‹ Histoire anatomique et physoilogiqueChapitre 6 sur 21 · LES POISSONS SONT-ILS POURVUS DE CE GENRE D'ORGANE · texte numérisé non relu

LES POISSONS SONT-ILS POURVUS DE CE GENRE D'ORGANE

$. XXV. Quant aux poissons, leur mode de respiration est approprié au milieu du liquide dans lequel ils sont toujours plongés, et des plexus vasculaires semblables à ceux des Cétacés n'étaient pas nécessaires.

Bien que la respiration des poissons soit, quant à l’action principale, la même que celle des animaux aériens, c'est-à-dire que c’est encore l'air qui est pour eux le pabulum vitæ, cependant ils ne peuvent pas vivre hors de l’eau , parce qu’ils sont dépourvus d'organes qui puissent remplacer les branchies (1).

Les poissons, pour l'entretien de leur vie, dépensent une trèspetite quantité d’air , et l’on a calculé qu'un homme en consomme

cinquante mille fois plus qu'une tanche (2). On sait que les pois-

(1) Nous ne regarderons pas comme tels le renflement de l'artère caudale offert par l’Anguille, et que M. Marshall Hall (a) considère comme un cœur.

(2) Histoire naturelle des poissons, par le baron Cuvier et M. Valenciennes. T. 1, p. 518. — Paris, 1828

(a) A critical and experimental essay on the circulation of the Blood ,etc.—London, 1831.

2h sons viennent à la surface de l’eau humer une petite quantité d’air atmosphérique , et que , si l'on met à cette surface , une gaze pour les empêcher de sortir l'extrémité de la tête, on les voit bientôt mourir. Remarquez que l'air avalé n’est pas en rapport avec les branchies, mais qu'il arrive dans l'estomac. Ce fluide élastique, porté dans les voies digestives, servirait-il à la respiration ? On l’a pensé ; cependant, si le canal intestinal était ainsi l’auxiliaire des branchies, les poissons devraient être amphibies , et l’on sait qu'ils meurent dès qu'ils ne sont plus dans l’eau. Leur fin est même d’autant plus rapide que les ouïes sont plus largement ouvertes , parce que l’air desséchant les branchies, la circulation s'arrête dans les vaisseaux capillaires de ces organes (1). On voit cependant l'animal - ouvrir la bouche, paraître avaler de l'air ; mais, par cette dégluütion , les fonctions des branchies ne sauraient être remplacées. La vessie aérienne, qui reçoit l'air du dehors par un conduit communiquant avec les voies digestives, ou en sécrétant de toute pièce le fluide aériforme, ne saurait être non plus considérée comme un annexe de l'appareil respiratoire, puisque tous les poissons n’en sont pas pourvus, et que ceux qui possèdent cette poche ne sont pas amphibies (2). D'ailleurs, le plus souvent le gaz

contenu dans cette vessie est de l'azote.

(1) Voyez Edwards ; influence des agens physiques sur la vie. — P, 424. (2) Rondelet, Viridet, Fischer (a), Nitsch (b), considèrent la vessie aërienne comme un organe de respiration servant de supplément aux branchies.

(a) Versuch über Dieschwimblase der fische.—Leipsig, 1795.

(&) Commentatio de respiratione animalium. Viterbergæ,

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