‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 134 sur 468 · Voir l'Atlas archéologique de VAlgérie · texte numérisé non relu

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habitations isolées, peut-être des fermes, établies sur des clairières. Cependant, il ne faut pas attacher trop d'importance à ces constatations. L'absence ou la rareté de ruines d'aspect romain, de constructions faites en matériaux durables, ne prouvent pas, d'une manière péremptoire, qu'un pays ait été jadis désert ou presque désert, car beaucoup d'indigènes ont pu vivre sous des huttes qui, une fois abandonnées, ne laissaient aucune trace.

Les auteurs ne nous apprennent pas grand'chose sur les espèces qui constituaient la végétation arbustive naturelle de l'Afrique du Nord. Ils mentionnent : le chêne vert, ou yeuse*; le cèdre ^; le pin% probablement le pin d'Alep, et peut-être aussi le pin maritime *^; le frêne ^; le peuplier^; le gené-

1. Ilex. Pline, XVI, 32 : « gignitur in Africa ». Salluste, Jug., XCIII, 4 : « grandis ilex coaluerat intei saxa ». On faisait une belle teinture rouge avec le coccum, qu'on recueillait en Afrique : Pline, XVI, 32; XXII, 3 (conf. XXIV, 8): Silius Italiens, XVI, 354 (« Cinyphio... cocco »). Les anciens le prenaient pour un produit végétal; il était en réalité tiré d'une cochenille, parasite du chêne kermès {Qaercus coccifera) et du chêne vert : conf. Battandier et Trabut, V Algérie, p. 19. — Le mot thakerroachth, qui désigne le chêne en Kabylie, vient peutêtre de quercus : Basset, dans Orientalischc Sludien Th. Nôldeke gewidmet, p. 440, n. 1 .

2. Vitruve, II, 19, 13 : « nascuntur eae arbores maxime Gretae et Africae et nonnullis Syriae regionibus ». Pline, XVI, 197 : « cedrus in Creta, Africa, Syria laudalissima ». Conf. plus haut, p. 141

3. Virgile, Enéide, IV, 248-9; Silius Italiens, I, 205-0 (mais ces poètes veulent peut-être parler du cèdre). Selon Duveyrier (Bull, de la Société de géographie de Paris, 1876, II, p. 41, n. 2), des indigènes de l'Aurès se servent, pour désigner le cèdre, du mot bignoii, qui paraît être une déformation de pinus.

4. C. I. L., VIII, 7759; confî plus haut, p. 140, n. 5. Actuellement, ie pin maritime, qui exige un climat très humide, ne se trouve qu'entre Bougie et le cap Bougaroun, c'est-à-dire dans la région où notre inscription signale des pins ie long de la mer : Lefebvre, les Forêts de l'Algérie (Alger, 1900), p. 432.

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