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ANTIPATER

Antipater était de Sidon. Il est souvent parlé de lui dans le quatrième livre des Questions académiques comme de l'un des stoïciens les plus habiles et les plus estimés. Il avait été disciple de Diogène le Babylonien , et Posidonius fut le sien.

y r. Fuloire patatar porticum stoioo- 3. an. M. 3793. ram. y>{Aead, 4, 75.) * « Ei de ira qaum maxime disserenti

2 c ifos certe samas (ftei dicimus et adolescens proterrus inspait. Tulit hoc

Zenonem et Cbrysippum majora egisse ille leniter ac aapienter. Non quidem ,

quam ai duxissent exercitas , gessissent inquit , irascor : sed dnbito tamen an

honores, leges tulissent, quas non uni iraaci oporteat. > (Sen. de Ira, lib. 3,

rivitati , sed toti humano generi tule- cap. 38.) ruBt. » (SjBN. IH ot. sap. cap. 32.)

424 HISTOIBB ANCIRNIIB.

PANETIUS.

Panétius a été sans contredit un des plus célèbres philosophes de la secte stoïcienne ' . Il était Rhodien, et ses ancêtres avaient commandé les armées de la république. On peut placer sa naissance vers le milieu de la 148'' olympiade >.

Il répondit parfaitement aux soins particuliers qu'on avait pris de son éducation, et se livra tout entier à l'étude de la philosophie. L'inclination, peut-être les préjugés, le déterminèrent en faveur de la secte des stoïciens , alors très-accréditée. Antipater de Tarse fut son maître, UTécoutaen homme qui connaissait les droits de la raison ^ : et malgré la déférence aveugle avec laquelle les stoïciens recevaient les décisions des fondateurs du Portique , Panétius abandonna sans scrupule celles qui ne lui parurent pas suffisamment établies.

Pour satisfaire son désir d'apprendre , qui était sa passion dominante , il quitta Rhodes, peu touché des avantages auxquels semblait le destiner la grandeur de sa naissance. Les personnes les plus distinguées en tout genre de littérature se rassemblaient ordinairement à Athènes, et les stoïciens y avaient une école fameuse. Panétius la fréquenta avec assiduité, et en soutint dans la suite la réputation avec éclat. Les Athéniens, résolus de se l'attacher, lui offrirent le droit de bourgeoisie : il les en remercia. « Un homme modeste, leur dit-il 4, au rapport « de Proclus, doit se contenter d'une seule patrie. » En quoi il imitait Zenon, qui, dans la crainte de blesser ses citoyens, ne voulut point accepter la même grâce ^.

Le nom de Panétius ne tarda guère à passer les mers. Les sciences, depuis quelque temps , avaient fait à Rome des progrès considérables. Les grands les cultivaient à l'envi , et ceux que leur naissance ou leur capacité avait mis à la tête des affaires se faisaient un honneur de les protéger efficacement. Voilà les circonstances àims lesquelles Panétius vint à Rome. Il y était ardemment souhaité. La jeune noblesse courut à ses leçons,

' Strab. 1. 14, pag. 655. < Procl. in Hesiod. pag. 151.

2 An. m. 8814. i Plut, de Stoic. rep. pa«. 1034.

3D« Divin. 1. 1 , n. (».

SCI£NCBS ET ABTS. 426

et il compta parmi ses disciples les Lélius et les ScipioDS. Une amitié tendre les unit depuis ; et Panétius, comme le témoignent plusieurs écrivains , accompagna Scipion dans ses diverses expéditions. £n revanche cet illustre Romain lui donna, dans une occasion éclatante, des marques de la confiance la plus flatteuse. Panétius fut le seul sur lequel il jeta les yeux lorsque le sénat le nomma son ambassadeur auprès des peuples et des rois de rOrient alliés de la république'. Les liaisons de Panétius avec SQpion ne furent pas inutiles aux Rhodiens, qui employèrent souvent avec succès le crédit de leur compatriote '.

On ne sait point précisément Tannée de sa mort. Cicéron nous apprend que Panétius a vécu trente ans après avoir publié le Traité des devoirs de Thomme, que Cicéron a fondu dans le sien ; mais onne sait pas en quel temps ce traité a paru. On peut juger qu'il le publia à la fleur de son âge. Le cas et Tusage que Cicéron en à fait en traitant la même matière sont de bons garants de l'excellence de cet ouvrage, dont la perte doit âtre regrettée. Il en avait composé beaucoup d'autres, dont on peut voir le dénombrement dans le mémoire de M. l'abbé Sevin sur la vie et sur les ouvrages de Panétius 3, que je n'ai fait qu'extraire dans ce que j'en ai rapporté ici.

Il faut avouer, à la louange des stoïciens , que, moins occupés que les autres philosophes de spéculations frivoles et souvent dangereuses, ils consacraient leurs veilles à l'éclaircissement de ces grands principes de la morale qui sont le plus ferme appui de la société ; mais la sécheresse et la dureté qui régnaient dans leurs écrits aussi bien que dans leurs mœurs rebutaient la plupart des lecteurs, et diminuaient beaucoup l'utilité qu'on en aurait pu tirer '^. L'exemple des fondateurs du Portique, Cléanthe et Chrysippe, ne séduisit point Panétius. Attentif aux intérêts du public , et persuadé que l'utile ne passe d'ordinaire qu'à la

< « p. AfVicani historiseloquuntur, in riores , duriores, etoratione et moribns.

legatione illa nobili quam obiit. Panse- QuamiUorum tristitiam atqae asp^rita-

tiura nnum omniuo comitem faissc. » tem fagiens Panaetius, nec acerbitatem

(Cic. Aead. Çueest. lib. 4, n. 5.) senteatiarum , nec dissercndl spinaspro-

2 Plut, in Moral, p. 814. bayit : fuitque in altero génère mitior,

3 Tome X des Mémoires de l'Âcad. des in altero illu^rior, » {De Finib. I. 4, beUes lettres. n. 78,79.)

4 « Stoici horridiores évadant, aspe-

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faveur de Tagréable, à la solidité du raisonnement il joignit la beauté et Félégance du style, et répandit dans ses ouvrages le& grâces et les ornements dont ils étaient susceptibles.

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