‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 313 sur 468 · Gomme l'indiquent Strabon (III, 5, 5) et Diodore (V · texte numérisé non relu

Gomme l'indiquent Strabon (III, 5, 5) et Diodore (V

OsELL. — Afrique du Nord. I. 24

traire? C'est peu probable. A la fin du second millénaire, les Phéniciens n'étaient nullement des barbares, et nous croyons sans peine qu'ils étaient capables de transmettre à leurs descendants la date de quelques événements capitaux de leur vie politique et religieuse*. En ce qui concerne Utique, nous constatons que, plus tard, elle consen-a une situation privilégiée dans l'empire de Carthage ^ : il n'est pas trop téméraire de supposer qu'elle l'ait due à une sorte de droit d'aînesse ^ Rappelons enfin que la date donnée par Josèphe pour la fondation d'Auza a été empruntée à un document tyrien, et non pas àTimée.

On n'a donc ^las prouvé que ces divers textes aient une origine commune et dénuée de valeur historique. On n'a pas prouvé non plus que leurs indications soient contraires aux vraisemblances. Evidemment, ce sont des témoignages peu sûrs, puisque leurs sources nous échappent. Mais la suspicion ne nous paraît pas devoir entraîner une condamnation sommaire.

Si l'on est disposé à croire qu'ils ne méritent pas d'être écartés, on doit admettre que les Phéniciens commencèrent à connaître les côtes de l'Afrique du iNord un certain temps avant la fin du XII' siècle ^ •. des colons ne pouvaient pas partir à l'aventure vers des parages inexplorés. Il est probable que, dès

1. Naturellement Strabon et Velleius ne sont pas suspects parce qu'ils mentionnent la guerre de Troie : ils ont pu combiner des dates exactes avec une date légendaire, mais regardée comme historique.

2. Polybe, Ili, 24, 1 et 3; VII, 9, o et 7. Voir au chapitre suivant, § VI.

-3. Outre les textes qui donnent une date précise, Silius Italiens {III, 241-2) et Justin (XVIII, 4, 2 et .5, 12) disent qu'Utique fut fondée avant Carthage. — M. Beloch (Rheinisches Muséum, XLIX, 1894, p. 122) estime que la fondation d'Utique n'a pas pu être antérieure à celle de Carthage, « beaucoup mieux située ». Cet argument me semble avoir peu de valeur. Le site d'Utique ofTrait des communications plus faciles avec l'intérieur que celui de Carthage; il était cependant mieux protégé contre des surprises, si l'on adhiet que la ville primitive était établie dans une île (voir plus loin, p. 369). D'ailleurs il n'est pas certain que les colons phéniciens aient eu le libre choix des emplacements : il leur fallait sans doute tenir compte des dispositions des indigènes.

4. Il est tout à fait impossible d'évaluer la durée de celte période antérieure à la véritable colonisation. Peut-ôlre a-t-ellc été assez courte.

LES PHÉNICIENS DANS LA.PRIQl)E DU NORD. 567

le début, les lieux qu'ils fréquentèrent furent assez nombreux : leur navigation, qui devait être surtout un cabotage, avait besoin d'une suite d'abris, d'échelles, où ils pussent se réfugier en cas de tempête, attendre les vents favorables, se pO'Urvoir d'eau, se reposer de leurs fatigues, réparer les avaries de leurs bâtiments '.

• No-us aurons à revenir sur le commerce très actif et très rémunérateur qu'ils firent avec le Sud de la péninsule ibérique. Pour retourner chez eux, ils devaient suivre volontiers le littoral africain : un courant assez fort, qui louge cette côte depuis le détroit de Gibraltar, favorisait les navigations d'Ouest en Est ^. On a même supposé ^ que leurs premiers établissements en Afrique furent des escales sur la route qui les ramenait d'Espagne. Ap.rès avoir parlé des gros, profits que leur procura l'argent tiré des mines espaguales et rapporté en Orient sur leurs vaisseaux^ Diodare' ajoute qu'ils accrurent ainsi leur puissance au point de pouvoir envoyer des colonies dans diverses contrées, entre autres en Libye. Si cette assertion est exacte, nous devons en conclure que les colonies mentionnées plus haut sont postérieures au développement que donna à leur marine marchande l'exportation de l'argent ibérique. Mais cela ne prouve pas qu'il en ait été de même de leurs plus anciens établissements des côtes africaines. Comme Diodore le dit ailleurs ^ ils purent fréquenter ces rivages pour y trafiquer avec les indigènes, se contentant d'abord de visites plus ou moins longues, puis fondant des comptoirs permanents. Plus tard seulement, ces stations de commerce auraient servi d'escales aux navires revenant d'Espagne; peut-être furent-elles

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