‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 337 sur 468 · Movers, II, 2, p. 508. Meltzer, I, p. 136 et · texte numérisé non relu

Movers, II, 2, p. 508. Meltzer, I, p. 136 et

5. Meltzer (I, p. 127 et 134) ne conteste pas que ce roi ait existé et qu'il ait régné à la fin du ix" siècle. Mais il croit que la ressemblance de son nom avec celui du dieu Pygmalion, qui était mêlé à la légende de la fondation de Car-, thage, a déterminé' Timée à placer cette fondation sous son règne. C'est ce qu'il faudrait prouver.

FONDATION DE GARTHAGE. 395

L'existence d'une sœur de ce Pyiimalion, qui se serait appelée Elissa et qui aurait émigré en Afrique, a été beaucoup plus contestée' et est en effet très contestable. Mais, au risque de nous faire accuser de manque de critique, nous avouons qu'elle ne nous paraît pas tout à fait inadmissible ^. Ménandre d'Ephèse * et Caton ont parlé d'Elissa (le premier sans la nommer) et ils ne semblent pas s'être inspirés de la tradition qui nous est parvenue par Justin.

En tout cas, il faut accepter le témoignage des nombreux textes qui affirment que Carthage fut une colonie tyrienne*. Fut-elle fondée par des fugitifs, contre le gré du gouvernement de Tyr? On peut en douter, car elle resta dans la suite étroitement unie à sa métropole ^ Pendant des siècles, elle attesta son attachement, et même sa dépendance, par des hommages officiels. Tous les ans, une ambassade allait célébrer un sacrifice au temple d'Hercule (Melqart) à Tyr^; elle apportait une

1. Outre l'hypothèse qui fait d'Élissa une déesse, ou en a présenté une autre. Ce nom a été rapproché d'Elishah (nîy^N*). "o™ géographique qui est indiqué dans la Genèse (X, 4 : Elishah, Tarshish, Kittim, [R]odanim, enfants de Javan) et dans Ézéchiel (XXVII, 7 : pourpre des îles d'Elishah) et qu'on a supposé avoir désigné Carthage : voir (après Schulthess, Stade, E. Meyer) Schôll, dans Ftealencyklopâdic d'Herzog-Hauck , IV, p. 712-3. La prétendue fondatrice de Carthage serait un personnage fictif, inventé d'après ce nom de lieu. Malheureusement, le site d'Elishah ne peut pas être déterminé. D'autre part, y a-t-il lieu de confondre le nom de femme riu''?i?, attesté par des inscriplions puniques, avec le nom nC^'?N?

2. Un savant comme A. von Gutschmid (Kleinc Schriften, II, p. 64) a cru à l'existence d'Élissa.

3. C'est-à-dire, peut-on croire, la source tyrienne de Ménandre : voir plus haut, p. 389, n. 3.

4. Outre les textes cités précédemment, voir Diodore de Sicile, XVII, 40, et XX, 14: Tite-Live, XXXIII, 49, 5; Strabon, XVII, 3, 15; Pline l'Ancien, V, 70; Arrien, Aiiabase, II, 24, 8; etc.

,"). Conf. Quinto-Curce, IV, 2, 10 : « Carlhaginem Tyrii coudiderunt, semper parenlum loco culli. »

6. Quinte-Curce, L c. : « Garthaginieusium Icgati ad celebraudum sacrum

offrande qui, d'après une indication de Diodore de Sicile*, représentait à l'origine la dixième partie de tous les revenus de la république. Plus tard, ajoute cet écrivain, les richesses et les revenus des Carthaginois s'étant beaucoup accrus, ils se bornèrent à des dons plus modestes. Mais les périls dont l'expédition d'Agathocle les menaça leur inspirèrent des scrupules; ils envoyèrent alors à l'Hercule tyrien de grandes sommes d'argent et de magnifiques offrandes. Les vaisseaux qui portaient à Tyr les présents destinés aux dieux sont encore mentionnés peu d'années avant la destruction de Carthage ^ On mentionne aussi des dons extraordinaires faits après des victoires : au VI* siècle, la dîme du butin que jNIalchus fit en Sicile et que le fils de ce général porta à l'Hercule tyrien, sur l'ordre des Carthaginois': à la fin du v®, une statue de bronze d'Apollon, provenant d'un temple voisin de Gela et envoyée à Tyr, où elle paraît avoir été placée dans le sanctuaire d'Hercule \

Dans un traité conclu avec Rome au iv^ siècle, les Carthaginois faisaient figurer, auprès de leur nom, celui des Tyriens^ Ceux-ci furent encouragés dans leur résistance à Alexandre par

anniversarium more patrio tune vénérant. » Arrien, Anabase, II, 24, 5 : Kapxi- 5ov''wv T'.và; 6îo)pot iç xijjlt^v tou 'Hpoc/Xéo-j; xaTà ov^ Ttva vô[iov 7ia).aiôv et; tt,v {jLr,TpÔ7îoXtv àcpixôfievoi.

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