‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 168 sur 468 · Conf. Pallary, dans l'Anthropologie, XXII, 1911, p · texte numérisé non relu

Conf. Pallary, dans l'Anthropologie, XXII, 1911, p

8. Voir plus loin, § IV, au néolithique berbère. Au Sahara, on trouve aussi des 'uiLils Dioustériens. en ares, en quartzite. plus rarement eu silex, avec des ins-

contiennent que des types moustériens'. Il est impossible de les dater avec certitude, quand la faune et la disposition des couches de terrain ne donnent pas d'indications à cet égard. Mais, dans quelques grottes de l'Algérie, des instruments moustériens apparaissent avec une faune quaternaire, et d'ordinaire au-dessous de couches renfermant une industrie néolithique ^ D'autre part, l'absence d'outils chelléens et acheuléens permet de croire qœ ces stations sont postérieures à celles dont nous avons parlé précédemment.

Ce fut alors, en effet, que les Africains commencèrent à séjourner dans des cavernes ou des abris sous roche*. Cette coutume s'est perpétuée à travers les siècles, pendant la période néolithique et plus tard encore^. Des auteurs anciens mentionnent certaines peuplades de l'Afrique septentrionale qui vivaient, en pleine époque historique, dans des grottes, naturelles ou artiû-

trumenls néolithiques : voir Verneau, apad Foureau, l. c, p. 1112, 1116, 1119; Capitan, Bull, archéologique du Comité, 1909, p. cxxxvii.

1. Pallary {Instructions, p. 43, 44, 97) en indique quelques-unes, qui se répartissent de l'Océan au Sud de la Tunisie, du littoral des provinces d'Oran et d'Alger à l'Atlas saharien. Voir aussi Pallary, Bull, de la Société préhistorique française, 1911, p. 1G2-4 (station de Karouba, près de Mostaganem).

2. Couche inférieure de la grotte des Troglodytes, à Oran (racloirs, pointes en calcaire, silex et quartzite; molaire de rhinocéros) : Pallary et Tommasini, Asioc. française, Marseille, 1891, II, p. 633, 636-7; de la grotte du Polygone, au môme lieu : Pallary, Bull, de la Société d'antltropologie de Lyon, XI, 1892, p. 303. La couche moustérienne des grottes d'Oran se distingue par sa couleur, blanchâtre ou rougeâtre, des couches supérieures, néolithiques, qui sont noires. — Grotte voisine d'Ain Turk, au Nord-Ouest d'Oran (quelques quartzites taillés; hippopotame, rhinocéros, zèbre, chameau, etc.) : Pallary, Bull, de la Soc. d'anthr. de Lyon, XI, p. 293-7. — Abri de la Mouillah, près de Lalla Marnia (province d'Oran), couche inférieure jaune, avec des pièces moustériennes en quartzite et parfois en silex (la couche supérieure, à industrie paléolithique récente, est grisâtre) : Barbin, Bull. d'Oran, 1912, p. 390-1. — Grotte des Bains-Romains, au Nord-Ouest d'Alger (silex moustériens; rhinocéros, hippopotame, etc.) : Ficheur et Brives, Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, GXXX, 1900, p. 1483-7. — Couche inférieure de la grotte des Ours, à Constantine (racloirs et pointes en quartzite et en silex; rhinocéros, zèbre, etc.) : Debruge, Rec. de Constantine, XLII, 1908, p. 143-6 et fig. 31 ; Pallary, ibid., p. 149 et suiv.

3. Les Libyens primitifs, affirme Pausanias (X, 17, 2), vivaient dispersés dans des huttes ou dans les cavernes qui s'offraient à eux. Mais il dit sans doute cela au hasard.

4. Comme, du reste, dans d'autres contrées : voir, par exemple, pour l'Europe occidentale, JuUian, Histoire de la Gaule, I, p. 130.

cielles*. Le troglodytisme a persisté depuis lors dans diverses régions : en Tripolitaine et dans le Sud-Est de la Tunisie, sur les bords déchiquetés du plateau saharien; dans les montagnes du Sud de la province de Gonstantine; dans l'Atlas marocain ^

Les cavernes sont des demeures où les hommes peuvent se garder assez aisément des attaques de leurs semblables et des fauves, où ils sont à l'abri de la pluie, du froid des hivers et des nuits, et aussi, ce qui est important en Afrique, des chaleurs excessives de l'été. En Europe, la principale raison qui décida les sauvages de l'époque quaternaire à s'établir dans des cavernes fut sans doute un refroidissement du climat. Nous avons montré que ce refroidissement a été beaucoup moins sensible au Sud de la Méditerranée ^ En tout cas, beaucoup d'Africains continuèrent à habiter des stations à ciel ouvert.

1. Périple d'Hannon, 7 {Gcogr. gr. min., I, p. 6) : troglodytes dans les montagnes d'où sort le Lixos (oued Draa). — Slrabon, XVII, 3, 7 : certains Pharusiens (au Sud du Maroc) vivent dans des grottes qu'ils creusent. — Pline, V, .34, mentionne des troglodytes à sept jours de marche au Sud-Ouest des Amantes, qui sont eux-mêmes à douze jours à l'Ouest de la grande Syrte. Vivien de Saint-Martin {le .Word de V Afrique dans Cantiqailé, p. 116) pense qu'ils habitaient le djebel Ghariane (au Sud-Sud-Ouest de Tripoli), où il y a encore des troglodytes (voir, entre autres, Méhier de Mathuisieulx, A travers la Tripolitaine, p. 171 et suiv.). Mais cette région ne correspond guère aux indications de Pline. — Hérodote {IV, 183) dit que les Garamantes, sur leurs chars à quatre chevaux, vont à la chasse des Éthiopiens Troglodytes (conf. Mêla, I, 44; Pline, V, 45, qui parle de grottes artificielles : « specuus excavant »). Vivien de Saint-Martin {l. c, p. 51, après d'autres) croit qu'il s'agit de« habitants du Tibesti, qui sont encore troglodytes (ils demeurent dans des grottes naturelles).

2. Ces grottes, qui offrent divers types, ont été presque toutes creusées ariificiellement, ou tout au moins aménagées par les hommes. Il y a cependant, pr.-s de Tiemcen, des troglodytes qui vivent dans des cavernes naturelles : Bel, la Population musulmane de Tiemcen (extrait de la Revue des Études ethnojrapldqujs et Sociologiques, 1908), p. 34. Aux Canaries, avant la conquête européenne, un grand nombre d'indigènes vivaient aussi dans des grottes.

Après la première période paléolithique, caractérisée par les types chelléen, acheuléen et moustérien, les préhistoriens français distinguent une seconde période, dite âge du renne, pendant laquelle se sont succédé les industries dites aurignacienne, solutréenne, magdalénienne. Il n'est pas possible d'appliquer cette classification à l'Afrique septentrionale ^ Entre le paléolithique ancien et le néolithique, nous n'y retrouvons que deux industries bien marquées, l'une à l'Est de la Berbérie, l'autre à l'Ouest.

Des stations des régions de Gafsa-, de Redeyef (à l'Ouest de Gafsa)'\ de Tébessa* et de Négrine^ (au Sud-Est de l'Algérie), du centre de la province de Constantine^ nous ont révélé l'industrie que l'on a appelée capsienne^ ou gétulienne*. Quelques-unes occupaient des abris sous roche', mais la plupart

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