Conf. Basset, l, c, p
ÉTAT SOCIAL. MAGIB ET RELIGION. AIIT. 25'
Dans les pages précédentes, nous avons souvent mentionné des gravures rupestres, dont il convient de parler d'une manière plus détaillée'.
Nous n'avons pas à étudier ici toutes les gravures sur roche de l'Afrique septentrionale '\ Il est certain, en effet, que beaucoup d'entre elles ne datent pas des temps dits préhistoriques. Ce sont celles que l'on qualifie généralement de libyco-berbères et qui se rencontrent en abondance dans le Sud oranais ^ et dans tout le Sahara^; il y en a aussi dans le Sud du Maroc ^
1. Sur ces gravures, voir surtout Bonnet, fievue d'ethnographie, VIII, 1889,' p. 149-158; Flamand, l'Anthropologie, III, 1892, p. 145-136; le même, Bull, de la Société d'anthropologie de Lyon, XX, 1901,' p. 181-222; Gsell, Monuments antiques de l'Algérie. I, p. 41-54 (avec la bibliographie); Gautier, Sahara algérien, p. 87-120. M. Flamand, qui prépare depuis vingt ans un ouvrage d'ensemble sur cette question, a bien voulu me communiquer ses documents.
2. On a signalé aussi, en divers lieux, des images rupestres non gravées, mais peintes en rouge ou en rouge-brun : 1° au Sud-Est de Constantiae : Bosco et Solignac, Bec. de Constantine, XLV, 1911, p. 340-2 et planches; 2° au djebel Biidji, entre Gafsa et Tamerza : Roux, Bévue tunisienne, XVIII, 1911, p. 320-2 et fig. ; le môme, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, 1911, p. 31-32- 3° dans le Sud du djebel Amour : Maumené, Bull, archéologique du Comité, 1901, p. 303-7 et pi. XXV. Je dois me contenter de les mentionner ici, car je crois que de nouvelles études seraient nécessaires pour élucider leur technique et fixer leur âge. On peut se demander s'il s'agit bien de peintures, et non de raclages qui auraient fait apparaître !a couleur naturelle rouge de la roche de grès, oxydée à la surface par les agents atmosphériques (comme le croit M. Flamand; conf. Carlailhac et Breuil, la Caverne d'Altamira, p. 171, note à la fig. 129). Par leur style, ces images se distinguent nettement des gravures rupestres préhistoriques. Constituent-elles cependant une série à peu près contemporaine de celles-ci? ou sont-elles beaucoup plus récentes, et doivent-elles être comparées aux gravures libyco-berbères? J'avoue que je suis dans le doute.
3. Voir Hamy, Bévue d'ethnographie, I, 1882, p. 132 et suiv. (figures); Bonnet, l. c, p. 132-3, 157; Flamand, l'Anthropologie, III, 1892, p. 1.53-4, et VIII, 1897, p. 284-292; le même, Bull, de la Soc. d'anthr. de Lyon, XX, p. 213; Hilaire, Bull, archéologique du Comité, 1904, p. 160-2.
4. Foureau, Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy, p. 1093, fig. 388-392. Duvaux, Bull. d'Oran, 1901, p. .306-311 et planches. Flamand, Bull, de géographie historique, 1903, p. 498-526; 1905, p. 273-297 et planches. Gautier, l. c, p. 97 et suiv., passim. Benhazera, Six mois chez les Touareg du Ahaggar (Alger, 1908), p. 213-9. Etc.
3. Des gravures appartenant à cette série se trouvent certainement parmi
Ces images, de petites dimensions, sont pour la plupart tracées en un pointillé grossier, peu profond, qui ne donne que des contours vagues et d'ordinaire fort incorrects '. D'autres, cependant, que l'on trouve dans le Sahara, consistent en des traits continus, minces et d'un dessin moins barbare, à l'intérieur desquels la surface du rocher a été souvent grattée -. Les instruments employés étaient en pierre ^ Les sujets représentés sont des guerriers, fantassins et cavaliers, qui tiennent un bouclier et plusieurs javelines, des dromadaires, dont beaucoup sont montés, des chiens, des bœufs, quelquefois bâtés, des mouflons, des girafes (dans le Sahara central)*, des antilopes, des autruches et probablement d'autres oiseaux, des lézards, etc. Les figures sont très fréquemment accompagnées d'inscriptions en lettres dites tifmagh, qui doivent être, pour une bonne part, contemporaines des images ^ comme l'indiquent l'identité de facture et aussi l'identité de patine. Or ces inscriptions offrent un alphabet intermédiaire entre l'écriture dite libyque, usitée dans l'Afrique septentrionale à l'époque romaine, et celle dont les Touaregs du Sahara se servent de nos jours. L'abondance des images de dromadaires prouve que ces animaux étaient très répandus dans le Sud du j\[aghrib et dans le Sahara : ce qui nous reporte à des temps postérieurs au Haut-Empire romain. Dans le Nord de l'Aïr, une inscription arabe d'un type très ancien a paru à M. Chudeau® appartenir à
celles dont les estampages ont été pris par le rabbin Mardochée (Duveyrier, Bail, de la Société de géographie, 1876, II, p. 129 et suiv., avec la planche annexe) et celles qu'a signalées Lenz (Timbuktu, II, p. 11) : conf. Flamand, Bull, de la Soc. d'anthr. de Lyon, XX, note à la p. 183.
1. Bonnet, l. c,, p. 152. Flamand, l'Anthropologie, III, p. 153 ; VIII, p. 286.
2. Gautier, l. c, p. 112. Flamand, Bull, de géographie historique, 1903, p. 501. Ces gravures au trait sont souvent plus grandes que les autres.