‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 22 sur 468 · Conf. Gentil, le Maroc physique, p. 2Go · texte numérisé non relu

Conf. Gentil, le Maroc physique, p. 2Go

rites qui font courir des risques graves à l'agriculture. Quelquefois, les pluies manquent presque entièrement : c'est heureusement l'exception. Pour un même lieu, les variations dans la hauteur totale des chutes sont souvent très fortes d'un hiver à l'autre', sans qu'on puisse expliquer les causes de ces différences ^

Mais la quantité des pluies a beaucoup moins d'importance que leur répartition. « A Sidi bel Abbès, la moyenne annuelle des pluies n'atteint pas 0 m. 400 mais, grâce à leur bonne répartition, les récoltes donnent presque toujours les meilleurs résultats ^ » Il faut surtout que l'eau du ciel tombe en octobrenovembre, afin qu'on puisse labourer les terres desséchées et faire les semailles, puis en mars-avril, afin que les plantes déjà formées s'imbibent de l'humidité nécessaire pour résister au soleil déjà chaud et achever leur maturité. Dans l'intervalle, il faut des alternatives de pluie et de beau temps \ Or, souvent, les pluies d'automne se font attendre, ce qui retarde les semailles et, par contre-coup, l'époque de la maturité, qui doit s'effectuer lorsque le soleil est devenu très ardent et après la date normale du maximum des pluies printanières. Souvent, la sécheresse, se prolongeant pendant des semaines et même des mois", empêche la germination des grains et la croissance

1. Pluies à Alger en 189o, 0 m. 516; en 1889, 0 m 978 : Thévenet, p. 65. — A Ain Draham, en 1895, 0 m. 925; en 1891, 2 m. 253. A Tunis, en 1904, 0 m. 31! ; en 1892, 0 m. 659. Au Kef, en 1897, 0 m. 310; en 1890, G m. 915. A Gafsa. en 1891, 0 m. 1.32; en 1890. 0 m. 433. Voir Ginestous, p. 219 et 220. — Au cap Spartel, en 1896, 0 m. .572; en 1895, 1 m. 143 : Gentil, /. c, p. 261.

2. On connaît la théorie de Briickner. Ce savant admet des cycles d'une durée moyenne de 35 ans, comprenant chacun une suite de variations dans la température et la pluie, variations qui se reproduiraient au cycle suivant. Mais nous n'avons pas les moyens de contrôler cette théorie pour l'Afrique du Nord. Notons cependant qu'à Alger, il s'est écoulé 36 ans entre les deux maxima de pluies des périodes 1850-4 et 1886-1890 : Gauckler, dans Annales de Géographie, XII, 1903, p. 331.

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