Voir p
2. Movers (II, !, p. i.38 et suiv. ; conf. II, 2, p. lo3-5) a cru pouvoir la fixer à l'année 826. Voici surquji ce savant se fonde. En additionnant les chiffres qu'il a trouvés dans Ménandre, Josèphe place la fondation de Carthage loo ans et 8 mois après l'avènement d'Hiram (Conlre Apion. I, 18, 126). D'autre part, il dit que la construction du temple de Jérusalem eut lieu dans la douzième année du règne d'Hiram (ibid.; dans la onzième, dit-il ailleurs : Antiq. jud., VIII, 3, 1, 62). Il invoque des annales officielles de Tyr pour affirmer que la construction de ce temple eut lieu 143 ans, 8 mois avant la fondation de Carthage {Contre Apion, l, 17, 107 et 108; conf. ibid., I, 18, 126). Enfin il place la construction du temple 240 ans après la fondation de Tyr {Antiq. jud., VIII, 3, 1, 62). Par conséquent, Carthage aurait été fondée (2'i04-143^ 383 ans après Tyr. Or Justin (XVIII, 3, .5) indique que Tyr fut fondée un an avant la prise de Troie. Si l'on adopte pour ce dernier événement l'ère de 1208, on arrive à fixer la fondation de Carthage à Tannée 826 (1209 — 383 = 826) : ce qui concorde, selon Movers, avec la date de Justin (72 ans avant la fondation de Rome). Movers croit d'ailleurs que cette date de 826 peut se concilier avec celle de 814-813. La première se rapporterait à la fuite de Didon, la secondé à la consécration de la ville de Cailhage, construite dans l'intervalle. — Mais 1° il est impossible de dire à quelle ère de Troie se rapporte la date de la fondation de Tyr donnée par Justin. 2° On ignore où Josèphe a pris l'indication d'un intervalle de 240 ans entre la fondation de Tyr et la construction du temple de Jérusalem. .3° Il n'est pas certain que les diverses dates trouvées par Josèphe dans Ménandre aient été toutes exactes; on peut donc douter de l'exactitude du chiffre total de l.ï.") ans, 8 mois, qui résulte d'un calcul de Josèphe. 4" 11 n'est pas certain que la chronologie de Ménandre ait concordé avec l'indication, empruntée sans doute à une autre source, qui plaçait la construction du temple de Jérusalem dans la douzième année du règne d'IIiram. 5" Il est douteux que les annales tyriennes au.xquelles Josèphe se réfère aient indiqué l'intervalle qui séparait la construc-
dan ce'. Ce fut en ce temps-là, selon toute probabilité, que Pygraalion régna à Tyr.
La date de 814-813 était celle que Timée avait consignée dans son histoire. On n'a pas prouvé qu'il l'ait inventée-. Grec de Sicile, il pouvait sans peine être informé de ce que les Carthaginois savaient sur leur passé ^ Or nous ne voyons pas pourquoi ceux-ci auraient oublié l'époque de la fondation de leur ville; on peut même supposer que, comme d'autres cités phéniciennes \ Carthage avait une ère officielle qui remontait à ses origines ^ Il n'est pas certain, comme l'a soutenu Meltzer, que les textes des autres auteurs dérivent de Timée; en réalité, nous ignorons les sources, peut-être diverses, auxquelles ils ont puisée
tion du temple de Jérusalem de la fondation de Carthage. Il est au contraire très probable que le chiffre de 143 ans résulte d'un calcul de Josèphe, combinant deux données d'origines diverses : avènement d'Hiram, 153 ans avant la fondation de Carthage; construction du temple dans la douzième année d'Hiram. La première donnée a été, nous l'avons vu, fournie par Ménandre. La seconde pourrait provenir de ces annales tyriennes que Josèphe mentionne, sans nous dire comment il les a connues. Encore est-il permis de se demander s'il n'y a pas eu confusion, si les annales ne mentionnaient pas un temple de Tyr, élevé par Hiram (Gutschmid, Kleine Schriflen, II, p. 94). 6° En adoptant pour la fondation de Rome l'ère varronienne, les 72 ans de Justin nous conduiraient à 823 ou 824, et non à 826.
1. En supposant que les indications de Josèphe soient exactes et en prenant pour point de départ une ère de Troie de 1198 avant J.-C, ce qui reporterait la fondation de Tyr à l'année 1199, on établirait ce calcul : 1199 — .384 = 815 (le chiffre 384 résultant de l'addition 240 -|- 144, chiffre rond pour 143 ans, 8 mois). On arriverait même à 814 en admettant que la fondation de Tyr n'eut pas lieu une année pleine avant le début de l'ère troyenne et en la datant de 1198.
2. Voir plus haut, p. 394, n. 3, l'hypothèse de Meltzer sur le motif qui aurait déterminé Timée à choisir cette date.
3. Gonf. p. 360, n. 7, le passage du De inirabilibus auscultationibus, probablement emprunté à Timée, où des histoires phéniciennes sont mentionnées à propos des dates de fondation d'Utique et de Carthage.