‹ Histoire anatomique et physiologique d'un organe de nature vasculaire découvert dans les cétacés suivi de quelques considérations sur la respiration de ces animaux et des amphibies, lu à l'Académie des Sciences le 18 août 1834Chapitre 10 sur 23 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

LES PLEXUS ARTÉRIELS DECOUVERTS DANS LE THORAX DES CETACES, ONT-ILS DES ANALOGUES DEJA CONNUS PARMI LES TISSUS ANIMAUX?

§ XL. Si nous examinons les divers tissus avec lesquels cçs plexus vasculaires peuvent être comparés , nous voyons que c’est avec le tissu caverneux ou érectile, bien que ce tissu soit essentiellement veineux.

Le tissu érectile est originel ou accidentel. Le premier entre comme principal élément dans les corps caverneux du pénis , du clitoris, du corps spongieux de l’urètre, du mamelon, etc.; en général dans tous les organes susceptibles d’éprouver une turgescence , un orgasme , par un afflux considérable de sang dans les aréoles dont ils sont composés. Dans les corps caverneux du pénis on voit une enveloppe fibreuse , dense , mais élastique , donnant naissance, par sa face interne, à des lames qui divisent la cavité en aréoles ou vacuoles, des vaisseaux sanguins, et principa-

palmipèdes qui fréquentent les bords de ces étangs. Ces ophidiens paraissent être ovo-vivipares. Dans un individu de cette espèce , M. Lamare-Picquot a trouvé dixsept petits vivans renfermés dans des enveloppes très-minces.

lement des veines qui se répandent sur ces lames, et qui, peu à peu, perdent leur caractère vasculaire. Ces veines, en effet, réduites à leur membrane interne, ne forment plus de cylindres complets ; bientôt elles sont ouvertes sur un point de leur circonférence, et finissent par ne former qu’une simple lame, qui se confond avec la trame fibreuse en la revêtant. Les travaux de Malpighi (1), J. Hunter (2) , Cuvier (3) , Mascagni (4) , Duvernoy (5), Ribes (6) , Moreschi (7) , Farnèse (8) , Tiedemann (.9) , Panizza (10), etc., ont jeté beaucoup de lumière sur la structure de ces corps. Cependant, ils n’ont pas suffisamment démontré la structure essentiellement veineuse de ces organes et les métamorphoses que subissent les veines. Nous nous proposons de donner bientôt un mémoire sur ce sujet. Les artères n’entrent dans la formation des corps caverneux que d’une manière bien secondaire ,

(1) Dissert, epist. varii argum. in oper. omn. — Vol. II.

(2) Observât, on certain parts of the anim. Economy; in-4°, — London

(3) Dictionnaire dos sciences médicales. Art. caverneux.

(4) Prodrome délia grande anatomia, etc. — Firenze, 1819.

(5) Commentar. petropol. II, p. 400.

(G) Exposé sommaire de quelques recherches anatom. physiol. palhol, — Mém. de la Soc. médic. d’émul. , t. VII.

(7) Commentarium de urethræ corporis glandisque structura, etc. — Mediolani,

(8) Ëlogio del célébré anatomico Paolo Mascagni Toschni, etc. — Milano, 1816. Note additionali del dottore Tom. Farnese, etc. — Mi'ano, 1818*

(9) Notice sur les corps caverneux de Ta verge du cheval, suivie de quelques réflexions sur le phénomène de l’érection. — Journal complém. des Sc. méd., t. IY,

(10) Del corpo cavernoso dell urethra. Cap. 1, p. 7.

Osservazioni antropo-zootomico-fisiologiche, etc. — Pavia, 1830.

quoique tout récemment M. J. Muller ait donné de nouvelles notions sur leurs dispositions et sur leurs usages ; enfin , des nerfs nombreux pénètrent le tissu albuginé de ces organes.

Il existe donc des différences bien grandes entre les plexus artériels des cétacés et le tissu caverneux érectile. Une enveloppe et une trame fibreuses , des veines , principalement des veines , constituent le tissu lui-même, dans lequel beaucoup de rameaux nerveux viennent se terminer , tandis que les plexus vasculaires des cétacés sont exclusivement artériels. Il n’y a ici ni enveloppe , ni trame fibreuse, ni membrane propre à ces tissus, et les nerfs avec lesquels ces plexus sont en connexion ne leur appartiennent pas , et ne font que les traverser.

La rate ne ressemble pas davantage à ces plexus. Cet organe , pourvu d’une enveloppe fibreuse , est essentiellement formé par des veines (1). Chez les cétacés la rate n’est représentée que par des corps très-petits et bien distincts des plexus artériels de la cavité du thorax.

Les procès ciliaires, avec lesquels on voudrait découvrir quelque ressemblance relativement à l’arrangement des vaisseaux , n’ont pas non plus de membrane propre ; mais ils sont formés exclusivement par des veines.

Nous ne comparerons pas non plus les plexus vasculaires que nous avons décrits dans les chapitres précédens avec ceux dont le célèbre professeur K.-E. de Baer a fait l’histoire et donné les figures tout récemment. Ces derniers organes sont essentiellement veineux, et

(1) Heusinger.

si nous avions voulu nous arrêter à des plexus de cette nature chez les Cétacés , nous aurions eu à décrire des réseaux infinis, qu’on ne voit aussi développés chez aucun autre genre de mammifères (1).

§ XLI. Quant au tissu érectile accidentel, il est de plusieurs espèces : tantôt de nature veineuse, et c’est à cette espèce qu’il faut rapporter les nœvi materni , etc.; tantôt il est à la fois artériel et veineux : c’est -celle que M. Groefe a décrite sous la dénomination de Télangiectasie. Enfin, il en est une espèce formée par des artères ; ces vaisseaux se divisent et se subdivisent à l’infini , forment des réseaux , et parviennent jusqu’à une ténuité capillaire. De plus, ces artères ne sont pas isolées ou situées en dehors de tout canevas parenchymateux , elles se ramifient dans un tissu qui rend leur disposition tout-à-fait distincte de celle des Plexus vasculaires des Cétacés.

(4) Voyez le mémoire de Ch. -K. -E. de Baer : Uberdas gefæss-system des Braunfislies. Acta Acad. Cæsar. Leop. Carol. Natur. Curios., vol. XVII, p. 1. Tab, XXIX.

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