Voir Basset, le Dialecte de Syouah (Paris
CisliLL — Alri(iue du Nord. I 21
3d8 LES TEMPS PRIMITIFS.
été puisée à une bonne source? et qu'était cette langue qualifiée d'éthiopienne? Selon le même auteur S les Éthiopiens troglodytes que les Garamantes allaient capturer, probablement dans le Tibesti, se servaient d'un langage qui n'avait rien de commun avec celui des autres hommes et qui ressemblait aux cris aigus de la chauve-souris : quoi qu'on pense de cette affirmation-, il est à croire qu'ils ne parlaient pas une langue apparentée à celle des Libyens. Du reste, le berbère n'a pas pénétré depuis lors dans le Tibesti. Dans le désert, à dix journées à l'Ouest des Garamantes, Hérodote mentionne un peuple qu'il appelle Atarantes^ Ce nom a frappé Barth*, qui l'a rapproché d'un mot haoussa, atara, signifiant rassemblé. Si la conjecture est exacte ^ les Atarantes n'auraient pas fait usage de la langue libyque''. Hannon, lorsqu'il quitta le littoral A'oisin de l'oued Draa pour se diriger vers le Sud avec sa flotte, prit chez les Lixites des interprètes '. Comment ceux-ci pouvaient-ils se faire entendre des Carthaginois? parlaient-ils un dialecte libyque, que certains compagnons d'Hannon auraient compris? ou avaient-ils eu l'occasion d'apprendre un peu de punique? Nous l'ignorons. Ce qui est certain, c'est qu'ils ne comprenaient pas la langue des Ethiopiens qui vivaient sur la côte du Sahara, au delà du cap Bojador\ On peut enfin remarquer que les