Johannide, II
o. Ibid., Y, 22 et suiv. Il y avait aussi des images de Gurzil en bois et en métal : ibid., 11, 404-6; V, 495-502.
6. Description de l'Afrique septentrionale, trad. de Slaae, p. 355.
ticuliers pour certains animaux, respect de leur vie, abstinence de leur chaire
Outre les vers de Corippus, plusieurs documents anciens témoignent de l'existence en Afrique d'animaux sacrés. Nous laisserons de côté .ceux qui concernent peut-être des cultes importés à l'époque historique". Mais il faut citer ici un passage intéressant de Diodore de Sicile ^ Racontant l'expédition d'Agathocle, qui eut lieu à la fm du iv^ siècle avant J.-C, cet historien parle d'un pays peuplé d'une multitude de singes, où se trouvaient trois villes, appelées, d'après ces animaux, d'un nom dont la traduction grecque était Ui^r^y.oû'ju'j.i. (on sait que T.iHf.y.oç, signifie singe en grec). Les singes y vivaient dans les habitations des hommes, qui les regardaient comme des dieux; ils disposaient à leur gré des provisions de bouche. Les parents donnaient de préférence à leurs enfants des noms tirés de ceux des singes. Tuer un singe était dans ce pays la plus grande des impiétés, qu'on expiait par la mort.
Les gravures rupestres préhistoriques de la Berbérie nous permettent de remonter encore plus haut. Parmi les animaux divers qu'elles représentent, il en est auxquels les hommes de ce temps attribuaient assurément un caractère sacré : cela ne peut pas être mis en doute pour les béliers coiffés d'un disque, dont nous parlerons tout à l'heure.
1. Voir, entre autres, Duveyrier, les Touareg du Nord, p. 401; Monchicourt, Bévue tunisienne, XV, 1908, p. 12-13; Bertholon, ibid., XVII, 1910, p. 139; Bernard, les Confins algéro-marocains, p. 107-8; Cour, Bull. d'Oran, 1911, p. 57 et suiv.
2. D'après une indication recueillie par Eustathe {Commentaire sur Vlliade, XXII, p. 1237, I. .30), les paons étaient sacrés pour les Libyens et ceux qui leur faisaient du mal étaient punis. Eustathe dit aussi (ibid., 1. 31) que les Libyens vénéraient l'ibis. Mais le paon ne fut introduit dans les pays de la Méditerranée occidentale que peu de temps avant l'ère chrétienne. Quant à l'ibis, il est très rare en Berbérie : peut-être, si l'assertion d'Eustathe a quelque valeur, s'agit-il de quelque autre échassier (on peut penser à la cigogne, qui est encore très respectée des indigènes). — Athénée (IX, 40, p. 388, d) dit, d'après Alexandre de Myndos, érudit du premier siècle de notre ère, qui se servit des écrits du roi Juba, que le porphyrion (poule sultane) est un oiseau consacré aux dieux en Libye. Rien ne prouve que le respect accordé à cet oiseau remontât à des temps très anciens.