‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 298 sur 468 · Maspero, L c, p. 360, a. 2; p. 432, n · texte numérisé non relu

Maspero, L c, p. 360, a. 2; p. 432, n

4. Gela n'est pas certain : voir Weill, Revue archéologique, 1904, I, p. 05-07. — Pour ces dillerents peuples, voir d'une manière irénéraie la carie de Maspero, II, p. 361.

5. Des Shardana servirent comme mercenaires dans les armées égyptiennes depuis la dix-huitième dynastie : A. J.-Keinach. Revue archéologique, 1910, I," p. 53; Maspero, II, p. 214 (n. 4), 372, 390 (n. 1), 700. Au temps de Ramsès II, des Loukou lurent au service du roi des Hillites : Maspero, II, p. 389, 398. — Que certains peuples de la mer, comme les appelaient les Égyptiens, se soient établis en masse dans l'Afrique septentrionale et soient identiques aux Lebou et aux Mashaouasha, c'est ce dont on n'a aucune preuve (conf. plus haut, p. 308, n. 3). L'identification des Mashaouasha avec les Maxyes d'Hérodote, ces prétendus Troyens, nous paraît très contestable : voir plus loin.

influence profonde sur la civilisation des indigènes', répandre surtout parmi eux l'usage du métal. Or nous avons vu- que les objets caractéristiques de l'âge du bronze font presque entièrement défaut dans les inventaires archéologiques de l'Afrique du Nord*.

M. van Gennep* croit cependant que la céramique berbère apporte le témoignage désiré. Dans de nombreuses tribus, les femmes font des vases à décor rectilinéaire, peint en noir ou en rouge sur une couverte claire. Par leurs formes et leur ornementation, ces objets présentent des ressemblances véritablement frappantes avec des poteries qui se fabriquaient dans la Méditerranée orientale au premier âge du bronze (troisième millénaire) et qui sont surtout connues par des trouvailles

1. Il est vrai que M. Stuhlmann {Ein kultargeschichtlicher Ausjlug in deii Aures^ dans Abhandl. des Hainburgischen Kolonialinstituts, X, 1912) est très disposé à leur reconnaître cette influence. Culture du tiguier, de l'olivier, de la vigne (p. 88, 89, 93), introduction du cheval (p. 97), mode de construction des maisons de l'Aurès (p. 55), métier vertical sur lequel les femmes lissent des étofl'es de laine (p. 120, 146), tout cela serait ou pourrait être d'origine égéenne. Je ne suivrai pas M. Sluhlniann sur ce terrain : quand on ne sait rien, mieux vaut ne rien dire.

3. Il est douteux, nous l'avons dit (p. 203, n. 2), que les boucliers à échancrures latérales, figurés sur les gravures rupestres, aient été imités de modèles importés. On pourrait supposer que les Libyens avaient emprunté le bouclier rond aux Shardana ou à d'autres peuples de la Méditerranée orientale (voir A. J.-Reinach, Revue de Vhistoire des religions, (910, I, p. 208-9), si la représentation de ce bouclier sur une gravure du Sud oranais était certaine (conf, p. 202, n. 10). — Quant aux prétendus emprunts des Grecs aux Libyens, ils sont ou très contestables, ou imputables aux colons qui vinrent s'établir en Cyrénaïque au vu'' siècle. Hérodote se trompe évidemment quand il dit (II, 50) que Poséidon est un dieu libyen, adopté par les Grecs : il s'agit sans doute d'une divinité africaine assimilée au Poséidon hellénique. Le même auteur affirme (IV, 189) que les Grecs ont emprunté aux Libyens l'égide qu'ils donnent à Athéna : l'égide ressemble ea ellet, dit-il, à un vêtement de dessus en cuir de chèvre, teint en rouge et orné de courroies formant des franges, que portent les femmes libyennes. Il indique aussi (ibid.) que les exclamations répétées et bruyantes (oXo^jy-r,) proférées par les Grecs dans les cérémonies religieuses lui paraissent être d'origine africaine : car les femmes libyennes en font un usage fréquent et remarquable [ce qui rappelle à la fois les you-you des femmes berbères et les îoù toû des anciens Grecs]. Ces comparaisons ethnographiques sont curieuses : c'est sans doute tout ce qu'on en -peut dire. Pour les cultures et les animaux domosli(iues, les hypothèses d'emprunts faits aux Libyens par les ancêtres des Grecs sont sans valeur : voir plus haut, p. 227, 23G(n.'l), 237 (n. 6).

4. Éludes d'elhnographie algérienne (extrait de la Revue d'ethnographie et de soci<hlogie, 1911), p. 62 et suiv. Conf. Stublmann. l. c, p. 124, 146.

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faites dans l'île de Chypre. La même céramique s'est rencontrée en Sicile, dans des habitations et des tombes qui datent du début de l'âge du bronze'. On en a aussi recueilli quelques exemplaires, d'époque indéterminée, dans l'île de Malte*. Peuton expliquer ces ressemblances sans admettre l'hj^pothèse d'origines communes? M. Dussaud le pensée Je ne serais guère disposé à lui donner raison. Mais il ne faut pas oublier que tous les produits actuellement connus de la céramique berbère sont modernes'^. Quoique l'opinion de M. van Gennep soit, à notre avis, probable, nous estimons qu'il faut attendre pour l'adopter des découvertes attestant que cette classe de poteries est vieille dans le Maghrib de plus de quatre mille ans^.

Nous avons passé en revue les textes relatifs à de prétendues migrations vers le Nord-Ouest de l'Afrique. Selon quelques auteurs, des Libyens auraient, au contraire, occupé la Sardaigne^ Ils auraient eu pour chef un fils d'Hercule, Sardus'.

1. Orsi, Bull, di paletnologia italiana, XIX, 1893, p. 41-4.5, 47-51, pi. V-Vll. T. E. Peet, the Stone and bronze âge in Italy and Sicily (Oxford, 1909), p. 21.5-9.

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