Voir livre 11, chap. iv
3. Il n'en fut pas de même, il est vrai, à quelques époques plus récentes. Lo* Almoravides, au onzième siècle, le sultan marocain El Mansour, à la fin du seizième, étendirent leur domination jusqu'au Soudan : conf. Schirmer, le Sahara, p. 2.37-8. La propagation de la religion musulmane au Soudan se fit par l'Afrique du Nord.
entre la Berbérie et le Nord-Est de l'Afrique. Les langues ont la même origine lointaine. Les ressemblances physiques d'une partie des habitants permettent de croire à des parentés plus ou moins étroites. Vers le second millénaire avant J.-C, une divinité égyptienne était adorée dans le Sud-Ouest de l'Algérie', Mais, à l'époque historique, les relations par terre entre le Nord-Ouest et le Nord-Est du continent n'eurent aucune importance : les déserts qui bordent la grande Syrte séparaient la Cyrénaïque grecque de l'Afrique carthaginoise, puis latine. Ce fut seulement à la fin des temps antiques que la voie de terre fut suivie par les conquérants arabes; trois siècles après, les conquérants fatimides prirent la même route, en sens inverse, pour gagner l'Egypte.
La Berbérie appartient à la Méditerranée occidentale, bien plus qu'à l'Afrique. C'est avec les deux péninsules européennes qui s'avancent vers elle, l'Italie et l'Espagne, qu'elle a eu les relations les plus nombreuses et les plus fécondes. Des anciens la plaçaient en Europe ^ « Si vous voulez en croire la renommée, dit Lucain% la troisième partie du monde est la Libye, mais si vous tenez compte des vents et du ciel, vous la regarderez comme une partie de l'Europe. » Autant que son climat, sa structure, sa flore, et, dans une certaine mesure, sa faune la rattachent au Sud de notre continent. Elle ressemble surtout à l'Espagne *^ par les hautes terres qui occupent la