Histoire des Berbères, trad. de Slane, I, p
3. Conf. Basset, Revue de Vhistoire des religions, 1910, I, p. -302 : « Les Guanches de Palma (Canaries) vénéraient le soleil et lui donnaient le nom de .Magec, et aussi d'Aman, qui paraît avoir signiflé Seigneur. >■
4. Saturn., I, 21, 19 : « Ammonem, quem d;'um solem occidentem Libyes existimant, arielinis cornibus fingunt. »
5. Ne serait-il pas possible de rapprocher du nom d'Ammon celui d'Aman, donné par les Guanclies au soleil (conf. u. 3)?
Les deux principales divinités des Carthaginois furent Baal Hammon et Tanit Pené Baal ', qui semblent bien avoir été un dieu solaire et une déesse lunaire-. Baal Hammon se confondit avec l'Ammon des autochtones, dont nous allons parler, mais il n'est pas prouvé que ce Baal importé de Phénicie ne soit devenu un dieu solaire qu'après son introduction dans l'Afrique du Nord. Il est également impossible d'affirmer que Tanit Pené Baal ait été transformée dans cette contrée en une déesse lunaire par suite de son identification avec une divinité indigène ^ On pourrait même être tenté de se demander si le culte du soleil et de la lune, répandu chez les Libyens au temps d'Hérodote, vers le milieu du v' siècle, ne leur venait pas des Phéniciens. En ce qui concerne la lune, les documents nous manquent pour dissiper nos doutes.
H n'en est pas de même pour le soleil : il y a de fortes raisons d'admettre que le culte de cet astre est antérieur, en Berbérie, au développement de la colonisation phénicienne.
Nous avons déjà fait allusion aux gravures rupestres du Sud oranais qui figurent des béliers dont la tête est coifîée d'un disque \ maintenu par une jugulaire : on en connaît à Kr Richa (dans l'annexe d'Aflou), à Bou Alem (dans la région de Géryrille), où il y en a deux, et au col de Zenaga (près de Figuig)'. Sur l'un des dessins de Bou Alem et à Zenagà, le disque est flanqué ou surmonté de deux appendices, qui repré-
1. Transcription conventionnelle d'une appellation phénicienne dont la signification reste douteuse.
2. Nous n'en avons pas de preuves péremptoires pour l'époque carthaginoise. Mais, à l'époque romaine, cela est certain pour le Baal Hammon auquel on érigeait à Maktar des stèles portant des dédicaces en langue punique, comme pour la déesse Caelestis,«^ui doit être identifiée avec Tanit Pené Baal.
3. Bemarquer que le nom de la lune est masculin dans les dialectes berbères (Basset, l. c., p. .30.5) : ce qui pourrait faire croire que, si les Libyens primitifs ont adoré la lune, ils en ont fait un dieu, et non une déesse, comme du reste la plupart des peuples de l'Orient (Egypte, Arabie, Babylonie, Asie Mineure).