‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 280 sur 468 · Basset, Manuel de lungue kabyle, p · texte numérisé non relu

Basset, Manuel de lungue kabyle, p

4. Sur la parenté probable de l'égyptien et des langues sémitiques, voir Maspero, Histoire ^ancienne des peuples de VOrient classique, I, p. 46 (et n. 2 : indicatioi:s hiltliographiques) : « On peut presque affirmer que la plupart des procédés grammulicaux en usage dans les langues sémitiques se retrouvent dans l'égyptien à l'état rudimentaire. » Pour la parenté des deux familles chamitique el sémitique, voir en paxliculier L. Ueinisch, das persônliche Fiirwort und die Verbaljlexion inden chaniito-semitischen Sprach-:n (Vienne, 1009), surtout p. 308 et suiv. ; Meinhof, /. c., p. 227-8.

3. Voir par exemple Lepsius, L c, p. xv et xviii. Reinisch (/. c, p. 314) cherche au contraire en Afrique le berceau du peuple chamito-sémile.

Quelles que soient les origines du libyque, nous le trouvons établi dans l'Afrique du Nord à l'époque où l'histoire commence pour cette contrée. Peut-on supposer qu'aux temps préhistoriques, d'autres langues y aient été parlées, sur des espaces plus ou moins étendus, langues qui s'y seraient introduites soit avant, soit après le libyque, et qui auraient ensuite disparu, ne laissant que quelques traces dans cet idiome? Les textes anciens ne contiennnent aucun renseignement à ce sujet. Quelques mots qui se rencontrent dans les dialectes berbères et qui rappellent plus ou moins des mots de même signification existant dans d'autres langues, par exemple le basque ou un idiome indo-européen*, ne prouvent pas grand'chose. Il faudrait être sur que ce ne sont pas des ressemblances trompeuses : on sait combien de gens, en compulsant quelques dictionnaires, y ont trouvé les matériaux propres à édifier les hypothèses les plus imprévues. Il faudrait être sûr aussi que ces mots ne sont pas d'introduction relativement récente dans l'une des deux langues, ou dans les deux. Quand même on pourrait démontrer que les ressemblances datent de très loin, on n'aurait aucun moyen de dire s'il s'agit d'emprunts faits d'un pa3's à un autre, ou de vestiges d'une langue conservés dans une autre langue qui aurait remplacé la première.

L'onomastique géographique a plus d'importance : elle a parfois permis de délimiter l'aire d'idiomes disparus ou réduits avec le temps à un étroit espace.

1. Hérodote (IV, 159) parle d'un. roi des Libyens de Cyrénaïque qui s'appelait 'Aôt/.pâv. On a supposé que l'historien a pris ici pour un nom propre un nom commun, qu'on retrouverait dans le sanscrit adikarana. avec le sens de chef : Tissot, L P- 'il9. n. 1 : conf. Le Page Renouf, Proceedings of Ihe Society of bibUcal Archxology, XIII, 1891, p. 601. Il me paraît tout à fait invraisemMalile qu'un mot se soit ainsi conservé presque intact à travers les siècles, et comme un témoin isolé, dans deux contrées si éloignées.

Hérodote*, le Périple de Scylax- et Ptolémée ' indiquent un ou plusieurs lacs et fleuves appelés ToltcovU (Tp'-TtovlTi; dans Ptolémée), Tobcov, qu'ils placent certainement dans la Tunisie actuelle. Ces noms se retrouvent dans plusieurs régions de la Grèce ^ Ils ont dû être introduits dans la nomenclature géographique de l'Afrique du Nord par les Grecs. Mais ce ne fut sans doute qu'en pleine période historique, après que ceux ci eurent pris pied en Cyrénaïque, où il y eut aussi un ou deux lacs Tp'.-zMviq ^ Le nom qu'ils donnèrent d'abord à des lacs du pays qu'ils occupèrent, ils l'auraient ensuite reporté plus à l'Ouest, de même qu'ils reportèrent vers l'Occident le jardin des Hespérides et le royaume d'Antée^ On ne saurait affirmer, sur ce prétendu témoignage, que des étrangers, parlant le grec, se soient établis en Tunisie à une époque très lointaine'.

Sur la frontière militaire constituée par les Romains au Sud de la petite Syrte, l'Itinéraire d'Ântonin indique un lieu qu'il appelle Tillibari^. Il faut en convenir : ce nom rappelle fort celui (ïl/iberri^, que l'on rencontre dans l'onomastique ancienne de lEspagne et du Sud de la Gaule, et que l'on regarde comme ibère; le basque atteste qniliberri est composé de deux éléments, dont le premier signifie lieu habité et le second nouveau *".

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