A Moghar et Tatuani (dessin de M. Flamand
6. Voir G. Keller, Nalurgescliickle dcr llaustiere, p. 79, 91, 93.
7. Voir p. 187, 189, 197. — Ils ont pu encore se nourrir d'insectes et de reptiles,
archéologiques ne nous apprennent rien à ce sujet, que leur alimentation se composait encore de végétaux : fruits, glands, racines, herbes, plantes. Ces moyens de subsistance se sont perpétués dans certaines régions jusqu'en pleine époque historique*, combinés avec des ressources nouvelles.
Nous sommes très insuffisamment renseignés sur les débuts de l'élevage en Berbérie. Les ossements, encore peu nombreux, qu'on a recueillis dans les stations néolithiques,^ n'ont pas été étudiés avec autant de soin que ceux des villages lacustres de l'Europe centrale; les gravures rupestres sont des documents bien misérables auprès des images si fidèles que nous ont laissées les artistes de l'Egypte, de la Ghaldée, de la mer Egée; enfin les races actuelles, dont certaines peuvent exister dans le pays depuis fort longtemps, restent assez mal connues.
Les bœufs qui vivent aujourd'hui dans 1 Afrique du Nord^ sont d'une taille peu élevée. Ils ont une tête petite ou moyenne, avec des cornes courtes et fines, un cou et des membres courts, un garrot épais, une poitrine ordinairement ample, un dos allongé et droit. La robe est le plus souvent rousse ou grise, la tête et les jambes sont fréquemment de couleur noire. Ces animaux sont vigoureux, agiles, nerveux et sobres. Quand ils se nourrissent bien, ils engraissent vite et leur viande est bonne; mais les vaches ne donnent qu'une quantité peu abondante de
comme les mangeurs de sauterelles signalés dans l'antiquité et de nos jours (conf. p. 135), comme les Éthiopiens troglodytes du Sahara, qui, au dire d'Hérodote (IV, 183), vivaient de serpents et de lézards.
1. Pour les fruits, voir Pomponius Mêla, I, 41 (« sucus bacarum »); Pausanias, I, 33, 5 (raisins sauvages). On connaît les Lotophages d'Homère (Odyssée, IX, 84 et suiv.), qui se nourrissaient des fruits du lotus, doux comme le miel. A tort ou à raison, des' auteurs grecs identifièrent le lotus du poète avec un arbuste qui parait bien être le jujubier sauvage et dont les baies, à l'époque historique, étaient cueillies par des indigènes de la région des Syrtes : Hérodote, IV, 177 et 178; Périple de Scylax, llU (Geogr. gr. min., I, p. 86 et 87); Strabon, XVII, 3, 17; conf. Théophraste, Hist. plantar., IV, 3, 2. — Les Kabyles s'alimentent encore aujourd'hui avec des glands doux. — Numides mangeurs de racines : Slrabon, XVII, 3, 15; d'iierbes : Appien, Lib., 11 et 106. De nos jours, les indigène* recherchent les asperges et surtout les cardons sauvages.
'i. Je ne parle pas ici des importations européennes récentes.
lait'. On distingue plusieurs types, surtout ceux qui sont désignés sous les noms de race de Guelma et de race d'Oran-. Cependant il est probable qu'il s'agit seulement de variétés et que les bœufs de Berbérie sont tous apparentés étroitement^ : l'opinion la plus répandue les classe dans la race dite ibérique, qui se retrouve en Espagne, en Italie et dans les îles de la Méditerranée occidentale'^.
On a recueilli dans les stations paléolithiques des ossements de divers bovidés, dont l'un, de forte taille, a été qualifié par Pomel de Bos opislhonomus, à cause de ses cornes recourbées en avant, mais paraît être une variété du Bos primigenius^. Ce bœuf se rencontre aussi dans des grottes à mobilier néolithique®; rien ne prouve qu'il ait été alors domestiqué.
D'autres ossements, découverts dans des grottes néolithiques ^ ont été attribués par Pomel à la race ibérique ^
Pomel veut aussi reconnaître cette race sur des gravures rupestres®. Mais la grossièreté des images impose une grande réserve. On peut néanmoins constater l'absence presque complète d'animaux pourvus de la bosse de graisse '° qui distingue
l.Voir Sanson, Traité de zootechnie, 4' édit., IV, p. 142; Rivière et Lecq, Manuel de l'agriculteur algérien, p. 913 et suiv. ; Bonaefoy, Algérie, Espèce bovine (Alger, 1900), p. 13-19.
2. Cette dernière devrait être appelée race marocaine. Elle se rencontre principalement dans le Maroc occidental.
3. M. Bonnefoy (/. c, p. 7 et suiv.) le conteste. Il croit la race de Guelma d'origine asiatique, la race marocaine autochtone.