In Aeneid., I, 340; IV
10. Conf. Etyinoloijicon Majnum, s. v. A-.ooj, où il est dit que ce mot signifle jiy.avr,T'.; (l'errante) dans la langue des Phéniciens.
que Dido signifiait en langue punique « femme virile* », ou lui donnaient le sens de « meurtrière de son mari- » : explications dénuées probablement de toute valeur ^ Les modernes* ont proposé diverses étymologies, tirées de la langue phénicienne, ou même du grec. Dido aurait signifié soit l'Errante ^ (sens indiqué par Timée), soit l'Aimée (de Baal) ^ soit le Génie protecteur du lieu ^ soit Celle qui donne \ Cet appellatif se serait appliqué à une déesse qui aurait été Astarté, ou celle qu'on est convenu de nommer Tanit^ Ce sont là des conjectures peu solides. Du reste, si elles étaient fondées, elles ne permettraient aucune con:lusion contre l'existence d'une femme appelée Elissa, puisqu'il n'est pas impossible d'admettre que la femme et la déesse aient été d'abord distinctes. La vérité est que nous ignorons l'origine de ce nom de Dido et les motifs qui l'ont fait associer à celui d'Elissa *".
Quant à Hiarbas, ou larbas, les arguments que Movers a
1. Servius, l c, I, 340 : •< Dido nomine Elissa aate dicta est, sed post interitum a Poenis Dido appellata, id est virago punica lingua » (à cause du courage dont elle fit preuve en se tuant). Gonf., ibid., IV, 36, 333, 674.
2. Eustathe, L c, p. 231 : àvôpoyovo;. Ce nom lui aurait été donné par les indigènes (èTtr/topio) ^wvrj.
3. Voir apud Meltzer, I, p. 473, des hypothèses bien fragiles de Bochart et d'autres sur l'origine de ces interprétations.
4. Un certain nombre de références sont données par Rossbach, Real-Encycloplidie de Wissowa, s. v. Dido, col. 431.
5. Bochart, Movers (II, 1, p. 363, n. 93; II, 2, p. 92), Meltzer (I, p. 128, 473).
6. Littéralement, dit-on, « amor eius » (i. e. Baalis) : Gesenius, E. Meyer.
7. Winckler (Altorientalische Forschungen, I, p. 341-3), qui indique qu'il y avait en hébreu un mot ~i~i, signifiant geniiis loci, Saijj-wv. Didon serait le oxi\).wj Kapx^Soviwv qui est invoqué dans le traité de Philippe de Macédoine et d'Hannibal : Polybe, Vil, 9, 2.
8. M. Glermont-Ganneau {Recueil d'archéologie orientale, VI, p. 273-9) est disposé à croire que le nom litôw se rattache au verbe oIùmh:; il correspondrait à Tanit, que ce savant rattacherait volontiers au verbe phénicien qui signifiait donne".
9. Movers, I, p. 609 et suiv.; II, 1, p. 362 et suiv. ; II, 2, p. 92 et suiv. Meltzei I, p. 128. — Movers (II, 2, p. 92, 97) croit qu'.\nna, indiquée soit comme identique à Didon (Eustathe, L c, p. 230), soit comme sa sœur, est aussi un nom d'Astarté. Gonf. Meltzer, I, p. 129 et 473.
10. Une femme est appelée Dido sur une inscription latine d'.Mrique : Corpu< inscr. lat., VIII, 8044. Mais elle reçut sans doute ce nom en souveuir de l'héroini' chantée par Virgile. Gela ne prouve pas qu'un tel nom ait pu être porté pai une Phénicienne mille ans auparavant, au temps de la fondation de Garlhagc. On ne If retrouve pas dans l'onomastique punique.
donnés pour l'assimiler au dieu phénicien lolaos sont très faibles. Il ne convient pas de s'arrêter aux vers de Virgile qui le présentent comme un fils d'Hammon et de la nymphe Garamantis : c'est sans doute une manière poétique d'indiquer qu'il était indigène \ L'Iarbas du lyrique grec était, non un dieu, mais le premier-né du genre humain. Le même nom, Hiarbas, fut porté par un personnage vraiment historique, un roi numide du i" siècle avant J.-C. -.
Le nom du mari d'Élissa, Sikarbal, a été celui de plusieurs Carthaginois^; nous ne connaissons aucune divinité phénicienne qui se soit appelée ainsi.
On n'a donc pas prouvé que les acteurs qui jouent un rôle dans le récit de Justin aient été des dieux et il est certain que leurs noms furent portés par des hommes.
Ont-ils existé? Cela n'importe guère pour- les deux comparses Sicharbas et Hiarbas, ce prétendu prince indigène dont le nom est probablement phénicien*. Mais Pygmalion n'est pas un personnage fictif : il était mentionné dans le document tyrien copié par Ménandre, document qui a dû être rédigé d'après des archives officielles et qui, par sa teneur même, inspire confiance. Les indications chronologiques de ce texte, combinées avec ce que nous pouvons savoir sur l'histoire de la Syrie, permettent de dater le règne de Pygmalion de la fin du ix^ siècle, c'est-à-dire d'une époque à laquelle il n'est nullement invraisemblable de placer la fondation de Carthage^
1. Meltzer (I, p. 478) reconnaît que l'indication de Virgile ne prouve pas grand* chose.
2. Tile-Live, Epit. libri LXXXIX (Hiarbas) ; conf. De viris illustribus (attribué à Aurelius Victor), 77. Plutarque, Pompée, 12 : 'Hpçaç (corr. 'Iàp6a;).