‹ Histoire anatomique et physiologique des scorpionsChapitre 13 sur 30 · STRUCTURE SQUELETTIQUE ET MUSCLES DU CEPHALOTHORAX · texte numérisé non relu

STRUCTURE SQUELETTIQUE ET MUSCLES DU CEPHALOTHORAX

Les muscles puissants qui garnissent l'intérieur du céphalothorax présentent cette particularité fort remarquable, qu'ils ne forment pas, comme ceux de l'abdomen, un vaste panniculc peaussier et qu'ils ne se (ixent point seulement à la voûte cornée de cette partie du corps. Inépuisable dans son génie des créations, la nature

a inventé pour les scorpions, ainsi que pour d'autres arachnides, une sorte de squelette intérieur consistant, d'une part, en des reliefs dépendants du plancher corné du plastron, de l'autre, en une pièce indépendante du test, une carcasse cartilagineuse. Décrivons-les succinctement.

Le plancher inférieur du céphalothorax ou le plastron , par analogie avec celui de la tortue, est creusé d'anfractuosités , de rigoles profondes rayonnantes et symétriques, limitées par des cloisons cornées plus ou moins saillantes ou redressées. Ces rigoles, ces cloisons, sont en nombre égal à celui des pattes et des chélipalpes; il y en a par conséquent cinq paires. Elles sont d'autant plus longues, d'autant mieux prononcées qu'elles sont plus postérieures. Les rigoles sont remplies par des muscles locomoteurs et recèlent dans leur profondeur les grands troncs nerveux cruraux.

Les cloisons donnent attache aux muscles. Etudiées sur le cadavre desséché, préalablement vidé et bien préparé, elles ressemblent à des côtes qui convergent à un sternum central. Ces côtes offrent constamment un intervalle marginal plus grand entre la première et la seconde paire de pattes. Cette disposition, loin d'être insignifiante, fait naître l'idée, confirmée d'ailleurs par la direction des pattes, que, dans faction de saisir une proie, les trois paires de pattes postérieures sont plus particulièrement destinées à assujettir le corps sur le plan de support, tandis que la paire antérieure , dans cet intervalle , favorise l'étendue de mouvement, devient auxiliaire des chélipalpes pour la capture de la victime. Outre ces cloisons, il y a à la partie antérieure du plastron, et de chaque côté, à peu près vis-à-vis les origines des chélipalpes, deux, grandes lames cornées subarrondies, foliiformes, très-saillantes au-dessus du plan des anfracluosités. Elles servent aussi à l'insertion des muscles.

Précisément au-dessus du ganglion thoracique, siégeant sur la partie du plastron que j'ai appelée sternum , se trouve placée la carcasse céphalothoracic/ue. Lyonnet (OEnvr.posth.) et Treviranus l'ont représentée dans l'araignée, le premier sous le nom de sternum.

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le second sous celui de cartilage. Jean Muller l'appelle dans le scorpion la vertèbre thoracique, dénomination assez significative; je la décrirai dans Yoccitanus. Cette carcasse a une configuration peu détei minable, toutefois elle est d'une circonscription subarrondie. De texture cartilagineuse, elle est hérissée dans tous les sens de saillies ou apophyses rayonnantes qui lui donnent de la ressemblance avec une chausse-trappe. Au premier aspect on la croirait irrégulière; mais mieux étudiée, on reconnaît que ces apophyses ont une disposition symétrique. Une pince tant soit peu habile peut la déraciner dans son entier et l'isoler. On voit alors que les apophyses demeurent garnies des faisceaux musculaires déchirés qui s'y insèrent : c'est dans cet état que je l'ai figurée. Le corps ou le noyau de cette carcasse est percé d'un grand trou, ou mieux d'une arcade annulaire, qui donne exclusivement passage au cordon nerveux rachidien et à la première paire des nerfs pulmonaires. Le canal digestif et le vaisseau dorsal sont engagés entre les apophyses du plan supérieur; ce qui rend leur isolement d'une extrême difficulté.

ARTICLE II

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