‹ Histoire ancienneChapitre 89 sur 104 · SPEUSIPPE · texte numérisé non relu

SPEUSIPPE

J'ai déjà dit qu'il était neveu de Platon '. Il fat d'une conduite fort déréglée dans sa jeunesse , de sorte que son père et sa mère le chassèrent de leur maison. Celle de son oncle devint pour lui un asile. Platon vivait avec lui comme s'il n'avait jamais ouï parler de ses débauches. Ses amis , étonnés et choqués d'une douceur placée si mal à propos , et d'une conduite si pleine d'in^ dolence^ le blâmaient de ne pas travailler à corriger son neveu, et à le retirer de cet abîme. Il leur répondait sans s'émouvoir qu'il y travaillait plus efficacement qu'ils ne pensaient , en lui faisant connaître par sa manière de vivre la différence infinie qu'il y a entre le vice et la vertu , entre les choses honnêtes et déshonnétes. En effet, cette méthode lui réussit si bien, qn'il inspira à Speusippe un très-grand respect pour lui et un violent désir de l'imiter, et de s'adonner à la philosophie, dans l'étude de laquelle il fit ensuite de fort grands progrès. Il faut bien de la dextérité pour manier l'esprit d'un jeune homme déréglé et pour le rappeler à son devoir. Il est rare que cette fougue de l'âge cède à la violence , qui souvent ne sert qu'à l'irriter et à la précipiter dans le désespoir.

Platon avait lié Speusippe d'une manière particulière avec Dion , dans la vue d'adoucir l'humeur austère de ce dernier par l'enjouement et les grâces de son neveu.

Il succéda à l'école de son oncle api*ès sa mort ; mais il ne la tint que huit ans , après quoi ses infirmités l'obligèrent de la remettre à Xénocrate. Speusippe ne s'écarta point de sa doctrine,

mais il ne se piqua pas de Timiter dans tout le reste. Il était colère , aimait le plaisir, et parut intéressé, ayant exigé une récompense de ses disciples, contre la coutume et les principes de Platon.

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