Voir plus loin, chap. iv
5. Conf., pour les gravures et peintures quaternaires d'Europe, S. Reinach, Cultes, mythes et religions, I, p. 132; Déchelette, Manuel, I, p. 268-271.
6. Reinach, l. c, p. 132-3. M. Reinach {ibid., p. 126) remarque que les animaux
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lités qu'ils leur prêtaient*. Les petits tableaux de Tyout représentant des chasseurs ont pu garantir le succès des chasses véritables ^ L'image du bélier Ammon rendait le dieu présent au milieu de ses adorateurs. En fixant sur le rocher certains rites que les dévots jugeaient propres à la réalisation de leurs souhaits, ils croyaient peut-être leur assurer une efficacité permanente. Sans doute, il est impossible d'expliquer d'une manière précise la signification de la plupart des gravures. Mais c'est du côté de la religion et de la magie qu'il faut diriger les hypothèses.
Nous terminerons ce chapitre par des indications, malheureusement trop brèves, sur des pratiques funéraires qui témoignent, sinon d'un culte des morts, pour employer un terme dont on a abusé, du moins de quelque souci des défunts.
On a recueilli des ossements humains dans presque toutes les grottes occupées aux derniers temps de la civilisation paléolithique' et à l'époque néolithique*. On en a rencontré aussi
figurés par l'art quaternaire européen sont exclusivement ceux dont se nourrit un peuple de chasseurs et de pêcheurs. Je ne sais si cette explication est rigoureusement vraie pour les gravures africaines. En tout cas, elle ne nous fait pas comprendre pourquoi l'on a représenté certaines scènes, telles qu'une famille de lions dévorant un sanglier, une panlhère attatiuant un jeune éléphant, un linii dévorant une gazelle (à Er Richa : Delmas, /. c, p. 139, fig. m), un comb;.l di' huldes, un combat de chèvres (à Guebar Rechim : Flamand, Bull, de la Suc d'iinllir. de Lyon, XX, p. 204, fig. vi).
1. On peut aussi se demander si certaines images d'animaux ne sont pas des oir.-andes permanentes à des divinités.
2. Plusieurs archers de Tyout sont reliés par des traits à d'autres personnages qui appartenaient peut-être à leur famille (voir p. 241, n. 2). Ceux-ci lèvent les Lr;is; prient-ils pour l'heureuse issue de la chasse de leur parent?
3. Pour les abris de Lalla Marnia et de Redeyef, voir plus loin.
4. Par exemj.le, dans des groltes d'Oran (Pallary et Tommasini, Association française pour C avancement des sciences, Marseille, 1891, II, p. 644), de Bougie (Debruge, ibid., Montauban, 1902, II, p. 869-872; le même, liée, de Constanline, XL, 1900, p. 143, 14."), 146), de Khenchela (Julien, Matériaux pour ihistoire primitive de l'homme. XIII, 1877, p. 40).
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dans des stations en plein air'. Ils apparaissent souvent en grand désordre et brisés. Ce n'est pas, nous l'avons dit-, une preuve de cannibalisme : des squelettes ont pu être dispersés lorsque les troglod^'^tes vidaient des cavernes encombrées. Du reste, ce désordre ne se constate pas partout. Çà et là, quelques dispositions permettent d'affirmer qu'on se trouve en présence de véritables sépultures.
Dans des abris voisins de Lalla Marnia (province d'Oran), gisaient parmi des cendres des squelettes, dont la tête était placée à l'Ouest et le corps incliné sur le côté droit; plusieurs d'entre eux avaient les jambes pliées. Une pierre plate protégeait la poitrine de chaque mort^; une autre avait été parfois placée sous le dos ou sous les reins. Toutes ces pierres, qui présentaient des traces de calcination, avaient appartenu à des foyers. La terre, mélangée de cendres, de débris de charbon et d'un grand nombre d'escargots, qui recouvrait les corps, semblait avoir été fortement tassée*. Ces ensevelissements datent de la fin de l'époque paléolithique, comme l'indiquent les objets trouvés à l'intérieur et en avant des grottes.
Un abri de Redeyef (Sud-Ouest de la Tunisie) contenait, entre autres ossements humains, huit squelettes d'enfants, rassemblés dans des positions diverses; deux d'entre eux étaient cachés sous des pierres plates. Les objets qui les entouraient se rapportaient à une industrie gétulienne assez récente ^.
1. Escargotières de la région de Tébessa (Debruge, Rec. de Constantine, XLIV, 1910. p. 67), de Ghâteaudun-du-Rummel (Mercier, ibid., XLI, 1907, p. 177-9), d'Ain Mlila (Thomas, Bull, de la Société des sciences physiques d'Alger, XIII, 1877,^ p. 1-9 [pagination particulière]). Stations néolithiques d'Ain el Bey (Thomas, ibid., p. 40-42), de Rose ville (Pallary, dans l'Homme préhistorique, III, 1905, p. 30). Etc.