‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 273 sur 468 · Elle est peut-être incomplète · texte numérisé non relu

Elle est peut-être incomplète

4. Espèce d'antilope (conf. plus liaut. p. 120). Pline, XI, 124 : •< strepsiceroti juem addacem Africa appellat ».

5. Servius, In Aeneid., IV, 196 : « Libyes ammonem arietem appellant ». Il y a probablement là une inexactitude. Ammon a dû rester le nom propre du dieu bélier (conf. plus haut, p. 252, n. 2).

G. Petits renards. Hésychius : Baa-(7âpta tx àXwTtév.ia ot Aiê-^s; /.éyouai. Hérodote {IV, 192) mentionne des ^ao-o-ipia chez les Libyens nomades (conf. plus haiit, p. 113). Voir encore Hésychius : Bas-Tap'tç, àXcÔTtr,?, xx'-. pjto-o-ipr, Trapà K-jpr,vaio'.ï; Elymologicon magnum (s. v. BaT-râpa) : )iy£Tac ^âsTapoç r, ilû-r,^ xaTa 'HpôSoTov (ce qui est ine.xact) Otto K-jprjvxitDv. Le mot est probablement d'origine thrace et a dû être importé en Cyrénaique par les colons grecs : conf. S. Reinach, Cultes, mythes et religions, II, p. 107 et suiv. Implanté en Libye, il a passé en Egypte, où il s'est transmis au copte (bashar = renard : Peyron, Lexicon linguae copticae, s. v.).

7. Roi. Hérodote, IV, 155 : .Vioucç paa-.XÉa ^i-Tov /.aXéo-ji;. Ce terme fut adopté par les Grecs de Cyrénaique.

8. Ane. Hésychius : Bptxov • ô'vov Kvpr,varo'.- ^âpSapov. Faut-il chercher de ce côté l'origine du mot latin buricus, burichus (petit cheval : voir Thésaurus linguae latinae, s. v.), qui s'est perpétué dans l'italien bricco, l'espagnol borrico, le français bourrique?

OU caesa\ î^eyepLs;^, xw-:y,ç^ lalisio^, aO.u^ mapalia^, nepa'', aauaGd) ^ x^Tupoc; {tilijrus)'^. Or un seul se retrouve peut-être

1. Éléphant. Spartien, Aelius, II, 3 : « elephanto, qui lingua Maurorum caesai dicitur ». Servius, In Aeneid., I, 286 : « elephantem, qui caesa dicitur Iinj?ua Poenorum ». Mot indigène adopté par les Carthaginois? Gonf. plus haut, p. 77.

2. Selon Hérodote (IV, 192), c'était un nom libyque, qui signiflait en grec ^owol (collines); il désignait des rats d'une certaine espèce (voir plus haut, p. 128) : ot 6è î^syépieç (xô ok O'jvojia toûtô èari |i.£v At^'jxôv, S'jvaxat 8è ocaxà 'E).)âSa yî.àxTTav Po'jvo:). Aucun mot ayant l'un de ces deux sens ne se rencontre dans les dialectes actuels : couf. Duveyrier, Bull, archéologique du Comité, 1888, p. 475, n. 1. Tissot {Géographie, 1, p. 373; II, p. 689) veut le retrouver dans un nom propre, Timezegeri turris, que la Table de Peutinger indique dans le Sud de la Tunisie (voir déjà Judas, Rec. de Constantine, IX, 1865, p. 13-14, 21). Le P. Mesnage (f Afrique chrétienne, p. 34) cite aussi l'ethnique Auzegerensis, nom d'un évêché de Byzacène (Notice de 484, Byzacène, n" 96). Il s'agit probablement d'un mot punique, signifiant colline; un mot dérivé aurait désigné le (rat) de colline, ou rat de montagne. Une addition à l'ouvrage médical de Dioscoride (édit. Wellmann, IV, 123) indique que les Africains ("Açpot) appellent i^tyap une plante nommée par les Grecs pouviov (de colline); or le mot "Acppot désigne ici les Carthaginois (conf. plus haut, p. 312, n. 2). Voir à ce sujet Judas, /. c, p. 12-15; Blau, Zeitschrift der deutschen morgenldndischen Gesellschaft, XXVII, 1873, p. 532.

3. Les vignes : nom donné par les indigènes au cap Spartel et qui fut traduit en grec 'AjATcsAouata (d'aiJLUîXo;, vigne). Pomponius Mêla, I, 25 : « promunturium quodGraecia Ampelusiam, Afri aliter, sed idem signifîcante vocabulo appellant », c'est-à-dire kolès; conf. Ptolémée, IV, 1, 2 (KwTr,; à'/.pov); Strabon, XVII, 3, 2 (al KwTct; XsyôiJieva'.).

4. Poulain de l'âne sauvage (conf. p. 117). Pline, VIII, 174 : « Onagri...; pullis eorum... sapore Africa gloriatur, quos lalisiones appellat. »

p. Eau. Hésychius : )>;Xy, to ycMp- Acêusç. M. Halévy (Journal asiatique, 1874, I, p. 140) prétend retrouver ce mot dans le nom de Lilybaeum, « ville fondée par les Phéniciens en Sicile, car la principale population des colonies phéniciennes élait presque toujours composée de Libyens émigrés de l'Afrique ».

0. Pluriel neutre. Huttes des indigènes. Salluste, Jug., XVIII, 8 : « aedificia Numidarum agrestium, quae mapalia illi vocant ». Saint Jérôme, Comm. in Anios, prologus (dans Migne, Patrologie latine, XXV, p. 990) : « agrestes casae et furnorum similes, quas Afri appellant mapalia ». Ce mot se présente aussi sous la forme magalia (Virgile, Enéide, 1, 421 ; IV, 259; Servius, Comm., IV, 259; etc.). Peutêtre est-il punique (noter que la lettre p manque dans les dialectes berbères; elle ne se rencontre que dans le zenaga, au Sénégal : Basset, Études, p. 4). Mais, quoi qu'en pense Servius, il paraît devoir être distingué du mot magar, qui, en punique, aurait signilié villa (ferme) : Servius, l. c., à I, 421 ; conf. Isidore de Séville, EtymoL, XV, 12, 4.

7. Scorpion. Festus, De verborum significatu (et Paul Diacre), édit. Thewrewk de Ponor, p. 166-7 : « Nepa, Afrorum lingua sidus quod dicitur nostris cancer, vel, ut quidam volunt, scorpios. » Le mot nepa a été employé par los Latins pour signifier soit scorpion, soit écrovisse; ce dernier sens ne peut pas ôlre d'origine africaine, puisqu'il n'y a pas d'écrevisses en Afrique. Pour le p, voir l'observation à mapalia. Mot [tunique?

8. Grande. Alexandre Polyiilslor, apud Etienne de Byzance, s. v. Mi-r/x : vr.jo; AiêuxT,... "H -/.xTct. Tr|V Tuv AiSûtov çwvTiV SaijLaSaj, o è(7Tt [ityoL'/.r^. M. Bérard (Annales de Géographie, IV, 1894-5, p. 420) croit ce mot phénicien.

9. Bouc. Probus, à Virgile, Bue., I, i (dans Thllo et Hagen, édit. de Servius,

dans le langage des indigènes d'aujourd'hui : lllu, eau. M. Doutté^ indique que les gens de Mazagan, sur la côte du Maroc, s'aspergent mutuellement d'eau à la fête de l'Aïd el Kebir et qu'ils appellent cela helillou. Aucun des autres mots cités par les anciens n'appartenait-il à l'idiome que représentent les dialectes berbères? Cette conclusion ne serait pas légitime, car le vocabulaire s'use et se remplace vite^. Mais nous devons nous résigner à ne pas tirer parti d'une série de renseignements qui semblaient précieux.

On a allégué^ des mots berbères, ou prétendus tels, qui ressemblent plus ou moins à des mots grecs ou latins, a3'ant la même signification, et on a soutenu que ceux-ci ont été empruntés aux Africains. Mais pour les termes qui sont vraiment apparentés, c'est au contraire aux iVfricains que l'emprunt est imputable \ Il n'y a donc pas lieu de chercher de ce côté des informations sur la langue lib3^que^

L'étude des noms propres mentionnés soit dans les inscrip-

III, 2, Appendix Serviana, p. 329) : « Hircus Libyca lingua tityrus appellatur. • Mais ce mot est dorien et a été introduit par les Grecs en Cyrénaïque, comme en Sicile : conf. Servius, à Virgile, l. c. : « Laconum lingua tityrus dicitur aries maior » ; Junius Philargyrius, dans Appendix Serviana, p. 15 : « Hircum Siculi tityrum vocant. » — Même observation pour aiavsva, vêtement fait de peaux cousues, qu'on indique comme un mot usité en Libye (/.arà Aiêjr,'/) : Scolies d'Aristophane, Oiseaux, 122; Hésychius, s. v. — On a cru trouver dans Etienne de Byzance une indication du nom de la chèvre en langue libyque : A'yo-jo-a, vr,To; A'-SOtiÇ, -/CïTà Aî6-ja; AEvcaévr, Karpta. Mais ce texte ne dit pas expressément ([u'Ar-'o-jo-a (d'al'^, chèvre) soit une traduction de Kaxpia, comme le veut Movers, die Phônizier, II, 2, p. 367, note. Il est vrai qu'on invoque à ce sujet (A. J.-Reinach, Revue de Vhistoire des religions, 1910, I, p. 202) le mot caetra, nom d'un bouclier de cuir dont se servaient les Africains et les Espagnols : « caetra est scutum loreum quo utuntur Afri et Hispani » (Servius, In Aen., VII, 732). J'avoue que cela ne me semble pas convaincant.

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