Voir plus haut, p
7. Pour les textes concernant les blonds d'Afrique, voir, entre autres. Mehiis, Archiv fur Anthropologie, Neue Folge, VIII, 1909, p. 285-6.
son territoire (situé à l'Ouest de l'Aurès), il y avait un désert très vaste, puis des hommes qui n'avaient pas le teint noir comme les Maures, mais dont le corps était très blanc, avec des cheveux blonds ^ Cette indication sommaire ne permet malheureusement pas de dire quelle région ils occupaient. Neuf siècles environ plus tôt, le Périple mis sous le nom de Scylax mentionne des Libyens « blonds... et très beaux ^ » entre Thapsus et Néapolis (en arrière du golfe de Hammamet), c'està-dire dans un pays où les blonds sont aujourd'hui fort rares. A l'Est de la Berbérie, les blondes Libyennes de la Cyrénaïque ont été célébrées parle poète Callimaque^ né lui-même à Cyrène vers la fin du iv" siècle avant J. -G.*. Enfin des indigènes qui habitaient à l'Ouest de la vallée du Nil sont représentés avec un teint mat, blanc sale ou jaune clair, des yeux bleus, une barbe châtain sur des peintures égyptiennes de l'époque du Nouvel Empire, dans la deuxième moitié du secojid millénaire*.
Dans les oasis du Sahara septentrional, depuis le Sud du Maroc jusqu'à la Tripolitaine, vivent des gens à la peau noire ou, tout au moins, très foncée. Ils y séjournent dans des conditions plus favorables que les blancs, car ils sont beaucoup
1. Procope, Bell. Vand., 11, 13, 29 : o-jy mt-eçi v. Ma-jpox loi (iEAavo'/poo-., iX),à Xî-j/.oi Tî >,;av Ta TojaaTa y.al Ta: ■/.ôtJ.a; ÇavOo;.
2. § 110 {Geogr. gr. min., édit. Miiller, 1, p. 88) : outo; yap âuavTs; Aio-jî;. XÉro"'"*'- SotvOoi, anoLiy-zo: (corr. peut-ôlre e-JV/aTTO'.) /.al xôl'ù.ktio:. Voir, pour le contexte, la traduction de M. Desrousseaux, publiée dans Revue de géographie, XXXVUi, 189G, p. .350.
3. Hymne à Apollon, vers 86 (p. 18 de l'édit. Meiueke) : à/eps; à)p/r,aavTo \i.z-oi. favO/;ji Aïo-jaCTT,;.
4. Quant aux serviteurs blonds de Cléopàtre (Lucain, X, 129-131), on ignore d'où ils étaient venus en Egypte.
5. Uosellini, Monumcnii deW Egitlo, 1, pi. CL VI (en bas) et pi. CLX; voir aussi pi. GLIX Lea haut).
moins atteints par les fièvres ^ Ce sont soit des esclaves, d'oririgine soudanaise, soit des métayers, appelés haratines dans le Sud du Maroc et de l'Algérie''. La couleur de la peau des haratines offre des nuances variées : ébène, chocolat, cuivre, cannelle. Il en est dont la physionomie rappelle des visages berbères; d'autres sont de purs nègres, offrant les traits classiques des Nigritiens du Soudan.
Un type qui est très fréquent dans le Sud de la Tunisie, surtout dans le Djerid, où il a été étudié avec soin^ et qui se retrouve ailleurs*, offre les caractères suivants : taille audessus de la moyenne; crâne fort long et étroit, dont le sommet est rejeté en arrière; front oblique; arcades sourcilières saillantes; fortes pommettes, à partir desquelles le devant de la face s'allonge en triangle; nez à échancrure profonde, court et retroussé, mais non épaté; grande bouche, avec de fortes lèvres; menton fuyant; épaules larges et carrées; thorax en tronc de cône renversé, très étroit au-dessus du bassin. La peau est très foncée, d'un brun rougeâtre; les yeux sont très noirs; les cheveux, qui ne sont pas crépus, de la couleur du jais.
Il est certain que parmi les cultivateurs des oasis, il y a des fils et des petits-fils d'esclaves soudanais % que beaucoup d'autres sont des métis d'Arabes, de Berbères et de Nigritiens. Mais on peut se demander si bon nombre d'entre eux ne descendent pas de populations établies sur les lieux depuis fort longtemps.