TRADUCTION
Ma plume en mille vers combattant pour la grâce,
A pour Dieu combattu , Attaquant ces ingrats pleins de la vaine audace
D'une fausse vertu.
J'ai fait voir d'où nos coeurs conçoivent la racine
D^nn céleste dessein , D'où la foi naît dans nous, d'où la vertu divine
Germe dans notre sein.
Si donc ton esprit calme , en lisant cet ouvrage ,
N'y cherche que du fruit , Ces vers te sauveront du funeste naufrage
Où l'erreur nous conduit.
Tu n'élèveras point contre ton roi supiêmc
Ta fière liberté , Et tu ne croiras point mériter par toi-même
Les dons de sa bonté.
Mais tu reconnaîtras que tu dois toute ciiose
Au Dieu qui t'est si doux ; Et que notre mérite est l'effet, non la cause,
De sa giftce dans nous.
SCIENCES BT ARTS. 307
SIDOINE ÀPOLLINAIBE.
Sidoine Apollinaire ( C. Sùliim Apollinaris Sidonius ) naquit à Lyon , d'un pr^et du prétoire gendre de Tempereur Avite.
Nous avons ses poésies en vingt-quatre {Hèces, impriiâées ordinairement avec les neuf livres de ses épttres. Le siècle où il vivait fait excuser le style dur, robscurité et les fautes de prosodie de ses vers.
Il renonça à la poésie en renonçant au siècle , et il ne fit plus de vers depuis qu'on Teut fait évêque de Clermon,t en Auvergne, ce qui arriva en Tan 472.
AYIÉNUS.
Rttfus Festus Aviéaus vivait sous Théodose Tm^^ien. Cet auteur a mis en vers latins les Phénomènesà' kts^ssiB^ et la Périégèse de Denys , c'est-à-dire la description fu'il avait faite de la terre. Il avait mis aussi tout Tite-Live en vers ïambes : travail assez inutile , et dont la perte ne doit pas être fort regrettée. Il nous reste de lui des fables, qu'il a prises d'Ésope pour les mettre en ver& élégiaques, et qui! a dédiées à Théodose, qui n'est autre que Macrobe : elles sont infiniment éloignées de la pureté , de la beauté et de la grâce de celles de Phèdre.
BoicE.
Boèce ( Auicius ManUus Seoerinus Boetius ) fut consul seul Tan 510.
Ce que ce grand homme a fiait de vers est inséré dans ses cinq livres de ki Consolation y qu'il composa dans la prison où Théodoric , roi des Goths , l'avait fait mettre : il était son principal ministre d'État.^ prose, n'étaiU pas fort excellente, semble avoir ccmtribué par ses ombres à relever l'éclat de sa poésie , qui est remplie de graves sentences et de belles pensées.