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* Diog. Laept.
souvent que jamais navigation n'avait été aussi heureuse pour lui que celle où il avait fait naufrage. La morale des cyniques lui plut fort, mais il ne put goûter leur impudence et leur ef^ fronterie.
Après avoir étudié dix ans sou^ Cratès , et paasé dix autres années chez Stilpon de Mégare , Xénocrate, et Polémon , il établit à Athènes une nouvelle secte». Sa réputation ne tarda guère à se répandre dans toute la Grèce. Il devint en peu de temps le plus distingué des philosophes du pays. Comme il enseignait ordinairement dans une galerie , ses sectateurs furent appelés Stoïcens, du mot grec orcà, qui signifie galerie, portique.
Ayant rencontré un jeune homme qui, plein d'estime pour lui-même et se croyant fort habile , prenait toujours la parole dans les assemblées : Souvenez-vous , lui dit-il , que la nature nous a donné deux oreilles et une setUe bouche, pour nous apprendre qu'il faut plus écouter que parler,
Zenon vécut jusqu'à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans, sans avoir jamais eu aucune incommodité ». Il y avait quarante-huit ans qu'il endiguait sans interruption , et soixante-huit qu'il avait commencé de s'appliquer à la philosophie sous Cratès le cynique. Eusèbe met sa mort à la 129*" olympiade 3. H fut fort regretté. Quand Antigone , roi de Macédoine, en apprit la nouvelle, il en fut sensiblement touché. Les Athéniens lui firent ériger un tombeau dans le bourg de Céramique , et , par un décret public, où ils faisaient son éloge comme d'un philosophe qui avait perpétuellement excité à la vertu les jeunes gens qui étaient sous sa discipline , et qui avait toujours mené une vie conforme aux préceptes qu'il enseignait , ils lui décernèrent une couronne d'or, et lui firent rendre des honneurs extraordinaires : « Afin, dit le décret, que tout le monde sache que les Athéniens <- ont soin d'honorer les gens d'un mérite distingué, et pendant « leur vie , et après leur mort. » Rien ne fait plus d'honneur à ime nation que des sentiments si nobles et si généreux , qui partent d'un grand fonds d'estime pour la science et pour la vcrUj.
' *N M. 3". '.a 3 AN. M. 3740.
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Taidéjà remarqué ailleurs qu'aune nation voisine, je parle de TAngleterre, se distingue par cette estime qu'elle fait des grands hommes en ce genre , et par la reconnaissance qu'elle marque à ceux qui ont relevé la gloire de leur patrie.