Kahrstedt, dans Klio, XII, 1912, p. 461 et suiv
3. Voir, entre autres, pour l'Italie. Movers, /. c, p. 343-4; Olshausen, Rheinisches Muséum, VIII, 1853, p. 336-9; Bérard, fes Phéniciens et l'Odyssée, II, p. 114, 298, 330; — pour la Gaule, Bloch, dans Lavisse, Histoire de Franc;, 1, 2, p. 13-16; Clerc, Revue historique de Provence, I, 1901, p. 202 et suiv.; Bérard, l. c, I,
auxquels nous puissions sans trop d'invraisemblance reconnaître cette origine '.
C'est certainement à tort que l'on a attribué aux Phéniciens la civilisation déjà avancée qui régna dans le Sud de l'Espagne aux derniers temps de l'industrie néolithique ^ Il faut même avouer que, jusqu'à présent, aucun document archéologique ne prouve leur venue dans cette contrée avant la fin du vif siècle. Mais les témoignages des auteurs anciens ne font point défaut. S'il ne convient pas de les accepter avec une confiance aveugle, ils ne méritent peut-être pas non plus l'incrédulité dédaigneuse que quelques savants leur opposent. « Le pays dés Ibères, écrit Diodore de Sicile ^ contient les plus nombreuses et les plus belles mines d'argent que l'on connaisse... Les indigènes en ignoraient l'usage \ Mais les Phéniciens, venus pour faire du commerce,... achetèrent cet argent en échange d'une petite quantité de marchandises. L'ayant porté en Grèce, en Asie et chez les autres peuples, ils acquirent ainsi de grandes richesses.... Ce commerce, exercé par eux pendant longtemps, accrut leur puissance et leur permit d'envoyer de nombreuses colonies soit en Sicile et dans les îles voisines, soit en Libve,
p. 219-220. Contra : E. Meyer, I, p. .338; Jullian, dans Annales du Midi, XV, 1903, p. 207-211; le même, Histoire de la Gaule, I, p. 176, n. 2, et p. 187.
1. Agylla (Cervetri), en Étrurie : voir Olshausen, L c, p. 333-4 {contra : Beloch, l, c, p. 121). Conf. peut-être Acholla, sur la côte orientale de la Tunisie : supra, p. 372, n. 3. — Rusellae, en Élrurie : Bérard, L c, I, p. 442. Ce nom a un aspect bien phénicien : si nous le rencontrions en Afrique, sur les côtes où s'élevèrent Rusicade, Rasazus, Rusippisir, Rusuccaru, Rusubbicari, Rusguniae, Rusaddir, nous n'hésiterions guère sur son origine. Mais, comme il s'agit d'une ville étrusque, située à l'intérieur des terres, le doute paraît très prudent. — Ruscino (Castel Roussilloii, près de Perpignan) : Clerc, /. c, p. 202-3. On n'y a rien trouvé de phénicien (fouilles de M. ïhiers : Bull, archéologique du Comité, 1909, p. 121 et suiv. ; 1910, p. 149 el suiv.; 1911, p. 208 et suiv.).
2. Siret, Revue des questions scientifiques, 1906, II, p. 339 et suiv.; Revue archéologique, 1907, II, p. 375 et suiv.; etc. Contra : Déchelette, Rev. archéoL, 1908, II, p. 240-1, 243 et suiv.
4. On a trouvé pourtant de nombreux objets en argent dans des tombes de l'âge du bronze (première moitié du second millénaire), explorées entre Carthagène et Almeria : Déchelette, Rev. archéoL, 1908, II, p. 244; le même, Manuel d'archéologie préhistorique, II, p. 363.
en Sardaigne et en Ibérie. » Nous avons mentionné, au début du chapitre précédent', deux passages de Strabon, dont l'un indique que les navigateurs phéniciens allèrent au delà des Colonnes d'Héraclès et fondèrent des villes de ce côté peu de temps après la guerre de Troie-, et dont l'autre affirme que les Phéniciens possédaient la meilleure partie de l'Ibérie avant l'époque d'Homère ^ « Les Phéniciens, dit aussi Appien*, ayant fait depuis une époque très ancienne de fréquentes traversées vers l'Ibérie, pour s'y livrer au commerce, me semblent avoir occupé une partie de cette contrée. »
Le plus fameux des établissements phéniciens d'Espagne fut Gadir^, aujourd'hui Cadix, sur une île voisine de l'embouchure du Guadalquivir. Le nom appartient certainement à la langue phénicienne; comme l'indiquent Pline et Festus Aviénus", il signifie « lieu clos ». De nombreux textes^ affirment que Gadir fut une colonie tyrienne. Mais les circonstances de cette fondation restent fort obscures ^ Velleius Paterculus® la place au temps du retour des Héraclides dans le Péloponnèse, peu d'années avant la fondation d'Utique : ce qui correspond à la fin du xiF siècle avant J.-C. *". Sans donner une date précise, Diodore marque que cet événement fut précédé d'une période de com-
3. III, 2, 14. Voir aussi, I, 1, 4; XVII, 3, 15; III, 4, 5 (où Strabon indique la venue des Tyriens en Espagne avant celle des Celtes; conf. Varron, apud Pline l'Ancien, III, 8).