Hérodote, III, 17 et
3. La cynophagie était peut-être un emprunt des Carthaginois aux indigènes. Elle s'est maintenue çà et là en Afrique : voir Guyon, Voyage d'Alger aux Ziban (Alger, 1832), p. 242; Bertholon, dans V Anthropologie, VIII, 1897, p. 360-3; les références données par Vivien de Saint-Martin, le Nord de V Afrique dans l'antiquité, p. 109, n. 2, et par Meltzer, I, p. 499.
6. Justin, XIX, 1, 10-12 : « Legati a Dareo, Persarum rege, Karthaginom venerunt adferentes edictum, quo Poeni humanas hoslias immolare et canina vesci prohibebantur mortuorumque corpora cremare potius quam terra obruere a rege iubebantur; petentes simul auxilia adversus Graeciam, cui inlaturus bellum Dareus orat. » Après d'autres et malgré Gutschmid et Meltzer (I, p. 499), je crois que, dans ce texte, il faut intervertir les mots cremare et terra obruere : voir Gsell, Fouilles de Gouraya (1903), p. 16, n. 4. — Dans l'inscription funéraire de
L'union morale du monde phénicien subsistait. Mais les colonies d'Occident étaient désormais livrées à elles-mêmes, en face des Grecs et des barbares. Elles auraient probablement succombé les unes après les autres, si Carthage, se substituant à Tyr, ne les avait pas défendues.
Le rôle qu'elle joua alors s'explique, dans une large mesure, par sa position géographique. Elle s'élevait au seuil de la Méditerranée occidentale, dont les Grecs entreprenaient la conquête, vis-à-vis de la Cyrénaïque et de la Sicile, où ils avaient déjà pris pied, mais dans une contrée où ils n'avaient pas encore pénétré et où elle conservait sa liberté d'action. Un courant aidait ses vaisseaux à atteindre le fond des Syrtes, que les Grecs allaient menacer, après s'être établis sur le plateau de Cyrène; un autre courant facilitait la navigation vers la Sicile, à travers le bras de mer qui unit les deux bassins de la Méditerranée.
Cependant d'autres villes, qui restèrent dans un rang secondaire, Bizerte et surtout Utique, plus ancienne que Carthage, étaient aussi favorablement situées pour devenir riches et puissantes par le développement de leur commerce et pour diriger la lutte contre les Grecs. On peut supposer que Carthage tira de ses origines mêmes le droit et la force d'accomplir la grande œuvre qui, pour la première fois, fît entrer l'Afrique du Nord dans la lumière de l'histoire. Si, comme nous sommes assez disposé à l'admettre, elle fut véritablement fondée par une princesse royale, qu'accompagnait une partie de l'aristocratie tyrienne, si elle fut appelée la Nouvelle ville parce que ses fondateurs voulurent faire d'elle une nouvelle Tyr, il était naturel et légitime qu'elle devînt un jour la protectrice et la
D.irius (Weissbach, die Keilinschriften der Achdmeniden, p. 88-80. § 3), on lit le nom Karkâ à la fin do l'cnumi-rnlion des peuples soumis au roi. J. Oppert (dans Zeitschrift der deutsclieii monjeiddndischen Gesellschafl, XI, 18.Ï7, p. 135; le Peuple et la langue des Mèdes, p. 20rj) ol d'autres après lui pensent que ce mot désigne les Caiiliagiuois. Mais c'est là une hypolhèse contestée.
suzeraine des Phéniciens de l'Ouest, à la place de la vieille Tyr, trop éloignée et tombée en décadence. Cette riche aristocratie, aussi habituée au commerce qu'à la politique, qui avait fait la grandeur de la métropole, devait aussi faire celle de la cité africaine ^
Il est certain que Carthage eut alors la bonne fortune d'être gouvernée, par des hommes qui comprirent les nécessités J.u présent et surent prévoir l'avenir. Ils virent que l'empire maritime et commercial de l'Occident appartiendrait à ceux qui empêcheraient la ruine des colonies phéniciennes et s'opposeraient à l'expansion des Grecs. Ils créèrent Jes flottes jet les armées que cette tâche exigeait. Plusieurs d'entre eux obéirent sans doute à des pensées d'ambition personnelle. La guerre mettait à leur disposition les forces et les ressources de la républiquej la victoire les rendait populaires.
Parmi les artisans de la grandeur punique, nous connaissons Malchus -. qui combattit pendant de longues années en Afrique, en Sicile, en Sardaigne, et qui finit par se servir de ses troupes pour exécuter un audacieux coup d'état, vers le milieu du vi" siècle ^ Après lui S la famille de Magon détint le pouvoir pendant trois générations^ et engagea
1. Il n'est pas impossible que l'état précaire de Tyr depuis la fin du viii" siècle ait déterminé d'autres familles aristocratiques à émigrer vers Cnrlhage : Melîzer, I, p. 14.3 (conf. Movers, II, 1, p. 475). Mais nous n'en avons aucune preuve.
2. Nom incertain. Les manuscrits de Justin (XVIII, 7, 2 et 7) donnent Mazeus, Maleus, Maceus. Mazeus se retrouve dans Paul Orose {Adv. paganos, IV, 6, 7 et 8), qui copie Justin. Vossius a corrigé Malchus, ce qui a été en général adopté. Pour Mdt).-/oç, Malchus, nom dont l'origine est certainement sémitique, voir les exemples cités par Pape, Wôrterbuch dcr griechischen Eigennanien, et par de Vit. Onomaslicon.