; on peut examiner leur disposition anatomique. Les bronches sont perméables jusque dans leurs dernières ramifications, et jusque dans les cellules bronchiques entre les granulations miliaires; il en est de même des artères et des veines pulmonaires; on reconnaît à la loupe j que ces petits corps tuberculeux sont développés dans le tissu pulmonaire lui-même, entre les cellules qui se distinguent parfaitement des granulations quand on les a injectées. Le tissu pulmonaire n'est pas du reste naturellement injecté, il n'est point non plus infiltré de sang, ni de sérosité; les granulations miliaires n'ont point cette friabilité , et cet aspect mat et opaque des petites granulations qui se forment dans les cellules par suite de leur inflammation (i^45); la muqueuse bronchique, examinée à la loupe, aussi loin que possible, est pâle; on ne remarque point de stries delà matière de l'injection artificielle des bronches, venant aboutir sur des granulations, comme il arriverait si ces dernières s'étaient formées dans les cellules. On peut donc affirmer que les granulations miliaires tuberculeuses ne dépendent point d'une phlegmasie, puisque

5gO TISSUS TUBERCULEUX

rien n'annonce l'existence d'une inflammation, ni dans le parenchyme, ni dans les cellules, ni dans les bronches de la partie affectée. C'est aussi une erreur d'admettre que le développement des granulations s'effectue dans les cellules; il n'y a d'ailleurs aucune identité entre les granulations tuberculeuses et les granulations de matière plastique ou mucosopurulente, qui remplit les cellules pulmonaires enflammées.

1617. La dissection attentive du tissu du poumon autour des granulations tuberculeuses, un peu plus grosses et devenues d'un blanc jaunâtre mat, fait distinguer une légère induration du parenchyme au point de contact; cette induration, qui rend le parenchyme d'un jaune grisâtre, n'a pas une demiligne d'épaisseur autour de chaque granulation isolée; elle n'en constitue pas moins un commencement d'infiltration tuberculeuse dans laquelle se fond, à ses limites, le petit tubercule. Cependant on ne rencontre encore aucune trace d'inflammation quelconque dans le parenchyme environnant.

1618. Les granulations tuberculeuses se montrent fréquemment sous la tunique villeuse intestinale , moins souvent dans l'épaisseur de la musculeuse , et rarement dans le tissu cellulaire qui sépare cette dernière du péritoine. Elles présentent exactement la même forme et la même apparence que dans les poumons, sauf qu'elles ont un tissu plus dense et plus élastique; elles sont ordinairement très disséminées; le tissu cellulaire paraît les envelopper à la manière d'un petit kyste, duquel on les fait sortir par la pression entre les doigts. Aussitôt qu'elles sont devenues jaunâtres, elles sont moins denses et moins exactement circonscrites. Le tissu cellulaire, la tu-

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nique vilîeuse à sa surface interne , ou les fibres de la musculeuse, quand les grains tuberculeux sont dans leurs interstices, sont légèrement grisâtres et augmentés de densité; il y a un commencement d'infiltration tuberculeuse. On n'aperçoit pas dans les tubercules intestinaux à l'état de crudité, ni autour d'eux, ni sur la surface vilîeuse ou séreuse correspondante, la plus légère trace de pblegmasie. Nous en avons cbercbé à l'œil nu et à la loupe , avant et après une injection artificielle pratiquée soit dans les veines, soit dans les artères du tube digestif. Il n'y a aucune altération reconnaissable dans les villosités, dans les cryptes mucipares, et dans les vaisseaux lactés de la partie affectée du tube digestif.

On trouve les granulations tuberculeuses du tube digestif dans des cas où il existe une inflammation de la vilîeuse ou du péritoine. On voit également ces granulations coïncider avec le ramollissement de la vilîeuse, si commun chez les pbthisiques; mais cela est si rare que, quoique l'on trouve des tubercules crus du tube digestif dans le septième des individus qui périssent de pbthisie, on ne trouve pas les pblegmasies ou les ramollissements dans le cinquième de ceux qui présentent les tubercules disséminés du tube digestif encore à îétat de crudité.

1619. Nous n'avons jamais vu de tubercules crus dans les glandes lymphatiques cervicales, axillaires et inguinales , non plus que dans les ganglions mésentériques ; ceux que nous y avons trouvés étaient toujours à demi ramollis, et il y avait en même temps des tubercules suppures et des ulcérations tuberculeuses dans l'anse intestinale correspondante, et une phlegmasie plus ou moins intense du tissu du ganglion lymphatique autour de la matière tubercu-

5q2 tissus tuberculeux

Jeuse. M. Louis dit, dans son excellent ouvrage sur

la phthisie , avoir rencontré un ou deux cas de

tubercules crus , sans inflammation dans les glandes

mésentériques.

1620. Nous avons vu des tubercules disséminés d'un volume variable, depuis celui d'un grain de chenevis jusqu'à celui d'un gros pois, dans le foie et dans la rate. Le tissu de ces organes était complètement sain autour et dans l'intervalle de ces tubercules; on ne votait aucune trace d'inflammation dans la portion environnante du tissu hépatique , ni dans les ramifications de la veine porte et des canaux bilifères environnants. M. Louis, qui a trouvé des tubercules dans la rate des sept quatre-vingt dixièmes des cadavres de phthisiques qu'il a disséqués, a reconnu que ces corps étaient « excessivement nombreux et « d'un volume variable, entre celui d'un grain de <( chenevis et d'une aveline; ils étaient plus ou moins « exactement arrondis, jaunâtres et opaques, a'im ce aspect mat; en tout semblables aux tubercules dé- « veloppés dans les poumons. Ils n'étaient point en- « kystes, et le tissu de l'organe était sain dans tout u leur pourtour. » '

162 1. Les tubercules du cerveau et de la moelle épinière sont enkystés; le tissu nerveux environnant ne présente aucune altération quelconque.

1622. Les tubercules agglomérés ou en masse sont produits par la réunion d'une plus ou moins grande quantité de tubercules disséminés, qui s'effectuent dans des points rapprochés; ils sont aussi formés en partie par des portions du tissu propre des organes infiltrés de matière tuberculeuse. Ces tubercules se présentent comme les tubercules disséminés, seule-

1 Recherches anat. path. sur la Phthisie, p. i23.

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