‹ Histoire anatomique et physiologique des scorpionsChapitre 14 sur 30 · MUSCLES ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

MUSCLES ABDOMINAUX

Ils sont ou tégumentaires, ou periorants ou cardiaques.

]° Les muscles tégumentaires ou peaussiers doublent, tant au dos qu'au ventre, la face interne du tégument abdominal. Ils forment dans leur ensemble un pannicule continu, un caleçon musculaire qui enveloppe tous les viscères excepté les poumons. Ses fibres varient de grosseur et de direction. Ils servent, soit aux mouvements plus ou moins obscurs des segments tégumentaires, soit à la dilatation ou au rétrécissement de la cavité abdominale, soit enfin à protéger les viscères contre la dureté du tégument corné.

A la ligne médiane, tant supérieure qu'inférieure de ce caleçon, il existe deux larges rubans longitudinaiu rapprochés , dont les fibres grosses eteontigue^ sont parallèles. Entre les deux rubans du dos,

il y a une légère gouttière produite par un amincissement, une dépression du pannicule et correspondant au cœur. A la région opposée, c'est-à-dire à la paroi ventrale, le cordon rachidien est logé dans l'intervalle de ces rubans, mais non point à nu sur le tégument même. Par la direction longitudinale de leurs fibres, ces rubans ou muscles droits tendent, dans leur contraction, à raccourcir le corps et à en rapprocher les segments.

Les larges tapis musculaires qui se rattachent aux rubans longitudinaux ont des fibres moins prononcées, obliques ou courbes. J'en ai déjà indiqué les fonctions.

2° Les muscles perforants, que, dans mes publications de diverses dates, j'ai désignés ainsi, et qui jusqu'alors n'avaient point été mentionnés, traversent le foie, de la face dorsale à la face ventrale, et se fixent aux rubans médians dont j'ai parlé. Au nombre de sept paires, ils sont disposés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane du corps. Ce sont des cordons fort simples, filiformes, droits comme des colonnes, engagés chacun dans une gaine pratiquée dans l'épaisseur du parenchyme hépatique. Ces gaines, qui percent de part en part le foie, sont tapissées par la même tunique qui revêt tout l'organe, et elles sont assez larges pour se prêter aux mouvements de contraction et d'extension de ces muscles. Quatre de ces paires de muscles perforants s'insèrent inférieurement tout près de la base des poumons correspondants. Tous répondent en haut aux sept segments dorsaux de l'abdomen. Par leur action contractile , ils tendent évidemment à rapprocher les deux parois tégumentaires de l'abdomen. Ils jouent peut-être un rôle actif d'expulsion lors de l'accouchement, et ils peuvent bien entrer enjeu dans les ébats amoureux. Ils servent aussi à prévenir les secousses des viscères splanchniques, surtout de la texture pulpeuse du foie, et à les maintenir en place. Quand sur un scorpion vivant, dont on a préalablement incisé le pourtour de la carapace, on soulève doucement celle-ci, on voit, on sent très-bien la contraction active des muscles perforants qui tendent à tirer en bas cette carapace.

Mais c'est surtout clans les individus à l'alcool qu'il est possible de mettre en parfaite évidence ces muscles perforants. Par la macération prolongée, les adhérences organiques du pannicule peaussier se détruisent de telle façon que la face interne du tégument corné demeure à nu et que le pannicule plus ou moins entier est couché sur les viscères. Alors en décollant ces muscles de leui implantation dorsale, sans endommager le foie, vous apercevrez à la surface de celui-ci, les sept paires de bouches béantes où ils se sont retirés rétractés. En déchirant avec précaution la pulpe hépatique, que l'on a soin de déblayer, on arrive à constater ces muscles demeurés debout comme des baguettes et fixés aux rubans ventraux. J'ai exprimé par une figure cette curieuse disposition.

3° Les muscles cardiaques, fixés d'une part à ta paroi inférieure de la tunique musculaire du cœur, et de l'autre aux rubans ventraux tout à côté des perforants. Plus grêles que ces derniers, jls les égalent en nombre et sont fusiformes. Je les ai suffisamment décrits au chapitre du cœur.

\RTICLE III.

MUSCLES CAUDAl \.

La queue du scorpion est incontestablement la partie de son corps douée de la plus grande somme d'activité et de mobilité.

Elle est, je le répète, la sauvegarde de l'existence de l'animal. Je n'entreprendrai point dénumérer les puissants muscles qui président à cette vigilante mobilité. Les nœuds caudaux, et surtout le dernier segment de l'abdomen en sont en quelque sorte bourrés. Ho quelle admirable structure que celle de ce tube articulé! Par quelle habile prévoyance la Providence a-t-elle pu, au milieu de l'action si variée, si énergique de ces agents loconm teurs , protéger la délicatesse, la fragilité du vaisseau circulatoire de l'intestin et du cordon ganglionnaire qui y sont enfermés! Comment, clans un si étroit canal, quatre organes peuvent-ils fonc-

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tionner simultanément sans le moindre trouble dans les lois qui régissent l'organisme ! 11 n'est pas un tissu, pas une fibre, lorsqu'on cherche à en pénétrer les connexions et les attributions, devant lesquels il ne faille s'extasier et en définitive s'humilier.

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