‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 23 sur 468 · Lecq, L c, p · texte numérisé non relu

Lecq, L c, p

5. Sur sept années, de 1887 à 1893, M Saurin {l'Avenir de l'Afrique du Nord, '\iris, 1896, p. 29) a compté à Tunis six hivers ayant eu des sécheresses d'au moins Jeux mois.

OSELL. — Afrique du Nor 1. I. *

des plantes. Enfin, les pluies de printemps, décisives pour la récolte des céréales, peuvent manquer tout à fait ou être très insuffisantes.

Ces pluies si capricieuses ne sont pas toujours bienfaisantes. Elles ont fréquemment une allure torrentielle*. C'est ce qui explique, par exemple, pourquoi Alger, avec cent jours de pluie, a une tranche d'eau supérieure à celle de Paris, où la moyenne des pluies est de cent quarante jours (Alger, 0 m. 682; Paris, 0 m. 594)^. Au lieu de pluies fines et prolongées, qui humectent le sol sans l'inonder et le bouleverser, qui pénètrent jusque dans les profondeurs et y forment des nappes d'où jaillissent les sources, de véritables trombes se précipitent. Alors, surtout dans les terrains argileux, nombreux en Afrique, les eaux ruissellent rapidement sur les surfaces inclinées, sur les sols durcis par le soleil. Dans les ravins où elles convergent, des torrents se gonflent et roulent avec d'autant plus de force que les pentes sont souvent très raides et les différences de niveaux brusques dans cette contrée tourmentée; ils entraînent d'abondantes quantités de terre végétale, provoquent des éboulements, creusent de profonds sillons, causent par leurs inondations de grands ravages; presque aussitôt après, leur lit est vide. Ces méfaits du ruissellement ont été aggravés, depuis des siècles, par le déboisement, dont nous aurons à reparler ^ Les surfaces planes peu perméables, sur lesquelles les eaux de ces pluies sauvages tombent directement du ciel ou dévalent des montagnes, se transforment subitement en des lacs, qui, du reste, disparaissent vite; car l'évaporation est très forte par suite de l'ardeur du soleil, fréquemment aussi de la violence du

1. Voici quelques exemples pour la Tunisie (Ginestous, p. 384, 398, 403, 417) : à Kelibia, du 26 novembre au 1" décembre 1899, 0 m. .306 de pluie (0 m. 091 dans une seule journée); au Kef, le 19 septembre 1888, 0 m. 084; à Sousse, le 22 février 1902, 0 m. 090; à Gabès, le 16 mars 1902 : 0 m. 070.

2. Je donne ici les chiffres indiqués par M. Gauckler, dans Annales de Géoyra^ phie, XII, p. 235.

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