AULU-GELLE
Aulu-Gelle {Aulus Gellim, ou par corruption, AgeUius) est un grammairien qui vivait dans le second siècle , sous Marc-Aurèie , et sous quelques empereurs qui le suivireut. Il étudia la grammaire à Rome , et la philosophie à Atliènes , sous Galvisius Taurus, d'où il revint ensuite à Rome.
Il s'est rendu célèbre par ses Nuits atUgues. C'est le nom qu'il a donné au rex^ueil qu'il fit, pour ses enfants, de ce qu'il avait appris de plus beau par la lecture des auteurs , pu par la conversation des hommes liabiles. Il l'appela ainsi < parce qu'il l'avait composé à Athènes pendant l'hiver , dont les longues nuits laissent plus de temps pour travailler. Macrobe en copie diverses choses sans le nommer.
11 ne paraît pas uu grand discernement dans les matières qu'il a choisies comme les plus considérables et les plus utiles, et qui pour la plupart ne sont que des remarques de grammaire peu importantes. On lui est pourtant redevable de plusieurs faits et de plusieurs monuments de l'antiquité , que lui seul nous a conservés. Des vingt livres qui composent cet ouvrage, le huitième est entièrement perdu : il n'en reste que les titres des chapitres. Celui où il traite en passant des lois des douze Tables est fort estimé ».
Le style d' Aulu-Gelle ne manque pas de force , mais il est souvent mêlé de mots barbares et impropres , qui le rendent dur et obscur , et qui se sentent du siècle où il a vécu , dont il ne faut pas attendre beaucoup de pureté ni d'élégance.
Entre les particularités qu'il nous apprend de sa vie ^ , il remarque qu'étant encore fort jeune , et ayant été choisi par les préteurs pour juger quelques petites affaires de particuliers , il s'en présenta une où un homme demandait à un autre une somme d'argent qu'il disait lui avoir prêtée. Il ne le prouvait que par
» Gril, in Praef. 3 Lib. 14, c. 2.
2 Ub. 20,c. 1.
cFes indices fort faibles , n'ayant ni actes ni témoins ; mais c'était constamment un homme d'honneur, d'une vie irréprochable, et d'une intégrité reconnue. Sa partie au contraire, qui niait la dette , était un homme décrié pour son avarice sordide ; et l'on montrait qu'il avait été souvent convaincu de mensonge, de fraude et de perfidie. Aulu-Gelle avait pris avec lui pour juger ce procès plusieurs de ses amis accoutumés au barreau , mais qui ne demandaient qu'à expédier , parce qu'ils avaient bien d'autres affaires. Ainsi ils concluaient tous sans difficulté qu'on ne pouvait point obliger un homme à payer lorsqu'il n'y avait point de preuves qu'il dût ce qu'on lui demandait.
Aulu-Gelle ne put se résoudre à mettre ainsi les parties hors de cour ; jugeant l'un très-capable de dénier ce qu'il devait , et l'autre incapable de demander ce qu'on ne lui devait pas. Il remit le jugement à un autre jour , et s'en alla consulter Favorin , qui vivait encore à Rome : c'était un philosophe d'une grande réputation. Favorin lui rapporta, sur le cas qu'il lui proposait , un endroit de Caton qui disait que dans ces sortes d'occasions où il n'y avait point de preuves l'ancienne pratique des Romains était d'examiner lequel des deux était le plus homme de bien ; et quand ils l'étaient également , ou qu'ils étaient également décriés, déjuger en faveur de celui à qui on demandait : d'où Favorin concluait qu'entre deux personnes si différentes il n'y avait point de difficulté à croire un homme de bien contre un méchant. Quelque respect qu'eût Aulu-Gelle pour ce philosophe, il ne put pas entrer entièrement dans sa pensée ; et , ne voulant rien faire contre sa conscience, il s'excusa de juger cette affaire , où il ne voyait pas assez clair. Elle ne souffrirait main- . tenant aucune difficulté , et le débiteur prétendu serait pris à serment , et cru sur sa parole.
A.TUÉNEE.
Athénée était de Naucratis , ville autrefois célèbre dans TÉgypte, sur un bras du Nil, à qui elle donnait le nom. Il vivait du temps de l'empereur Commode. Il â composé en grec un ouvrage sous le nom de Dipnosophistes , c'est-à-dir^ Banquet des savants, qui est rempli d'une infinité de recherches curieuses
et savantes, et qui donne beaucoup de lumière pour les antiquités grecques. Mous n'avons qu'un abrégé ou des extraits des premiers livres des Dipnosophistes > , faits , comme le croit Casaubon , à Constantinople il y a cinq ou six cents ans.