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LES OISEAUX SONT-ILS POURVUS DE CE GENRE D'ORGANE

$S- XXVI. Les oiseaux , s’élevant à des hauteurs très-variées dans Vair atmosphérique, ne sont-ils pas comparables, sous ce rapport, aux Cétacés qui peuvent vivre à la surface des eaux , ou plonger dans la profondeur des mers? Les degrés différents de pression des milieux habités par les oiseaux et par les Cétacés semblent permettre d'établir certaines analogies d'effets physiques , et au torisent à présumer que, dans un cas comme dans l’autre, il

doit exister des dispositions organiques analogues.

$. XXVII. Mais il faut remarquer que les oiseaux ne se trouvent pas alternativement dans un milieu aqueux et dans un milieu aérien. S'ils étaient dans ces conditions, nul doute qu'ils ne dussent être pourvus du plexus artériel que nous décrivons. Il résulte des recherches faites par les anatomistes modernes : J.-F. Meckel (1), Nitsch (2), Tiedemann (3), Barkow (4), Bauer (5), que

(4) Arch. für anat. und physiol. 1826.

(2) Observationes de avium arterià carotide communi. — Halæ, 1829.

(5) Zoologie. — Zu seinen Vorlesungen entworfen. — Landshut, 1808.

(4) Anatomisch. — Physiologish untersuchungen, Vorzulich über das schalgder system der Vœgel. Arch für anatom. und physiologle. — Von J. F. Meckel. — Leipsig, 14829, p. 506.

(5) Disquis. circà nonnullarum avium systema arteriosum. — Berol., 1825.

le système vasculaire des oiseaux ne présente aucune analogie avec

les plexus artériels des Cétacés.

$. XXVIII. Cette circonstance peut aussi aider à démontrer que ce plexus artériel des Cétacés ne peut pas avoir pour fonction de neutraliser les eflets des pressions variées des milieux différens habités par les animaux. Le milieu dans lequel vivent les oiseaux est toujours de même nature, et, si l'air offre des différences de densité, suivant la hauteur à laquelle se trouve l'animal, on ne voit jamais de différences comparables à celles que présentent les Cétacés, qui , alternativement, sont des animaux aériens ou des animaux aquatiques, où mieux, qui tour à tour respirent l'air à la surface de l’eau , ou plongent plus ou moins profondément

dans ce liquide.

$. XXIX. Les oiseaux, considérés comme des animaux essentiellement aériens, ont, dans leur organisation , des dispositions qui leur permettent de vivre à des hauteurs différentes de l’atmosphère , et ces dispositions sont autres que les plexus artériels dont nous parlons. Si ces plexus vasculaires avaient pour fonction d’annuler les effets des différences de pression du milieu dans lequel est situé l'animal, nous devrions rencontrer ces organes dans les oiseaux qui s'élèvent le plus haut dans l'atmosphère ; maïs leur anatomie ne nous apprend rien à cet égard. Si ces plexus yasculaires sont destinés à suppléer à la respiration pulmonaire , nous ne devons pas en rencontrer chez les oiseaux, car, dans cette

grande famille de vertébrés, on ne; voit aucun genre qu’on puisse

comparer , parmi les mammifères, aux Cétacés et aux Amphibies, tels que les Phoques, les Morses. Les oiseaux de rivage (G rallæ) , les palmipèdes comme les Albatrosses ( Diomedea L.), les Pétrels (Procellaria L.), etc.,-etc., qui restent long-temps sur l'eau, ne font que plonger leur tête pendant des instans très-courts, et leurs poumons ayant des arrière-cavités dans l'abdomen, et des communications avec les canaux dont sont creusés le centre des os, l'air peut revenir des cavités osseuses elles-mêmes jusque dans le poumon, et remplacer l'inspiration trachéale. Remarquons, de plus, que les oiseaux plongeurs ne se meuvent pas en même temps qu’ils immergent leur tête dans le liquide, car l’air qui serait nécessaire au vol pour aider à les soutenir en l'air, où à tout autre mode de locomotion, doit servir ici à la respiration. Dans les Cétacés, il faut, pendant l'immersion, non-seulement que l’hématose soit suppléée d’une manière quelconque , maïs encore il faut que ces animaux se meuvent avec une grande célérité, et'en déployant une force musculaire considérable. De Tair tenu ‘en réserve , comme dans les oiseaux, non-seulement serait contraire à la locomotion rapide dans les différentes couches d’un milieu liquide , parce qu’il augmenterait l'étendue de la surface du corps, et les modifications, dans le degré de densité de cet air, ne pourraient jamais s’accomoder à la vélocité des mouvemens de l'animal; il devrait alors bien souvent survenir des phénomènes analogues à ceux que M. Biot a le premier signalés dans certains poissons pourvus de vessie natatoire , lorsqu'on retire trop

rapidement ces animaux du fond de la mer.

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