Gautier, p
5. Il y en a de plus récentes, qui recouvrent des figures : voir, par exemple, Fourea'u, l. c, p. 1095 et 1096.
6. Bull, de la Soc. d'anthropologie de Paris, 1907, p. 143-4; conf. Gautier, l. c, p. 115-6.
ÉTAT SOCIAL. MAGiË ET RELIGION. ART. 259
la même époque que des gravures libyco-berbères qu'elle accompagne'. Quant aux tifinagh, les indigènes d'aujourd'hui ne les comprennent plus. On peut d'ailleurs admettre que ces figures et ces inscriptions s'échelonnent sur une période assez longue, que les plus récentes datent seulement de quelques siècles'.
Il était utile de parler brièvement des gravures lib3^co-berbères, d'abord pour montrer que les renseignements qu'elles nous apportent ne concernent en rien les Africains primitifs, ensuite parce qu'elles nous donnent un indice suT l'époque des autres gravures rupestres, de celles qui peuvent être appelées préhistoriques. En divers lieux*, elles recouvrent ces dernières, dont la patine très sombre est toute différente* et auxquelles elles sont certainement bien postérieures. Il faut donc distinguer deux séries : l'une ancienne, caractérisée, comme nous le verrons, par un tracé large et profond et par une faune qui a en partie disparu de l'Afrique septentrionale; l'autre, par le dessin en pointillé ou en traits minces et par une faune qui existe encore dans le pays, surtout par le dromadaire. Du reste, il est probable qu'entre ces deux époques l'usage de graver des images rupestres ne s'est jamais complètement perdu : des recherches et des examens attentifs permettront sans doute de constituer une série intermédiaire ^
Les gravures préhistoriques sont assez rares dans les pays voisins de la Méditerranée ^ Dans le département de Constan-
1. En général, les inscriptions arabes tracées auprès des figures et inscriptions libyco-berbères sont plus récentes qu'elles.
2. Dans celte question de chronologie, il n'y a pas à tenir compte de la prétendue aversion des musulmans pour les images d'êtres animés : conf. Flamand, Bull, de géographie historique, 1905, p. 294, n. 2.
3. Voir Hamy, l. c, p. 132 et flg. 87-88, aux p. 131 et 133; Bonnet, l. c, p. l.ïi, 137; Flamand, VAnthropologie, III, p. 133 et flg. 2, à la p. 131; le môme, Bull, de la Soc. d'anthr. de Lyon, XX, p. 208.
4. Bonnet, l. c, p. 132. Flamand, VAnthropologie, III, p. 130. Gautier, L c, p. 87
5. Conf. Gautier, p. 110-2 (Mouidir, Ahnet), 114-5 (Ahaggar), 120.
6. Comme l'observe M. Ghudeau (Sahara soudanais, p. 287), ces gravures ont pu être détruites par les pluies dans les régions humides du Tell plus facilement que dans les pays secs où on les rencontre encore en abondance.
tine, on en connaît au lieu dit Khanguet el Hadjar (au Sud- Ouest de Guelma*), et non loin de là, au Sud-Est, à Kef Messiouer-; il y en a aussi dans les régions d'El Haria et du Kroub (à l'Est et au Sud-Est de Constantine)^
Elles abondent au contraire dans les montagnes de l'Atlas saharien, au Sud de la province d'Oran (djebel Amour et monts des Ksours)^ : dans les régions d'Aflou ^ de Gér3'■ville^ d'Aïn Sefra^ et, plus au Sud-Ouest, près de Figuig®. On en retrouve au delà de cette ville, dans le Sahara, aux abords de l'oued Zousfana et de la haute Saoura^ Dans ces pays, elles ont été étudiées avec soin et distinguées des graffites libyco-berbères.
Il n'en a pas été de même des gravures sur roche du Sud du
1. Vigiieral, Ruines romaines du cercle de Guelma, pi. IX et X (dessins qui ne sont pas très exacts). Gsell, Monuments, I, p. 47 (avec la bibliographie).
2. Gsell, l. c, p. 47-48 et flg. 14; conf. Rec. de Constantine, XXYII, 1892, pi. à la p. 98. A une cinquantaine de mètres de là, autres gravures (gazelles, autruches) : Atlas archéologique de V Algérie, f 18, n° 253. — On signale encore, dans la région située entre Guelma et Constantine, des « dessins libyques », représentant deux chevaux, un bœuf à grandes cornes et peut-être un mouton : Bull, archéologique du Comité, 1888, p. 105. S'agit-il de gravures préhistoriques? Je ne les ai pas vues.
3. Bosco et Solignac, Rec. de Constantine, XLV, 1911, p. 324, 333 et suiv., et planches (conf. Laborde, ibid., XXXV, 1901, p. 192-3). — Les grossières figures tracées à l'entrée des grottes de Bou Zabaouine et de Dekhlet Ziloune (voir plus haut, p. 256, n. 3) ne sont peut-être pas de la même époque que les images de Khanguet el Hadjar et de Kef Messiouer.
4. Les stations actuellement connues sont énumérées par Flamand, Bull, de la Soc. d'anthr. de Lyon, XX, p. 188-9 et 203.
5. Voir Delmas, Bull, de la Société dauphinoise d'ethnologie et d'anthropologie, IX, 1902, p. 130-147; Maumené, Bull, archéologique du Comité, 1901, p. 301-5. Les principales stations sont celles d'Ain Sfissifa, de Kef Mektouba et des environs d'Er Richa (en particulier à Ennefous).
C). Stations de Bou Alem (Gsell, /. c, I, p. 46-47 et flg. 13), de Ksar el .\hmar, près de Keragda (ibid., p. 43-46 et flg. 12), de Guebar Rechim {ibid., p. 46), de Tiizina (ibid., p. 43 et flg. II), d'Ain ed Douis, d'Asla, etc.
7. Djebel Mahisserat (ibid., p. 45); Tyout (ibid., p. 41-43 et flg. 10, avec la bibliographie); Moghar et Tathani (ibid., p. 43-44; ajouter à la bibliographie Jacquot, Revue de l'École d'anthropologie, XVI, 1906, p. 289-201).
S. El Hadj Mimoun (Hamy, Revue d'ethnographie, I, 1882, p. 131-4, flg. 87 et 88'; Oued Dermel ; col de Zenaga (Gautier, Sahara algérien, p. 87-93).
9. Barrebi, dans l'oasis de Taghit (Gautier, l. c, p. 94-97); El Aouedj, plus au Sud-Ouest (Barlhélemy et Capitan, Revue de l'École d'anthropologie, XI!, 1002, p. 300 et flg. 108); Ain Memnouna, entre la Zousfana et le Guir (Gaulier, p. 98 99); Hadjra Mektouba. sur la Saoura, entre Béni Abbés et Kerzaz (Gaulier, p. lUO-lUl).
Maroc, signalées dans le Sous, dans l'Anti-Atlas et au Sud de l'oued Draa^ Les indications données par quelques voyageurs ne peuvent donc être utilisées qu'avec réserve.
A la lisière septentrionale du Sahara constantinois, au Sud- Ouest de Biskra, dans un ravin voisin de l'oued Itel, il existe un groupe intéressant d'images, qui appartiennent à la série ancienne^.
Il y a aussi quelques gravures dites préhistoriques à l'intérieur même du grand déserta Mais le nombre des dessins récents (avec figures de dromadaires) est infiniment plus élevé. D'autres appartiennent peut-être à une période intermédiaire*.
Ces images, tracées sur des grès (sauf de rares exceptions, où la roche est calcaire^), décorent presque toutes des parois
1. Duveyrier, d'après les estampages du rabbin Mardocbée, Bull, de la Société de géographie, 1876, II, p. i29-14(} et planche. Douls, ibid., 1888, p. 456. Lenz, Timbaktu, II, p. 11. Ces trois auteurs mentionnent l'éléphant parmi les animaux représentés; Duveyrier indique aussi le rhinocéros, Douls, l'hippopotame.
2. Blanchet, Rec. de Conslantine, XXXIII, 1899, p. 294-310 et planches. Gsell, l. c, p. 48-49. Voir aussi Rec. de Constanline, XXXVIII, 1904, planches à la p. 167.
3. Elles y semblent rares : Gautier, l. c, p. 120 et 135. Il y en a peut-être à la gara Bou Douma, dans le Tadmait (Flamand, Bull, de géographie historique, 1905, p. 290 et pi. X, n" 8), et à l'oued Taghit, dans l'Ahnet (Gautier, p. 104, 105), Gautier (p. 112-3) en signale à Timissao, dans le Tanezroul't; Foureau {Docummts, p. 1071, flg. 380), dans le Tassili. — En Tripoiitaine, à l'ouadi el Cheil, entre Mizda et Ghadamès, Rohlfs {Quer durck Afrika, I, p. 52) indique, sur les parois d'une caverne, des figures grossières, représentant des éléphants, des chameaux, des anlilopes, une femme : il y a. là probablement des gravures préhistoriques et des gralïites libyco-berbères (Rohlfs note cependant l'absence de tilinagh). — Pour les gravures de Telliz Zarhène, dans la région de Ghat, voir Rarlh, Reisen und Entdeckungen, I, p. 210-7. Les personnages à tête d'animal (conf. plus haut, p. 247) et sans doute aussi des bœufs appartiennent à la série ancienne, mais il doit y avoir des gravures plus récentes; Barth signale en ce lieu de nombreux tiûnagh. — Nachtigal {Sahara und Sudan, I, p. 307-9) a vu dans le Tibesti, sur des rochers du fleuve des Gazelles, des gravures représentant surtout des bœufs. Une figure humaine, isolée, est un guerrier tenant une lance et un bouclier. Une image de chameau, fort mal dessinée, a paru à Nachtigal plus récente que les bœufs. Peut-être faut-il distinguer en effet deux séries d'époques différentes ; mais la plus ancienne est-elle contemporaine de nos gravurespréhistoriques? — Les gravures d'Anai (au Sud du Fezzan^, qu'on a signalées à Duveyrier {Touareg du Nord, p. 221, 458), représenteraient des bœufs à bosse, traînant des chariots. Il est probable qu'elles n'appartiennent pas à la série préhistorique.