‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 118 sur 468 · Vouarane des Arabes · texte numérisé non relu

Vouarane des Arabes

Berbérie, ainsi qu'au Sahara ^ Cette identification convient aussi aux crocodiles terrestres, longs de trois coudées et très semblables aux lézards, qu'Hérodote ^ signale chez les Libyens nomades ^ Pline fait mention des caméléons*.

L'Afrique du Nord, terre des fauves, était aussi la terre des serpents ^ dont il estquestion dans un grand nombre de textes ^ Ces reptiles pullulaient dans certaines régions et y répandaient la terreur. Parmi ceux que les anciens énumèrent' et sur lesquels ils donnent des Indications plus ou moins vraisemblables, nous citerons : le céraste % de la couleur du sable, avec deux cornes sur le front; c'est la vipère à cornes [lefaâ des

1. Pausanias (I, 33, 6) indique, auprès d'une source située au pied de l'Atlas, des crocodiles n'ayant pas moins de deux coudées (-/.pox(i6£;),oi Imr^/ttxy) \ix'i oôy. £>,â(7(7oyç) : expression dont on peut s'étonner, puisque le crocodile du Nil atteint sept mètres. Peut-être s'agit-il de varans. L'animal appelé o-x:yy.o;, que Dioscoride [Maler. medica, II, 66, édit. Wellmann) mentionne en Maurétanie, parait être le varan.

2. IV, 192 : /tpoy.ôSEtXoi Ôitov t£ TptTiy)-/2£ç ■/cpcraî'oi, Tyjat (ja-JprjTi È|Ji.;îpl<jTaTo:.

3. Conf. Brehm, les Reptiles, traduct. française, I, p. 247: Battandier et Trabut, l'Algérie, p. 260.

4. VIII, 120. Voir aussi Tertullien, De [lallio. 3. — Lézards sur des mosaïques africaines : Gaucliler, Invent., n"' 640, 903; de Paciitere, n" 291.

5 Vitruve, Vlll, 3, 24 : « Africa parens et nutrix ferarum besliarum, maxime serpentium. » Solin, XXVIl, 28 : « Africa serpenlibus adeo fecunda est, ut mali huius merito illi potissiinum palma detur. » Parmi les noms de la Libye, Alexandre Polyhistor indiquait celui d"Oçio'j<7(7a (la terre des serpents) : apiia Etienne de Byzance, s. v. Aiê-jrj.

G. Outre ceux qui seront cités plus loin, voir : Salluste, Jug., LXXXIX, .5 (région de Gafsa); Diodore de Sicile, III, 50 (dans le désert) et XX, 42 (le long de la grande Syrte); Horace, Odes, III, 10, 18; Satires, II, 8, 95; Manilius, IV, 062; Strabon, XVII, 3, 4 et 11; Pline, V, 15 (au Sud de l'Atlas, d'après Suétonius Paulinus); V, 26 (dans des déserts, au Sud de la Tunisie); Silius Italiens, I, 211-2; Oppien, Cyneg., II, 254; Victor de Vite, II, 37 (dans la région du Hodna) ; Isidore de Séville, EtyinoL, XIV, 5, 8. et 12 (chez les Gélules et en Maurétanie Tingitane).

7. A propos de la marche de Caton le long de la grande Syrte, Lucaiu (IX, 700 et suiv.) donne les noms d'une quinzaine de serpents. 11 a emprunté ces indications à un contemporain d'Auguste, ^Emilius Macer, qui lui-même s'était servi de Nicandre, et peut-être aussi de Sostrate : Fritzsche, Quaestiones Lucaneae (Gotha, 1892), p. 10 et suiv. ; Wellmann, dans Real-Encyclopadie de Wissowa, I, p. 507; Pichon, les Sources de Lucain, p. 40-41. Un certain nombre de serpents africains sont énumérés par Solin, XXVII. 28 et suiv. Voir encore Lucien, Dipsad., 3.

8. Kipiavr,:, cérastes. Diodore de Sicile, III, 50. Lucain, IX, 716. Silius Italicus, I, 413. Lucien, l. c. Élien, Nat. anim., I, 57; XVI, 28. Nicandre (Theriaca, 201) et Pline (Vlll, 85; conf. Solin XXVII, 28) prélondent que les cérastes ont souvent quatre cornes

Arabes), fréquente dans le Sud des steppes et dans le Sahara; — l'aspic S dont le cou se gonfle quand il est irrité; c'est le naja, qui habite le Sud de la Berbérie; — la dipsade^, animal d'assez petite taille, dont la piqûre, mortelle comme celle de l'aspic et du céraste, provoque une soif inextinguible. Les petits serpents, pourvus d'une seule corne, qu'Hérodote indique chez les Libyens nomades, sont sans doute des vipères ammod^^tes*. Des fables nombreuses couraient sur le basilic^, dont la longueur ne dépassait pas douze doigts (0 m. 22)^ et qui avait sur la tête une tache blanche, formant une sorte de diadème. Il s'avançait en se tenant dressé sur le milieu du corps. On prétendait qu'il mettait en fuite les autres serpents par son sifflement, que son souffle seul détruisait les broussailles, brûlait les herbes, faisait éclater les pierres, que son venin se propageait le long du bâton ou de la lance qui le frappait; que, cependant, l'odeur de la belette et le chant du coq le faisaient mourir, etc. Les Psylles, tribu du littoral de la grande Syrte, passaient pour être insensibles aux morsures des serpents, avec lesquels ils vivaient familièrement; ils guérissaient les blessés par des

1. 'X<jk:<;, aspi$. Hérodote, IV, 191. Aristote, Hist. anim., VIII, 29 (28), 2. Varron, apud Priscien, Institut., X, 32 (Keil, Grammatici latini, II, p. 524). Helvius Cinna, apud Aulu-Gelle, IX, 12, 12. Lucain, IX, 610, 700 et suiv. Lucien, l. c. Élien, l. c, III, 33; VI, 38. Solin, XXVII, 31. — Un aspic est représenté sur une mosaïque d'Oudna : Gauckler. Invent. Tunisie, n" 392.

2. A['!/âç, dipsas. Élien, L c, VI, 51, citant Sostrate : serpent blanc, avec deux lignes noires sur la queue (conf. Suidas, s. v. Avhûç). Lucain, IX, 610, 718, 737 et suiv. Silius Italicus, III, 312-3. Lucien, Dipsad., 4 et 6. Solin, XXVII, 31 (il indique la dipsas parmi les aspides).

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