IV
Théophraste, mentionnant « la partie de la Libye où il ne pleut pas, avec des palmiers grands et beaux ' ». C'est Strabon, qui nous montre, au delà du littoral, la Libye intérieure, « déserte, rocailleuse, sablonneuse % stérile et sèche ^ ». — « La région, écrit Diodore de Sicile*, qui s'étend au Sud (de la Cyrénaïque)... est stérile et manque d'eau courante. Elle ressemble à une mer, ne présentait aux yeux aucune variété , entourée de déserts difficiles à franchir. On n'y voit ni oiseau, ni quadrupède, sauf la gazelle et le bœuf [c'est-à-dire, sans doute, l'antilope bubale], ni plante, ni rien qui puisse récréer le regard. Au loin, vers l'intérieur, la terre n'offre que des amas de dunes. » — « La plus grande partie de l'Afrique, dit à son tour Pomponius Mêla, est inculte et recouverte de sables stériles, ou déserte à cause de la sécheresse du ciel et des terres ^ » Le vent violent du Sud « y pousse les sables comme les vagues de la mer^ ». Citons enfin Sénèque' : ce Si les solitudes de l'Ethiopie* sont sèches et si l'on ne trouve dans l'intérieur de l'Afrique que peu de sources, c'est, dit-on, parce que la nature du ciel y est brûlante et que l'été y règne presque toujours. Aussi les sables arides, qui ne reçoivent que rarement la pluie et la boivent sans retard, s'étendent-ils, sans arbres, sans cultures. » Quoique ces divers passages ^ contiennent certains détails contestables, ils ne laissent aucun doute sur la nature désertique du Sahara à l'époque historique.
Il convient cependant d'observer qu'au delà du Maroc, en un