‹ Histoire anatomique et physiologique d'un organe de nature vasculaire découvert dans les cétacés suivi de quelques considérations sur la respiration de ces animaux et des amphibies, lu à l'Académie des Sciences le 18 août 1834Chapitre 4 sur 23 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

5. IV. Il existe sur l’un et l’autre côté de la colonne rachidienne, au-devant des côtes, derrière les plèvres, depuis le sommet jusqu’à la base de la poitrine, au-dessus du diaphragme , un vaste plexus vasculaire , auquel nous devons , d’après sa disposition , reconnaître trois faces, trois bords et deux extrémités. La face antérieure est, dans toute son étendue, couverte par la plèvre, laquelle est plus dense , plus ferme que les membranes séreuses ordinaires. Cette face correspond à la partie postérieure des poumons. Lorsqu’on écarte les côtes les unes des autres , on voit que ce plexus est formé d’autant de masses distinctes, qu’il y a de ces arcs osseux, afin que ces os puissent s’éloigner les uns des autres. Mais celte séparation , quoique réelle , ne frappe pas d’abord la vue , parce que les anses et les diverses flexuosités vasculaires se portent les unes sur les autres sans contracter d’adhérence. On aperçoit dans

une direction presque horizontale des artères comparables aux intercostales , qui pénètrent le tissu plexiforme. Nous disons qu’on peut comparer ces vaisseaux aux artères intercostales, parce qu’elles naissent d’un tronc commun de la partie postérieure de l’aorte pour

se bifurquer et donner ainsi à droite et à gauche des branches flexueuses , qui vont constituer les plexus dont nous parlons.

§. V. Les nerfs intercostaux engagés dans l’épaisseur de ce plexus , deviennent bientôt superficiels , pour aller dans les intervalles des côtes.

§. VI. Près de la partie inférieure de cette face antérieure , on voit surgir de l’épaisseur de ce plexus vasculaire des cordons nerveux appartenant au système ganglionnaire et formant les nerfs splanchniques.

§. VII. Entre la troisième et la quatrième côte on aperçoit un tronc veineux qui traverse le plexus , pour se porter un peu obliquement en haut et en dedans , aller se réunir à un tronc veineux semblable , représentant la veine jugulaire profonde , et constituer , par leur réunion , la veine cave supérieure qui va s’ouvrir dans l’oreillette droite du cœur. Nous parlerons plus loin de ce vaisseau veineux par lequel est traversé le plexus artériel.

§. VIII. Par sa face postérieure ce plexus est appliqué sur la concavité de la moitié interne des côtes et sur la face interne des muscles intercostaux correspondans. Enfin , le côté interne de ce plexus est en rapport avec les faces latérales de la portion thoracique du rachis et des fibro-carlilages inter-vertébraïux.

§. IX. Du bord postérieur de cette mas*e vasculaire partent de nombreux prolongemens qui pénètrent , par les trous de conju-

gaison , jusque dans le canal vertébral, en enveloppant les nerfs rachidiens et formant un plexus inextricable sur la partie postérieure de la moelle épinière , comparable au réseau veineux rachidien , que nous avons représenté et décrit d’après sa disposition sur l’homme (1). Mais ici les artères forment presque la totalité de ce plexus vasculaire , tandis que dans l’espèce humaine il est essentiellement formé par des veines. Le grand nombre d’artères constituant ce plexus et la manière dont il recouvre la face postérieure du cordon rachidien sont des plus remarquables.

§. X. Le bord interne de ce plexus vasculaire , caché sous la plèvre au moment où elle se réfléchit pour former le médiasti» postérieur, est en rapport avec l’aorte thoracique, de laquelle sortent en arrière de nombreuses artères , qui , comme nous l’avons dit plus haut , se bifurquent bientôt pour envoyer à droite et à gauche des branches semblables aux artères intercostales, lesquelles pénètrent le plexus, et le constituent par leurs flexuosités.

§. Xf. Nous ferons remarquer qu’il n’existe de veine azygos ni à droite ni à gauche du rachis dans la cavité thoracique. Le bord externe du plexus vasculaire , fort inégal , envoie quelques branches qui se dirigent vers les espaces intercostaux , parallèlement au bord inférieur des côtes. ( Voyez pl. 2 et 3. )

§ XII. L ’extrémité supérieure plus épaisse que l’inférieure , se

(1) Voyez la description que nous avons faite de ces veines dans notre dissertation pour le concours de chef des travaux anatomiques, et dans notre ouvrage sur le Système Veineux.

porte non-seulement au-devant des muscles scalènes et entre les faisceaux de ces muscles et des muscles longs du cou , mais encore elle contourne la première côte pour se porter en arrière dans les interstices des muscles des gouttières vertébrales , sur une étendue de cinq à six pouces. Moins considérable que la précédente, l’extrémité inférieure est située au-devant des faisceaux charnus , trèsépais , qui s’insèrent sur la face antérieure et sur le bord inférieur des dernières côtes et qui , par cette disposition , sont comparables aux muscles carrés des lombes et psoas chez l’homme.

g. XIII. Vers sa partie supérieure, ce plexus peut être séparé en plusieurs couches épaisses , unies les unes aux autres par un tissu cellulaire très-lâche et très-extensible. Les diverses anses ou flexuosités de ces vaisceaux n’adhèrent aussi entre elles que par un tissu cellulaire élastique, qui ne met aucun obstacle à la distension et à la turgescence de ces vaisseaux. Cette disposition fait différer ce

plexus de tous les autres organes vasculaires , tels que les corps

caverneux , la rate et les vasa vorticosa du plexus ciliaire.

§. XIV. Examiné sur plusieurs espèces de Cétacés, principalement sur les Dauphins ( Delphinus delphis , Delphinus globiceps ), sur des Marsouins ( Belpliinus phocœna ) et sur un fœtus de Baleine franche ( Balœna mysticetus ), il a été facile de s’assurer de la nature de ce plexus , et aucun doute ne peut s’élever sur ce point.

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