Millier, l. c
0. Diodore de Sicile (III, 53, d'après Dionysios Scytobrachioii) transporte le lac Tritonis et le fleuve Triton tout à l'ait à Textrémité occidentale de la Libye, près do rOcéan.
7. Il est vrai qu'on a cru retrouver à profusion, dans l'onomastique de lu Berbérie comme dans la langue des Berljères, des mots étroitement apparentés au fçrec. Citons au hasard Thagora et Tipasa, où l'on reconnaît en ellet sans peiije àyopà et itiaa (avec un préfixe indiquant le féminin) et qui doivent par conséquent signifier ■< le marché » et « la complète » (Revue tunisienne, X, 1003, p. 48'J).
8. Édition Parthey et Pinder, p. 34 (un manuscrit donne TiUiberi). Ce lieu est aussi mentionné par Gorippus [Johannide, II, 80) : Tiliibaris.
',). Le rapprochement a été fait parTissot, I, p. 424.
10. Gonf., entie autres, Schuchardt, die iberisclie Dckiinalion, p. 5, 8-9 (dans
La lettre T dans TiUibari pourrait être le préfixe berbère du féminin. Mais de quand date cette dénomination? Peut-être seulement de l'époque romaine. Nous pouvons nous demander — je n'insiste point sur cette h^-pothèse, — s'il ne s'agit pas d'un camp fondé par un corps de troupes composé d'Espagnols qui servaient dans l'armée d'Afrique'.
D'autres rapprochements ont été indiqués-, ou peuvent l'être, entre des noms géographiques qui se rencontrent, d'une part dans l'Afrique du Nord, d'autre part dans le Sud et l'Ouest de l'Europe, surtout en Espagne : mots terminés par les groupes de lettres ili"^, gi'' et, d'une manière générale, fréquence des désinences en ^^; quelques noms tout à fait ou presque sem-
Sitzungsberichte der Akademie der IVissenschaften in Wien, Phil.-hist. Klasse, CLVII, 1907).
1. Il y avait dans cette armée plusieurs cohortes espagnoles : voir Gagnât, l'Armée romaine d'Afrique, 2° édit., p. 203-4.
2. Movers, die Pkônizier, II, 2, p. 637 et suiv. Philipps, Sitzungsbericlite der Akademie der Wissenschaften in Wien, Phil.-hist. Classe, LXY, 1870, p. 546-8. Berlioux, les Atlantes, p. 81-84. Tissot, l. c., I, p. 419-420, 424-5. Hiibner, Monumenta linguae ibericae, p. Lxxxvii. Wackernagel, Archiv fiir lateinische Lexikographie, XIV, 1904-5, p. 23. Mehlis, Archiv fur Anthropologie, 'Seue Folge, VIII, 1909, p. 273 et suiv. Parmi ces rapprochements, beaucoup sont évidemment arbitraires. — C'est bien à tort, je crois, qu'on a voulu retrouver les Libyens dans les noms desLibui, Libici, Lebeci (Italie septentrionale), des Liburni (Italie et Illyrie), des bouciies occidentales du Rhône dites Libica : voir d'Arbois de Jubainville, les Premiers habitants de l'Europe, 2" édit., I, p. 37, 40, 70, 71 (il fonde là-dessus l'hypothèse d'un « vaste empire ibéro-libyen », de « conquêtes africaines de la race ibérique »; conf. Berlioux, l. c, p. 92).
3. Volubilis, au Maroc : C. /. L., VIII, p. 2072. Cartili, sur la côte de l'Algérie ; Itinéraire d'Antonin. p. 0; Gsell, Atlas archéologique de l'Algérie, f° 4, n" 1 ; la première partie du mot est probablement phénicienne. Igilgili (Djidjeli) : Gsell, /. c, î" 7, n° 11. 'Ao-tax'.Aîç, en Maurétauie Césarienne : Ptolémée, IV, 2, 6. Thibilis, dans l'Est de l'Algérie : Gsell, l. c, P 18, n° 107. Zerquilis, dsins l'Aurès : Corippus, Johannide, II, 145. Ethnique Midilensis, dans la province de Numidie : Notice ecclésiastique de 484, Numidie, n° 41. Ze;-si7is, dans la région des Syrtes : Corippus, II, 76. — En Espagne, Bilbilis, Singili, etc.
4. Tingi (Tanger). Ethniques Mizigitanus et Simingilanus, eu Tunisie : Mesnage, l'Afrique chrétienne, p. 59 et 143. — En Espagne, Astigi, Ossigi, etc.
5. On peut encore noter la désinence ul(i ou ii) pour des noms de peuples : en Afrique Gaelali, Maesulii, Masaesulii (les Massyles et les Masœsyles : j'indique les formes données par Tite-Livei; en Espagne, Turduli, Varduli, Bastuli. — Dans les documents latins, la désinence tanus est très fréquente pour les ethniques d'Espagne (voir, entre autres, Bladé, Études sur l origine des Basques, p. 316 et suiv.). Elle l'est aussi pour les ethniques de l'Afrique du Nord (voir Wackernagel, l. c., p. 20-22). En ce qui concerne l'Afrique, les Romains l'emploient dès la fin du
blables (en Afrique, Ucubi\ Suhiw'-, Tucca, Thucca, Thugga'^ Obba'', la tribu des Salassii^; en' Espagne, Ucubi^, Suhur\ Tucci^, Oùensis \ ethnique formé sans doute à'Oba; sur les Alpes, la tribu des Salassi, qui occupait le val d'Aoste'"). On a surtout comparé l'onomastique des rivières, qui est souvent très vivace''. C'est ainsi que l'on peut alléguer le Bagrada (la
second siècle avantJ.-C. (loi agraire de l'année 111 : C. /. /.., I, 200, § lxxix). On a cru que ces noms, sous leur forme indigène, avaient même terminaison en Afrique et en Espagne, et on y a vu la preuve d'une parenté linguistique (Wackernagel, après d'autres). C'est là une erreur. M. Schuchardt (L c, p. 34) a montré que, pour les noms d'Espagne, les suffixes itanus et etanus n'ont rien d'indigène. Pour les noms d'Afrique, la terminaison est presque toujours itanus et, sauf quelques exceptions, elle s'applique à des ethniques désignant des habitants de villes, non des peuples. Il est probable que les Latins ont d'abord employé cette forme d'après le suffixe grec '.t/ic;, pour certaines villes du littoral que les Grecs fréquentaient comme eux [de même, pour les villes grecques d'Italie et de Sicile, on constate qu'irr,; a été rendu par itanus). Puis elle se sera généralisée, s'étendant même à des ethniques pour lesquels la forme iir,; n'existait pas. Pour Mauretania, qui est, je crois, le seul exemple africain de la forme élan-, j'admettrais volontiers, avec M. Schuchardt (l. c), une imitation par les Latins des noms d'Espagne qu'ils terminaient de môme : Carpetanus {Carpetania), Turdetanus, etc. — Dans la comparaison des désinences, on devra peut-être tenir compte des noms africains en enna : Cartennas, sur la côte de l'Algérie (Gsell, L c, f 12, n° 20) ; Muiugenna, près de Bûne {ibid., {' 9, p. 11, col. 1); Uppenna, en Tunisie (C. /. L., VIII, 11157); Siccenna : Mesnage, l. c, p. 221-2; ethnique Bencennensis : ibid., p.'58, et C. I. L., VIII, 13447.