‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 214 sur 468 · Doutté, p. 436 et suiv · texte numérisé non relu

Doutté, p. 436 et suiv

IV, 180 : combats rituels entre jeunes filles chez les Auses et les Machlyes, sur le littoral de la petite Syrte.

10. De doctrina christiana, IV, 24, 53 : dans une fête, d'origine fort ancienne, qui revenait tous les ans à date fixe et durait plusieurs jours (on l'appelait la

sion violente des maux logés dans les corps des combattants'.

C'est une opinion très répandue qu'on est maître de celui dont on possède l'image. Elle a vraisemblablement inspiré, à l'époque préhistorique, les auteurs des gravures rupestres : il est permis de croire que beaucoup de ces dessins ont été tracés pour mettre à la disposition des hommes les animaux qui y étaient représentés^; des paroles magiques, prononcées devant les images, pouvaient en compléter l'effet.

L'animisme est, selon l'acception usuelle de ce terme, la croyance à des esprits doués d'intelligence et de volonté, résidant d'une manière permanente ou temporaire dans des enveloppes matérielles, provoquant les phénomènes dont l'homme est témoin; êtres bienfaisants ou nuisibles, sur lesquels il convient d'agir par des procédés de contrainte ou de propitiation. Quelques documents de l'époque romaine, que nous aurons à étudier, nous font connaître, en différents lieux, des cultes des montagnes, des eaux, des arbres, qui témoignent plus ou moins nettement de superstitions animistes. Mais les peuples qui, aux temps historiques, ont pris pied en Berbérie ont pu contribuer à les propager : on sait l'importance des hauts lieux dans la religion phénicienne'; les Genii des sources, des rivières, des montagnes que mentionnent des inscriptions latines sont, au moins en apparence, des divinités romaines. Nous ne saurions dire non plus si le culte des pierres, prétendues demeures d'esprits puissants, a dans l'Afrique du Nord des origines très lointaines, car rien ne prouve qu'il ait existé avant la venue

Catervà), les habitants de Caesarea (Cherchel), partagés en deux camps, se battaient à coups de pierres. Saint Augustin les fît renoncer à cette coutume.

1. Doulté, Mt-rràkech, p. 323-4; le même, Magic et religion, p. 509.

2. Conf. Reinach, Cultes, mythes et religions, I, p. 125 et suiv. (pour l'art quaternaire d'Europe).

3. Maxime de Tyr (Dissert., VIII, 7) mentionne (avec des indications géographiques fantaisistes) un culte célébré par les Libyens occidentaux au mont Atlas. Peut-être ce culte était-il proprement i.'idi^mio

2i4 LES TEMPS PRIMITIFS.

des Phéniciens*. Cette observation s'applique d'une manière •rénérale au fétichisme, qui attribue un pouvoir protecteur soit à une force impersonnelle, sorte de fluide, soit à des esprits, enfermés dans des objets naturels ou fabriqués, dont on s'assure la possession. Cependant il est probable que les hommes des temps préhistoriques regardaient comme des fétiches, et non comme de simples ornements, les objets dont ils composaient des colliers-.

Nous pouvons être un peu plus affirmatifs pour la zoolâtrie. Vers le début du v^ siècle de notre ère, saint Augustin attribuait aux Egyptiens seuls le culte des animaux ^ Il y avait pourtant dans sa patrie des indigènes auxquels ce culte n'était pas étranger. Des vers écrits par Corippus au vi" siècle attestent que les Laguatan, peuplade de la Tripolitaine, adoraient Gurzil, né du dieu Ammon et d'une vache*; il s'incarnait dans un taureau, qu'on lâchait sur les ennemis au moment d'engager le combat". Plus tard, au xf siècle, El Bekri mentionne une tribu, habitant un pays montagneux dans le Sud du Maroc, qui adorait un bélier ^ De nos jours, on observe chez les Berbères de traits de mœurs qui pourraient être interprétés comme de vagues indices d'une zoolâtrie primitive, ou tout au moins d'antiques alliances entre les bêtes et les hommes : égards par-

1. Notons qu'à Tamentit, dans le Touat, en plein Sahara, on conserve encore un aérolilhe, qui fut autrefois vénéré (Gautier, Sahara algérien, p. 253). Il s'airit sans doute d'un culte indigène. Mais nous ignorons s'il date d'une antiquité très reculée. Un passage de Quinte-Curce (IV, 7, 23) a pu faire croire qu'à l'oasis d'Amraon, le dieu était adoré sous la forme d'une pierre (voir H. Meltzer, dans Philologas, LXIII, 1904, p. 186 et suiv.). Mais Vumbilicus que l'auteur latin prend pour le dieu est probablement la chapelle qui contenait son image. — Des traces de l'adoration de pierres dressées se retrouvent dans les contes berbères : voir, par exemple, Masqueray, Bull, de correspondance africaine, III, 1885, p. 101. Mais ces légendes s'appliquent souvent à des pierres romaines.

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