‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 233 sur 468 · P. 250 et suiv · texte numérisé non relu

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7. Il y aurait lieu aussi d'invoquer la forme des boucliers à échancrures latérales (conf. p. 203, n. 2), si cette forme n'avait pu être inventée dans diverses régions, restées sans relations entre elles. — Le bouclier rond ne parait pasavoir été en usage dans les pays méditerranéens avant les derniers siècles du second millénaire (A. J.-Reinach, Revue archéologique, 1910, I, p. 28 et 29; conf.

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très dessins de la série dite préhistorique peuvent être plus anciens ou plus récents.

Des gravures ont été tracées sur des rochers à des époques et dans des régions très diverses. Elles sont généralement fort différentes des nôtres, même celles de Suède et des Alpes maritimes, qui, elles aussi, pourraient dater en partie du second millénaire'. On connaît fort mal les images rupestres qui existent le long du Nil, dans la Haute Egypte^ et en Nubie ^ Il faut cependant les mentionner ici, car celles qui paraissent être les plus anciennes et qui représentent, entre autres animaux, des éléphants et des girafes, rappellent les gravures oranaises par leur technique et par leur style \ Mais, même si ces ressemblances ne doivent pas être imputées au hasard, on ne saurait en conclure que les hommes qui ont tracé ces figures aient été

Revue de Vhistoire des religions, 1910, I, p. 208-9). Nous aurions peut-être là un indice chronologique, s'il était certain que cette arme ait été figurée à Asla (voir p. 202, n. 10).

1. Déchelette, Manuel, II, p. 492 et suiv. Oq peut observer que des images d'hommes gravées ou peintes de la région de Constantine (Bosco et Solignac, Rec. de Constantine, XLV, 1911, pi. IV, à la p. 338) rappellent assez, par leur style schématique, celles des Alpes Maritimes (conf., par exemple, Issel, Liguria preistorica, dans Atti délia Società ligure di storia patria, XL, 1908, p. 472-3). Mais je ne sais si elles sont contemporaines des gravures certainement préhistoriques de la même région. — MM. Gapitan, Breuil et Charbonneau-Lassy ont étudié des gravures rupestres, d'époque indéterminée, qui se trouvent à la Vaulx, en Vendée {Comptes rendus de V Académie des Inscriptions, 1904, p. 132-135). Ils disent au sujet des ligures de quadrupèdes (p. 140) : « Leur stylisation est extrême, et, chose singulière, rappelle absolument celle de certaines gravures rupestres d'Algérie. » Si l'on tient à cette comparaison, elle doit s'appliquer aux graffîtes libyco-berbères, et non aux gravures préhistoriques.

2. Entre Edfou et Silsilis : voir de Morgan (d'après Legrain), Recherches sur les origines de VÊgypte, I, p. 163-4 et fig. 487-492; Capart, les Débuts de l'arl en Egypte, p. 194 et suiv. Près d'Assouân : Schweinfurth, Zeitschrift fiir Ethnologie, XLIV, 1912, p. 627-638.

3. Weigall, a Report on the antiquilies of Lower Nubia (Oxford, 1907), en particulier pi. XXXVII et LXVII.

4. M. Capart le remarque [l. c, p. 198). — De quand datent ces images? On ne saurait le dire. Leur style rappelle beaucoup celui des gravures et des peintures tracées sur des vases égyptiens qui peuvent être attribués au quatrième millénaire (conf. Capart, p. 194 et fig. 101, à la p. 134). Mais cela ne prouve pas qu'elle* soient de la même époijuc. En tout cas, il me paraît impossible, malgré la ressemblance des styles, de faire remonter aussi haut les gravures rupestres de la Berbéi-io

apparentés. Duveyrier' et d'autres après lui^ ont voulu attribuer celles de l'Afrique septentrionale à des populations noires ^ Il est vrai qu'à l'époque historique des Ethiopiens occupaient les parties habitables du désert, au Sud de la Berbérie*. Il en était sans doute de même dans des temps plus reculés et, malgré l'absence de preuves, nous pourrions admettre que les gravures du Sahara, du Sud marocain, peut-être celles du Sud oranais ont été faites par des noirs. Mais nous n'avons point les mêmes raisons de croire que des Ethiopiens aient tracé celles des régions de Constantine et de Guelma. Il n'y a pas à faire intervenir l'anthropologie dans cette question, pas plus que dans celle des dolmens et dans d'autres encore où elle a été imprudemment invoquée.

L'exécution de ces dessins exigeait un travail long et pénible. Ceux qui les ont tracés obéissaient évidemment à d'autres mobiles qu'à un simple instinct d'imitation ^ Le caractère religieux de plusieurs figures n'est pas contestable : nous l'avons montré pour les béliers coiffés d'un disque. Nous avons indiqué aussi que les attitudes de certains personnages semblent rituelles, que des scènes paraissent être des mascarades sacrées. Nous avons dit encore que les croyances de la magie sympathique expliquent peut-être une bonne partie des gravures : possédant les images des animaux, les hommes pensaient pouvoir se rendre maîtres des animaux eux-mêmes, soit pour s'en nourrir ^ soit pour obtenir leur assistance ou acquérir les qua-

1. Touareg du Nord, p. 279-280; Bull, de la Société de géographie, 1876, II, p. 144; Compte rendu des séances de la Société de géographie, 1882, p. 56-57.

2. Par exemple La Blaachère, Dali, de correspondance africaine, 1, 1882-3, p. 356-8.

3. Les images d'hommes qu'on rencontre sur les gravures sont si sommaires et si imparfaites qu'elles ne peuvent rien nous apprendre à cet égard. Notons cependant que Rohlfs (Quer durch Afrika, I, p. 52) a cru reconnaître le type nègre chez une femme représentée dans une grotte de l'intérieur de la Tripolitaine.

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