‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 133 sur 468 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

10. Voir, entre autres, Schulten, die rômischen Grundherrschaften, p. 25.

11. Par exemple, Juvénal, X, 194 : « ...urahriferos ubi pandit Thabraca saltus. •

12. Pour ces doux sens, voir en particulier saint Augustin, Enurr. in psalm. CXXXI, 11 (à propos du texte « inveaimus eam in canipis saltuum •>) : « Qui sunt campi saltuum? Non enim quomadmodum vulgo dicitur : saltus ille, verbi gratia, centurias habens tôt. Saltus proprie locus adhuc iucultus et silvester dicitur. Nam et quidam codices in campis silvae habent. >•

13. Un domaine de la réginn de Sétif, qu'on appelait saltus Horreoruin, était exploité par des colons, qualifiés de Pardalarii ; C. /. L., VIII, 8425 (conf. 8420).

croire que, partout où l'on trouve mentionné un saltusdomaine, il y ait eu autrefois un saltus-forêt, puisque le sens du mot s'était modifié. Une remarque analogue doit être faite au sujet des mentions de Silvanus, qui eut de nombreux dévots dans l'Afrique romaine. Que ce dieu ait été adoré en certains lieux comme un protecteur des forêts, on peut l'admettre*, mais il n'est pas prouvé qu'il en ait été toujours ainsi : nous savons qu'en Italie, il devint le protecteur du bétail, des jardins, des champs cultivés, des limites. Les inscriptions qui indiquent des saltus et les dédicaces à Silvain ne sont donc guère utiles pour déterminer les emplacements des forêts antiques.

Est-il possible de suppléer à l'insuffisance des textes par l'étude de la répartition des ruines? Elles sont rares dans des pays aujourd'hui couverts de forêts : par exemple, en Khoumirie, au Sud-Ouest de Collo, au Sud-Est et au Sud-Ouest de Djidjeli, dans les montagnes des Bibans, dans l'Est de la grande Kabylie, dans le massif qui s'étend au Sud de la Mitidja, dans rOuarsenis^ Dans ces régions, la civilisation latine s'est très peu répandue; les villes manquent; les villages, les hameaux, du reste peu nombreux, sont situés dans les vallées qui offraient des terres cultivables. Quelques ruines romaines que l'ou rencontre dans les parties accidentées représentent d'ordinaire des

Ce saltus, où l'on cultivait des céréales, contenait donc, ou avait contenu, des bois habités par des panthères. — Dans une région de saltus impériaux, une inscription (Carcopino, .Ve7anges de VÉcole de Rome, XXVI, 1906, p. 308) mentionne des espaces forestiers, que des pétitionnaires demandent à planter en oliviers et en vignes: « ... in paludibus et in silvestribus ». Mais ce dernier mot pourrait désigner de simples broussailles.

1. Cela est évident pour le Silvanus Silvestris que mentionne une inscription d'Azziz ben Tellis, entre Gonslanline et Sétif : G. /. L., VIII, 8248. Nous avons signalé (p. 141) une inscription de la plaine du Sers, oii Silvanus était adoré dans un bois. Un temple de ce dieu fut élevé sur les hauteurs, encore 1res boisées, qui dominent Lambèse au Sud : C. I. L., 2671 = 18107; Gsell, Atlas, f° 27, n" 233. On pourrait aussi reconnaître une divinité des forêts dans le Silvanus adoré sur la pente du djebel Chettaba, près de Constantine, et au sommet du djeb,-l Borma, au Sud de cette ville, près de Sila : C. I. L., 6963 et 3880.

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